Faits de contrastes, les films de Felipe Casanova composent des bulles de mélancolie dans un jeu de superpositions. La joie et la peine, l’agitation et la torpeur, la foule et la solitude, le passé et le présent, les contraires se confondent dans O Rio de Janeiro Continua Lindo (« Rio continue d’être belle »), son dernier court métrage primé à Clermont-Ferrand, au Film Fest Gent, au Festival en Ville, et sélectionné dans la compétition nationale du Brussels Short Film Festival. Rencontre avec un cinéaste pour qui le pas de côté, géographique ou face aux conventions, sert de moteur à l’inspiration.

Vos films mêlent les outils de cinéma dans une approche cassant les codes classiques de la narration. Comment avez-vous découvert ce goût pour l’expérimentation ?

Très tôt, j’ai eu envie de faire des films. J’ai donc étudié le cinéma à l’IAD. C’était chouette mais à la fois assez conflictuel car j’étais toujours l’élève aux idées un peu bizarres. J’ai l’impression d’avoir souvent dû me battre pour convaincre de ma démarche. Cela dit, j’ai rencontré plusieurs professeurs avec qui ça prenait. Je pense à Claudio Pazienza, qui m’a vraiment ouvert les portes du documentaire. Il a déclenché en moi une expansion de tous les possibles pour cette forme, m’amenant à plein d’écritures et de langages différents. J’ai trouvé moins d’accroche dans les exercices plus classiques, et la fin de l’école m’a un peu frustré. J’avais besoin de me dépouiller de toute la machine qui vient avec un tournage et de partir d’un truc bien plus simple. C’est-à-dire prendre une caméra, choisir un point de départ et suivre mon inspiration pour voir où ça me mène. Ne suivre aucun plan et faire ma popote de mon côté pour voir comment le film se construit au fur et à mesure. C’est comme ça que Loveboard s’est fait (son court-métrage précédent, tissant le récit d’une séparation à travers l’autopsie des fichiers écrits, audio ou vidéo d’un smartphone brisé, NDLR).

La narration semble reposer sur l’idée de contraste chez vous. Par exemple, la photographie en Super 8 donne un cachet d’archive à des récits pourtant contemporains. Pourquoi ?

J’aime beaucoup ce processus très fragmenté de récolte de matériel. Je suis assez limité quand je tourne des images, ce qui m’oblige à être très créatif en montage. Ça me dissocie du son aussi. J’aime bien cette désynchronisation et le travail de création sonore qui vient ensuite. Et de fait, mes deux derniers films sont construits sur une correspondance, ce qui induit l’idée d’un décalage. Dans Loveboard, il s’agissait des sms et des messages vocaux ou vidéo d’un couple séparé. Pour O Rio, le point de départ c’était une lettre d’une mère à son fils pendant le carnaval de Rio. Je savais que je voulais filmer la mère qui travaille pendant le carnaval, poser une voix off sur ces images-là, et fabriquer une impression d’absence. Elle s’adresse en quelque sorte à la foule en joie, et on ne sait pas où est son fils. La toile de fond des violences policières s’est greffée intuitivement dessus. Puis les images d’archives créées, que j’ai donc tournées, et qui rendent le texte de la carte postale atemporel. C’est donc la voix de cette mère en deuil mais aussi de plein d’autres mères, du présent comme du passé. Et avec la pellicule, le film joue sur la matérialité. J’aime bien que mes films soient presque considérés comme des archives. Ils parlent d’absence mais aussi de mémoire dans un mélange un peu hybride de choses réelles et plus écrites. Il y a cette phrase que je trouve très juste : ‘Les fictions sont les plus beaux documentaires’. Un film, ce sont des acteurs à un moment donné, des immeubles, des voitures… Ça garde une trace, une mémoire de l’imaginaire d’une époque précise. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui ne l’est pas ? Je n’ai aucune prétention à raconter la vérité. Mais partir du réel me semble plus facile que de tout inventer de mon côté. Et le réel pur et dur n’existe sans doute pas non plus.

Le lien durable entre deux êtres séparés parcourt également vos histoires…

« Loveboard » était une sorte de point final à ce que je voulais sortir de moi sur le thème de l’amour et de la rupture. C’était l’histoire de quelqu’un d’autre mais ça restait beaucoup plus personnel que « O Rio ». J’ai voulu être plus politique dans ce film-ci, tout en gardant une poésie très présente. Ce qui me stimule et qui m’émeut le plus au cinéma, et dans l’art en général, c’est quand le geste artistique est politique. Un peu comme cette fête de carnaval vu comme une acte de résistance. C’est une idée que je veux continuer à explorer dans mon prochain film. Ce sera très différent, même si on reste dans l’intime et le relationnel comme point de départ. Et dans la diaspora brésilienne.

Vous avez vécu au Brésil, en Suisse, maintenant en Belgique. Ces enracinements multiples vous travaillent ?

J’ai grandi à Rio jusqu’à mes neuf ans. J’ai vécu à Genève jusqu’à mes vingt ans. Et à Bruxelles de vingt à trente. Trois endroits où je me suis fortement ancré et qui me composent tous, même si le lien avec le Brésil est le plus présent ces jours-ci. J’y ai passé mon enfance. Il y a un rapport émotionnel beaucoup plus direct avec cette langue et cette culture qu’avec l’Europe. J’ai donc toujours eu envie de filmer l’immigration brésilienne. Je m’en sens issu même si je suis Suisse. Il y a une grande diaspora brésilienne à Genève et je pense que mon prochain film s’y déroulera. Il y a un contraste culturel et social très fort entre les deux. La Suisse, c’est la richesse, c’est le pays de l’opportunité.

Tous ces contrastes dans la fabrication de vos récits sont-ils des moyens pour créer le sentiment de mélancolie qui émane de vos films ?

Je sais qu’il y a toujours un sentiment de mélancolie dans mes films et c’est sans doute lié à une distance, et au fait d’avoir été projeté dans un autre territoire. En brésilien, il y a ce terme de ‘saudade’. C’est le manque de quelqu’un, de quelque chose. Je pense que ça m’habite. Cette conscience que des choses vont disparaître, que c’est triste mais beau en même temps. Je me demande continuellement si on peut essayer d’en faire quelque chose et j’ai une obsession assez forte avec le temps. Je crois que nous, les humains, sommes encore assez primaires dans notre compréhension du temps. Un peu comme notre vision de la Terre quand on croyait qu’elle était plate. Peut-être que la mélancolie vient aussi de là.

On parle d’absence, de manque. Est-ce que la voix off finale dans « O Rio », qui appartient au fils sans doute décédé de la mère et qui lui répond qu’il va bien, est une façon d’offrir un soulagement dans cet enchainement de vertiges émotionnels et temporels ?

Complètement. Je suis assez sensible aux questions spirituelles. Et je pense que, sans la voix du fils, le film manquerait d’un élément d’apaisement pour cette mère et pour toutes les autres qui ont perdu leurs enfants. C’est aussi une façon d’emmener le film ailleurs. De l’autre côté.

Propos recueillis par Stanislas Ide

Pour aller plus loin

LaScam est heureuse de vous convier à sa soirée annuelle Famous in Belgium, LA fête des auteurs et autrices ! Rendez-vous le 22 mai prochain au Bouche à Oreille dès 19h. La soirée débutera par la cérémonie de remise des Prix Scam 2025 et se prolongera jusqu’au bout de la nuit sur la piste de danse ! L’équipe se réjouit de vous fêter et de partager ce moment en votre compagnie !

Famous in Belgium

Pascaline David, Présidente du Comité belge de LaScam, et Frédéric Young, Délégué général de LaScam Belgique, ont le plaisir de vous inviter à la soirée Famous in Belgium.

Une cérémonie qui mettra à l’honneur les lauréats et lauréates des Prix Scam 2025 que nous aurons l’honneur de vous dévoiler, puis place à la fête pour toutes et tous !
Il y aura des bulles, de quoi se régaler, de la musique avec un DJ set de feu assuré par Messieurs DJ Popo et bien entendu le plaisir d’être ensemble et de célébrer les autrices et auteurs !

En pratique

  • Bouche à Oreille, entrée par la place Van Meyel, 1040 Bruxelles (Etterbeek).
  • Métro 1 & 5 : Schuman ou Mérode
  • Tram 81 : Place St Pierre ou Mérode
  • Bus 80 : Léman

Au programme

  • 19h00 : Cérémonie de remise des Prix
  • 21h00 : Cocktail dînatoire
  • 22h00 : Soirée dansante
  • 02h30 : Dernière danse

Dress code

Smoking et paillettes ou jeans-baskets : venez comme vous êtes !

Inscriptions (obligatoire !)

La soirée Famous in Belgium est gratuite et ouverte à tous·tes nos membres mais l’inscription est indispensable. L’entrée ne sera pas garantie aux personnes non-inscrites.

L’invitation est valable pour une ou deux personnes : merci de bien vouloir vous annoncer en précisant si vous venez seul·e ou en duo avant le 15 mai, en remplissant ce formulaire.

Le Millenium Documentary Film Festival vient de s’achever après avoir mis en lumière une très belle sélection de documentaires venus des quatre coins du monde. Du 26 mars au 03 avril, la 18ème édition du Festival s’est déroulée dans plusieurs salles de la capitale. LaScam, partenaire de longue date du Festival a eu l’honneur de remettre le Prix de la Meilleure Autrice.

Compétition belge – Prix Scam du Best Belgian Author

Toutes nos chaleureuses félicitations à Géraldine Doignon qui reçoit le Prix Scam du Best Belgian Author pour son documentaire Grandir. Le jury a tenu à le saluer ainsi : « Grandir est un film sincère et sans artifice, qui va à l’essentiel : la rencontre. Avec sensibilité, Géraldine Doignon dresse le portrait de deux jeunes femmes en quête de repères après une enfance marquée par l’abandon. Au plus près d’elles, sans jugement, le film accompagne leurs doutes, leurs questions et leur détermination. Un film dont la fragilité fait la force, à l’image de ses héroïnes. »

Le film

Tout oppose Luna et Charline à l’exception de leur parcours de vie : un placement en foyer dès l’enfance, un père inexistant et une mère en incapacité de les élever. Aujourd’hui, à 18 ans, leur scolarité finie, elles s’apprêtent à vivre leur plus grand défi : grandir seules. Tenir à distance les problèmes et les dangers, et trouver, sans modèle ni mode d’emploi, leur place dans le monde.

Réalisation : Géraldine Doignon
Production : Iota Production
2025 | 88 min | Belgique

À lire, la critique du film par Gauthier Godfirnon sur Cinergie.be

L’autrice

Géraldine Doignon est une cinéaste bruxelloise. Elle étudie la réalisation à l’IAD et, en 2000, son film de fin d’étude, Pas fini, est sélectionné dans plusieurs festivals de films d’école. Elle réalise, en 2003, Trop jeune, qui remportera le Grand Prix au Festival de Bruxelles avant d’être sélectionné dans de nombreux festivals internationaux, dont Clermont-Ferrand. Elle poursuivra ensuite avec Comme personne et Le syndrome du cornichon qui rencontreront le même engouement. En 2012, son premier long-métrage, De leur vivant, sort en Belgique après des sélections dans des festivals internationaux. En 2016, Un homme à la mer, son deuxième long-métrage, rencontre un succès critique et public et inscrit la réalisatrice au rang des auteurs reconnus du cinéma belge.

LaScam félicite également…

  • Baptiste Janon & Rémi Pons qui reçoivent Le Prix du meilleur film socialement engagé pour Les vies d’andrès
  • Sarah Moon Howe qui reçoit Le Prix Auteur-Producteur pour L’extraordinaire Voyage de Mister Jack
  • Manuel Hanot qui reçoit le Prix RTBF du Forum de pitching pour Réparer les hommes

 

Pour aller plus loin

Découvrir l’ensemble du Palmarès de la 18ème édition du Festival Millenium

Dans le cadre du Festival Autrices, et en partenariat avec LaScam, la Biblif invite Lisette Lombé et Marc Nammour pour un concert littéraire intitulé « Ce que le ventre dit ». Ensemble, les auteurices créent une poésie urbaine portée par une musique résolument électronique. Sur scène, le duo sera accompagné du musicien Jérôme Boivin, à la basse, aux claviers et aux machines.

Ce que le ventre dit

Avec Lisette Lombé et Marc Nammour

Une rencontre au plateau. Une slameuse et un rappeur. Une poétesse et un poète. Une belgo-congolaise et un franco-libanais. Deux voix issues des marges qui prennent les mots comme outils d’émancipation, comme battements du corps et des urgences à dire.

Entre poésie urbaine, concert et performance, « Ce que le ventre dit » explore ce qui gronde sous la peau : la colère, l’amour, la mémoire, les luttes, les héritages. Une parole qui vient des tripes et traverse les frontières, les langues et les identités.

Sur scène, la musique électronique composée par Marc Nammour dialogue avec la basse, les claviers et les machines de Jérôme Boivin. Basses profondes, rythmiques ciselées, nappes éthérées et silences sonores : un paysage sonore hybride qui accueille la puissance des textes.

Une pièce physique et habitée, portée par une belle complicité. On en ressort secoué, traversé, avec cette sensation rare que la poésie peut encore déplacer les lignes.

 

La Festival Autrices

Le festival Autrices porté par la Biblif – Bibliothèque francophone de Forest met en avant les créations de femmes artistes et personnes s’assimilant comme telles dans toute leur diversité. Un festival foisonnant : créations littéraires, scéniques, graphiques, mûrement réfléchies ou bricolées, hasardeuses, puissantes ou douces…

Il aura lieu du 14 au 19 avril 2026 au BRASS.

 

Pour aller plus loin

. Vers le lien de l’événement

. Sur réservation : infos et inscriptions via lebrass.be

. Cette activité a lieu au BRASS –  Centre culturel de Forest : Avenue Van Volxem, 361

. Tarif : Paye ce que tu peux :12 € – 18 € – 24 € – Article 27 accepté

L’asbl Babelfish et le Nova, en partenariat avec LaScam organisent deux séances d’écoute au cinéma Nova, afin de faire (re)découvrir des écritures radio singulières, des auteurices qui ont marqué·es l’histoire de la radio, notamment avant les années 2000 et l’essor du podcast, soit tout un pan de l’histoire de la radio qui tend à être oublié.

Le projet

Ces séances ont pour but de mettre en valeur les patrimoine et matrimoine et d’affûter l’écoute et la culture radiophonique, en faisant vivre une mémoire de la radio, des écritures, des savoir-faire et des parcours. Cela permettra notamment aux étudiants de se créer une culture générale plus large en découvrant ces œuvres rares voire quasiment introuvables d’avant le numérique.

Des séances d’écoute organisées par l’ASBL Babelfish, le Cinéma Nova, en partenariat avec l’ACSR et LaScam.

Kaye Mortley, 50 ans de radio sans question

19.04.2026 > 17h

Le Nova a l’immense plaisir d’accueillir Kaye Mortley pour parcourir avec elle 50 ans de radio, d’écoute et de sons. Née en Australie en 1943, elle a travaillé pour la BBC et France Culture et reçu de nombreux prix (Italia, Europa, Futura, Scam). Elle a spécialement composé pour cette soirée une suite d’extraits de ses œuvres, des années 70 à aujourd’hui, dont certains inédits. Elle évoquera son parcours, l’évolution de la radio, son rapport au son et pourquoi elle n’a décidément jamais aimé poser des questions à ses protagonistes. Kaye Mortley s’est toujours consacrée au documentaire radiophonique avec une approche poétique et singulière du son. « Mes émissions n’analysent rien. Elles ne font pas état d’une situation ou d’un événement. Elles racontent rarement ce qui peut s’appeler une ’histoire’… Elles cherchent à dire ce que seul le son sait dire. Mes documentaires proposent « un réel » composé de sons bousculés, dé-placés, dé-rangés, dé-formés mais jamais transformés. »

 

Tacet + Almanak

31.05.2026 > 16h30

Au programme de cette dernière séance d’écoute avant l’été : deux fictions, l’une belge néerlandophone, l’autre allemande, toutes deux sous-titrées en français.

+ Almanak

Wederik De Backer, 2017, BE, audio, vo nl st fr, 36′

Une histoire orale revisitée qui évoque le premier étage du Cinéma Rio, le T-Club ou encore l’hymne socialiste « L’Internationale ». Une pièce radiophonique entre fiction et réalité, des histoires pleines d’humour, de vie, d’amour, où l’on entend aussi toute la difficulté de se parler. Prix Europa de la meilleure fiction radiophonique européenne au Prix Europa 2017.

+ Tacet (silence 2)

Paul Plamper, 2010, DE, audio, vo de st fr, 52′

Une femme cesse soudainement de parler – sans raison apparente. Peu à peu, son entourage devient plus agressif. Elles et eux peuvent parler, mais ne supportent plus le silence qui leur répond. Cette pièce parle de la difficulté de communiquer, mais surtout de la persistance du silence comme forme de résistance à l’agressivité du flux ambiant. Elle pose une question essentielle : comment la communication construit-elle l’être humain ? Le réalisateur Paul Plamper montre que nous n’existons pleinement que si la communication est partagée.

À propos de Babelfish

Babelfish est une association belge créée en 2016, dédiée à la production, la réalisation et l’édition de projets radiophoniques, ainsi qu’à la transmission d’une culture de la radio. Elle porte cette envie de partage d’écoutes de pièces « historiques » ou qui ont marqué l’écriture de l’art radio et organise régulièrement des masterclass. Par ailleurs plusieurs membres du collectif enseignent l’art radio dans les écoles d’art bruxelloises.

Les membres actuels de Babelfish asbl sont Hélène Bensoussan, Aurélie Brousse, Jeanne Debarsy, Maël G. Lagadec, Aurélien Lebourg, Guillaume Lelièvre, Anne Lepère, Dimitri Merchie, Christophe Rault, Flora Six, Camille Valençon, Ecaterina Vidick et Delphine Wil.

Babelfish asbl

 

Plus d’informations

. Les séances d’écoutes sont gratuites.

. Les séances ont lieu au Cinéma Nova – 3 rue d’Arenberg 1000 Bruxelles

Chaque mois, LaScam vous invite à découvrir une nouvelle illustration signée par l’un·e de ses membres pour vous accompagner en beauté tout au long de l’année : douze créations, douze histoires et douze personnalités à rencontrer. En ce mois d’avril nous remercions chaleureusement Anne Leloup pour son image à la fois geste, mouvement et fleur… une botanique rêvée et inventée par l’autrice.

Trois questions à Anne Leloup

Que représente votre illustration ?

A la fois geste, mouvement et fleur, cette image a été créée spécialement pour le calendrier. Elle se rattache à mes recherches actuelles autour de la botanique… une botanique rêvée et réinventée.

Pourquoi avoir choisi d’illustrer le mois d’avril ?

Ce n’était pas simple de choisir un mois, chaque saison me plaît pour une raison différente. Je n’ai pas de lien affectif avec avril mais c’est un mot-mois chantant, avec un son qui s’envole. Avril, résonne comme le mois des promesses, du renouveau, du printemps qui s’installe…

Que peut-on vous souhaiter de mieux pour cette nouvelle année ?

Des moments de calmes, de respiration et de réflexion ; plus le monde s’accélère plus j’ai envie de ralentir ! Surtout parce que ce sont ces moments-là qui sont propices au dessin.

Anne Leloup

Anne LELOUP se partage entre une recherche personnelle qui inclut la peinture, le volume et la lithographie, et un travail d’éditeur au travers des éditions Esperluète.

Elle collabore également à des éditions d’artistes et reçoit, en 1995, le Prix de la Gravure pour ses lithographies. Ses œuvres sont régulièrement exposées tant en Belgique qu’à l’étranger.

Dessins, peintures, lithographies, gravures, formes découpées, carnets de croquis,… elle utilise volontiers différents supports tout en gardant une continuité dans sa recherche du trait et de la couleur.

Il s’agit d’explorer ce qui ne se donne pas à voir immédiatement : les accidents, les blancs, les vides, les passages, comme autant de moments de rupture entre le dessin et sa représentation. Des formes émergent alors, parfois des visages, un végétal, un caillou… entre abstraction et figuration, un vocabulaire se décline.

Pour encore plus de beauté…

Rendez-vous sur le compte Instagram de l’autrice ou sur son site internet.

Le calendrier 2026 des auteurs et des autrices

Chaque année notre calendrier met en lumière 12 auteurs et autrices membres de la Scam. Auteurs et autrices, vous avez dû recevoir une version papier de notre calendrier. Si ce n’est pas le cas, écrivez-nous à l’adresse communication@scam.be et nous vous en enverrons un exemplaire avec plaisir !

Procès d’un jeune poète, le documentaire essentiel de Philippe Van Cutsem sera projeté à Bozar le 8 avril, en partenariat avec LaScam. Nous avons le plaisir de vous offrir quelques places pour cette séance !

Le film

En 1964, le poète Joseph Brodsky, alors âgé de vingt-quatre ans, est jugé pour ce que le régime soviétique qualifie de « parasitisme social » et est condamné à cinq ans de travaux forcés dans le Grand Nord de la Russie soviétique. La journaliste Frida Vigdorova est présente au procès et prend discrètement note de son déroulement, malgré l’interdiction de la juge. Son compte rendu, diffusé largement en U.R.S.S. mais aussi en Occident, mobilise fortement l’intelligentsia, ce qui permettra à Brodsky d’être libéré après dix-huit mois de détention.

S’appuyant sur ce document, le film revient sur un épisode historique qui résonne de manière forte avec la période que nous traversons, période qui voit les régimes autoritaires se développer de façon généralisée.​​​​​​​ La question de la place des artistes et de la visibilisation de leur travail que pose également ce documentaire fait tout autant écho aux mobilisations portées aujourd’hui par LaScam.

BE | 2025 | DCP | 60′ | Fr (sous-titres en anglais)

La projection sera suivie d’un Q&A animé par Alexe Poukine, réalisatrice membre du Comité belge de LaScam.

​​​​​​​L’auteur

Philippe Van Cutsem est cinéaste, artiste plasticien et enseignant. Après avoir étudié la peinture et le dessin et fréquenté l’École de Recherches Graphiques, il a élargi son champ d’activité au cinéma, à la croisée du documentaire et des arts visuels. Plusieurs de ses films, tels que Nouveau monde, Le Récit de mon père et Albert, berger, traitent de questions liées à la mémoire, à sa transmission et à son impact sur le présent.

L’invitation de LaScam

Nous avons le plaisir d’inviter nos membres à voir ce film : 10 places vous sont ainsi offertes pour les séances du 18 et du 26 avril ! Pour en bénéficier, veuillez nous écrire à l’adresse actionculturelle@scam.be, d’ici au 14 avril. Les modalités de retrait de votre invitation vous seront précisées par mail avant la séance.

En pratique

. Le film sera projeté à Bozar (rue Ravenstein 23)
– le mercredi 8 avril à 19h (fin de la séance après le Q&A avec Alexe Poukine à 21h) – COMPLET
– le samedi 18 avril à 19h (fin de la séance à 20h15)
– le dimanche 26 avril à 14h (fin de la séance à 15h05)

. En savoir plus sur le film

Filmer la ruralité d’ici et d’aujourd’hui… c’est pour encourager des documentaristes belges à s’emparer de ce sujet et des multiples enjeux qu’il soulève que LaScam s’est alliée au WIP et aux aaapa pour décerner une bourse de 3.000 € à un projet qui s’y consacre, dans le cadre du Festival À travers champs. Et la lauréate est…

Le cadre

À l’issue d’un appel à candidatures, cinq projets ont été présélectionnés, témoignant d’une grande richesse et diversité de points de vue, d’approches, et de thématiques, chacun à leur manière racontant quelque chose de la ruralité :

  • Au Nom du Père, Nade Dieu
  • Le Tableau, Quentin Jacques
  • Colin, Sarah Gouret
  • La Ferme aux hirondelles, Jeanne Debarsy
  • Ardenne, Cédric Castus

Les documentaristes ont présenté leur projet devant un jury de spectacteurices fidèles du festival, encadrés par l’auteur, producteur et parrain de la dernière édition du Mois du Doc Quentin Noirfalisse (Dancing Dog production).

Le projet lauréat

C’est Jeanne Debarsy qui a reçu la bourse pour son magnifique projet La Ferme aux hirondelles !

Le jury a été particulièrement séduit par l’approche poétique et sensible de la réalisatrice, ainsi que par l’adéquation de sa proposition aux critères de l’appel à projets.

Nous lui adressons nos félicitations chaleureuses et tous nos encouragements pour la suite de son travail, ainsi qu’à toutes les personnes dont les projets très prometteurs ont été présélectionnés.

Comment financer votre projet de court métrage ? Comment protéger votre travail ? Comment préparer la carrière de votre film en festivals ? Autant de questions auxquelles les intervenant·es du Who’s who, la traditionnelle séance d’info du Brussels Short Film Festival (BSFF) tenteront de répondre !

Le Who’s who, séance d’informations dynamique, permet à tous·tes les jeunes et futur·es professionnel·les de rencontrer et poser toutes leurs questions aux interlocuteur·ice·s incontournables actif·ves dans le milieu du cinéma. La Sabam, la SACDxScam, le Centre du cinéma, le VAF, l’Agence belge du court métrage, l’UPFF, l’ARRF, l’ASA, la Scenaristengilde, Playright, deAuteurs… tous·tes sont présent·es pour vous expliquer leur rôle et comment iels peuvent vous aider dans le développement de votre projet tout en répondant précisément à vos questions. Inscrivez-vous à l’une des deux sessions et venez poser vos questions en one-to-one aux interlocuteur·ice·s présent·es pour l’occasion! Le who’s who est une réelle opportunité de pouvoir échanger avec des professionnel·les sur vos projets, vos interrogations, certaines difficultés que vous pouvez rencontrer, ou simplement de vous informer. Découvrez sur le site du BSFF (en bas de page) de quelle manière les structures permettent d’aider les (jeunes) professionnel·le·s et sur quels thèmes elles peuvent répondre à vos questions.

En pratique

. La séance aura lieu le jeudi 30 avril à partir de 15h30 à Flagey.

. Organisée en français et néerlandais, elle s’adresse aux étudiant·es en école de cinéma, jeunes réalisateur·ices, jeunes scénaristes, jeunes comédien·nes, jeunes producteur·ices

. Activité gratuite sur inscription en remplissant le formulaire en ligne.

. Pour toute question, adressez-vous à pro@bsff.be

Chaque année, LaScam offre un nombre conséquent de bourses à ses membres afin de les soutenir à toutes les étapes de la réalisation de leurs projets littéraires ou de documentaire audiovisuel, radio ou web. Vos demandes sont attendues d’ici au 15 avril 2026. Bonne chance !

Les bourses de LaScam

Ces aides ponctuelles concernent tous les domaines de la création couverts par LaScam :

  • documentaire audiovisuel (cinéma, télévision, animation),
  • documentaire sonore (radio, podcast),
  • documentaire web,
  • littérature (roman, poésie, BD, illustration, jeunesse, essais…)

Auteurs et autrices membres de LaScam en Belgique, ces bourses vous sont réservées, selon des critères précisés à chaque fois ; merci de bien vouloir en prendre connaissance avant de nous adresser votre demande.

⇒ Consulter le catalogue des bourses

Modalités de candidature

Les bourses et modalités de candidatures sont précisées dans le catalogue à consulter en ligne ou à télécharger, vous trouverez également le règlement sur la page de ce site consacrée aux bourses.

Pour la majorité des bourses, deux échéances sont fixées chaque année : le 15 avril et le 15 octobre, et d’autres plus ponctuelles peuvent être demandées à des moments variés – tout est bien entendu précisé dans le catalogue.

Vos dossiers de demande de bourse doivent être introduits dans le module dédié de votre Espace membre.

Si vous souhaitez introduire une demande, n’hésitez pas à consulter les conseils et informations pratiques, en page 4 du catalogue, ainsi que le règlement, page 15, où se trouvent les réponses à la majorité de vos questions !

⇒ Introduire une demande de bourse

Chaque candidat ou candidate recevra une réponse personnalisée dans un délai de 10 semaines.

Info et contact

Pour toute question, n’hésite pas à nous écrire à l’adresse actionculturelle@scam.be