Chaque année au mois de novembre, « Lisez-vous le belge ? » met en lumière la littérature belge francophone. Partenaire de l’opération depuis ses débuts, LaScam en profite pour donner la parole aux auteurices qu’elle accompagne à travers ses bourses de résidence à Passa Porta. L’occasion de découvrir leur rapport à notre littérature et les liens qu’ils et elles entretiennent avec elle.
Aujourd’hui, c’est John-Henry Brichart qui se prête au jeu de l’interview. Merci à lui pour ses réponses, et bonne lecture !

Si vous deviez définir la littérature belge en un mot, quel serait-il ?

La pluralité. C’est une littérature qui ne se regarde pas, qui va où elle veut, libre, sans frontière. Peut-être parce qu’elle n’a pas à porter le poids d’un canon, comme la littérature française. Elle ressemble à la musique belge : novatrice, audacieuse, qui ose. Sans qu’on puisse bien la définir non plus, d’ailleurs. Et c’est tant mieux.

Quel est votre livre belge préféré ?

Question impossible. Je choisis Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, parce que j’ai longtemps habité au 193 de l’avenue Louise, là où elle est née. À l’époque, des bancs un peu miteux posés au milieu de l’avenue, entre les trams et les parkings, lui rendaient « hommage ». Et parce que cette longue lettre d’un empereur vieillissant au jeune Marc Aurèle, ni tout à fait roman ni tout à fait biographie, est d’une virtuosité folle.

Y a-t-il un lieu, une époque, un folklore, une spécialité (culinaire ou autre) typiquement belge qui vous inspire ?

Le terroir, ça m’inspire beaucoup. Le manuscrit pour lequel j’ai reçu la bourse se déroule dans des fermes comme celles de mon enfance et de ma famille. Ce monde-là me nourrit autant que les buvettes de club de foot des années 90 ou les courses de stock car. Le stock-car, c’est un univers particulièrement hallucinant et inspirant. Et ce sont des univers qui n’existent pas (ou très peu) en littérature.

Où, en Belgique, aimez-vous dénicher des livres (bibliothèque, librairie…) ?

J’aime l’ambiance des bibliothèques mais, faute d’habitude sans doute, je n’y vais jamais. Ma librairie préférée est Livre’s, à Marche-en-Famenne : chaleureuse, très dynamique, un peu foutraque. On y déniche des livres sous des piles énormes et c’est tout le plaisir.

Quel livre ou œuvre littéraire belge auriez-vous aimé écrire ?

Le Lotus bleu, d’Hergé. J’ai été biberonné à la BD belge (je n’ai lu que ça jusqu’à 20 ans). Avec cet album, Hergé rompt avec les clichés de ses premières aventures : sa rencontre avec Tchang Tchong-jen, un étudiant chinois des Beaux-Arts de Bruxelles, le pousse à se documenter et à prendre au sérieux le monde qu’il dessine. Son trait s’épure aussi, il crée quelque chose de complètement nouveau qu’on appellera plus tard la ligne claire.

Ce tournant a marqué des générations de lecteurs, à commencer par moi : c’est de là que viennent ma curiosité pour le monde et mon premier désir de devenir journaliste.

Biographie de John-Henry Brichart

J’ai longtemps cru que je voulais être journaliste. Jusqu’à cet article écrit sans avoir rencontré personne (pendant mes études, si ça peut rassurer le Conseil de déontologie journalistique). Je me suis rendu compte que j’aimais mieux inventer la réalité que la débusquer. Mon premier roman, Quand les ânes de la colline sont devenus barbus, a reçu le prix du premier roman de Chambéry ; j’écris aussi pour L’Heure H sur La Première. J’ai grandi au milieu des sapins et des sangliers. Je me suis marié à Bruxelles. Et puis j’ai divorcé à la campagne. Je travaille aujourd’hui dans le milieu austère des assurances.

Lisez-vous le belge

Du 1er au 30 novembre 2026, la diversité du livre belge francophone est célébrée à travers la grande opération de promotion Lisez-vous le belge ?
L’objectif ? Faire (re)découvrir au grand public, toutes générations confondues, un panel varié de genres littéraires : du roman à la poésie, de l’essai à la bande dessinée, des albums jeunesse au théâtre.

Lisez-vous le belge ? c’est :

  • une campagne interprofessionnelle coordonnée par le PILEn inaugurée en 2020 dans le cadre des mesures de soutien à la chaîne du livre mises en place par la Fédération Wallonie-Bruxelles suite à la pandémie.
  • une fête de 4 semaines pendant laquelle tout le secteur du livre belge s’unit pour visibiliser ses forces vives : une multitude d’auteurs et d’autrices, des maisons d’édition, des librairies, des bibliothèques, ceux et celles qui travaillent dans la médiation du livre (foires, salons, bookstagram, etc.).
  • le hashtag #lisezvouslebelge dont chaque lecteur et lectrice peut s’emparer
  • une programmation riche et variée, avec des interviews, des rencontres, des sélections de titres, des conférences, des concours, des événements en librairie, bibliothèque & lieux culturels de Wallonie et de Bruxelles, et bien d’autres initiatives.

Pour aller plus loin

  • Retrouvez l’agenda de la campagne 2026 en librairie, dans les bibliothèques et dans d’autres lieux culturels ici