Dans le cadre de l’opération Lisez-vous le belge, la Scam a eu envie d’explorer les liens que les auteurs et autrices entretiennent avec la littérature belge francophone. Nous avons donc invité nos 9 boursier·ères actuellement en résidence d’écriture à Passa Porta à partager leurs coups de cœur à travers un mini questionnaire.
Merci à François Weerts de se prêter au jeu de notre interview.
Quel est son livre belge préféré ? Quel lieu, époque, folklore typiquement belge l’inspire ? Où en Belgique aime-t-il dénicher des livres ? Quel livre ou œuvre littéraire belge aurait-il aimé écrire ?
Réponses ci-dessous !

Inattendue.
Derrière la colline de Xavier Hanotte (qui vient d’ailleurs de publier un nouveau roman, Un parfum de braise). Une évocation réaliste de la Première Guerre mondiale, poignante mais jamais larmoyante, au plus près de la souffrance endurée par les soldats. Une langue ample, poétique, avec cette petite touche de fantastique qui vous rappelle que rien n’est jamais aussi simple.
Le lieu, Bruxelles. L’époque, les années soixante quand Bruxelles se rêvait en capitale internationale mais qu’elle restait délicieusement provinciale. Le plat, les anguilles au vert parce qu’elles donnent au cuisinier une grande latitude d’imagination dans le choix des herbes. Ce plat évoque d’ailleurs l’importance de la culture flamande à Bruxelles.
Pour les nostalgiques, Darakan, formidable caverne des paralittératures qui était située derrière la Bourse. Aujourd’hui, Tropismes bien sûr. Avec une mention pour la librairie Corman à Ostende.
Het Goddelijke Monster de Tom Lanoye. Rêve impossible à réaliser puisqu’il est écrit en néerlandais. Ce roman est un feu d’artifice, avec des variations de style, de techniques de narration, de genre même. Cette saga familiale meurtrière a des accents noirs, elle alterne les points de vue, les envolées lyriques succèdent aux passages purement fantastiques, la dénonciation d’un certain capitalisme flamand est cruelle. La langue elle-même est virtuose, allant du néerlandais le plus littéraire, le plus poétique, aux dialogues crus en dialecte.
Du 1er au 30 novembre 2024, la diversité du livre belge francophone est célébrée à travers la grande opération de promotion Lisez-vous le belge ?
L’objectif ? Faire (re)découvrir au grand public, toutes générations confondues, un panel varié de genres littéraires : du roman à la poésie, de l’essai à la bande dessinée, des albums jeunesse au théâtre.
Lisez-vous le belge ? c’est :
. Retrouvez l’agenda de la campagne 2024 en librairie, dans les bibliothèques et dans d’autres lieux culturels ici
. Retrouvez également les interviews de Caroline Masse, Laure-Anne Gentges, Pascal Leclercq, Julie Lombe, Michel Torrekens, Maribé Selvais, Claire Olirencia Deville
Dans le cadre de l’opération Lisez-vous le belge, la Scam a eu envie d’explorer les liens que les auteurs et autrices entretiennent avec la littérature belge francophone. Nous avons donc invité nos 9 boursier·ères actuellement en résidence d’écriture à Passa Porta à partager leurs coups de cœur à travers un mini questionnaire.
Merci à Claire Olirencia Deville de se prêter au jeu de notre interview.
Quel est son héros littéraire belge favori ? Son lieu belge préféré pour écrire ? Avec quel auteur ou autrice souhaiterait-elle collaborer ? Quel livre transmettrait-elle aux générations futures ?
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Complexée.
Cette paumée de Mélisande.
Mon lit.
Avec Joëlle Sambi encore et toujours. Illustrations : Songe Bestial
Le prochain livre de Laurène Marx maintenant qu’elle est Bruxelloise.
Du 1er au 30 novembre 2024, la diversité du livre belge francophone est célébrée à travers la grande opération de promotion Lisez-vous le belge ?
L’objectif ? Faire (re)découvrir au grand public, toutes générations confondues, un panel varié de genres littéraires : du roman à la poésie, de l’essai à la bande dessinée, des albums jeunesse au théâtre.
Lisez-vous le belge ?, c’est :
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Dans le cadre de l’opération Lisez-vous le belge ?et en collaboration avec les Archives et Musées de la Littérature (AML), nous avons invité des auteur·ices contemporain·es à explorer les archives de deux écrivaines belges oubliées et à nous partager leurs réflexions et inspirations. Pour nourrir leur sujet, nous les avons convié·es à visiter les AML afin d’explorer les documents et en découvrir toute leur singularité (matérialité, odeur, imperfections…).
Pour ce premier portrait, Marc Dugardin nous livre ses impressions suite à sa rencontre avec l’œuvre de l’autrice Marie-José Viseur.
Marie-José Viseur.
Je dois bien le reconnaître : au départ, lorsqu’on m’invite à me plonger dans ses archives, je ne connais d’elle pas beaucoup plus que son nom. Mais son nom tout de même, et ce n’est pas rien, puisqu’il s’inscrit déjà pour moi dans un fil de transmission : autour du Journal des Poètes, d’abord, revue qu’elle a fréquentée, pour laquelle j’ai travaillé, et qui existe toujours ; des éditions de L’arbre à paroles, ensuite, toujours bien vivantes également, et qui ont publié quelques-uns de ses livres (et des miens).
Mais pourrai-je faire vivre à mon tour ce qui ressortira de ma rencontre avec cette poétesse, avec son œuvre… une rencontre sur la base d’archives poussiéreuses (non, ceci n’est qu’un jeu avec une formule-cliché : en réalité, poussiéreuses, les archives conservées aux AML ne le sont nullement) et à travers ses livres, avec leurs couvertures qui ne peuvent cacher que du temps leur est passé dessus ? N’empêche, ses livres, je les ai trouvés, soigneusement rangés dans la bibliothèque de la Maison de la Poésie de Namur. Un endroit vénérable, mais encore bien vivant, lui aussi.
Reste donc à aller au cœur de cette poésie et à espérer que quelque chose (ne fût-ce que quelques poèmes, quelques vers même) m’y retiennent fortement.
Et voici :
Ma mère avait cette bouche de tendresse
Gourmande de toutes les faims inemployées.
Et j’ai consenti à retarder l’exil.
Aussitôt, pour ces trois vers extraits de Monde aux milles terrasses (Editions de la Grisière, 1971), ce fut le coup de cœur ! Comme je l’attends du poème, un choc venu de ce qui, dans un premier temps du moins, ne s’explique pas. Ne demande pas d’explication.
D’où vient que l’on puisse se sentir à ce point concerné par quelques vers ? Me remonte en mémoire une réponse proposée, il y a bien des années, par un poète et psychanalyste, lors d’un exposé au Théâtre Poème (encore un lieu qui continue à vivre, même si, devenu Maison Poème, il a légèrement modifié son nom). Si un poème, suggérait ce conférencier, nous requiert à un tel point, toutes affaires cessantes, pourrait-on dire, c’est qu’il vient toucher en nous une part secrète, une part enfouie, à côté de laquelle les mots de tous les jours passent sans s’y attarder. Et voici que les mots d’un poète, d’une poétesse, s’approchent de ce point essentiel, le frôlent, sans pouvoir tout en dire néanmoins, sans pouvoir non plus – ni vouloir – le soustraire totalement au silence.
Après coup (après coup, j’insiste), le mystère d’une telle émotion (= ce qui met en mouvement) peut certes s’éclairer un peu. Pour moi, ce serait certainement du côté de la mère, ce thème insistant. Mais, précisément, ces trois vers sont venus me chercher ailleurs que, simplement, dans un thème. Ou l’élargissant et le troublant à la fois, me laissant étonné, peut-être même bouleversé.
Et pour l’auteure, en va-t-il de même ? C’est là que cela devient plus passionnant encore. Car voici ce qu’a écrit Marie-José Viseur dans une lettre adressée à Marie Gevers (qui l’a beaucoup soutenue et encouragée) :
Je trouve à écrire, après un long silence littéraire, une vraie allégresse, un soulèvement de moi.
Un soulèvement de moi, quelle belle et significative expression ! Je vais y revenir.
Mais je veux m’attarder d’abord sur cette remarque, placée entre deux virgules : après un long silence littéraire. Elle ne m’a pas surpris, puisque j’avais appris, dans la biographie de Marie-José Viseur, que, durant près de 30 ans (sic), elle avait interrompu son travail d’écriture : C’est dur, écrit-elle, toujours à Marie Gevers, de se remettre en selle après le repos forcé de tant d’années passées à faire, de mes garçons, des hommes. Et dans une autre lettre, à Franz Hellens cette fois, elle parle de ce retour à l’écriture en précisant maintenant qu’elle est rendue à la liberté.
On ne peut que songer – plusieurs générations nous séparant de l’auteure (elle était née en 1915, c’est la génération de mes parents) – aux réflexions actuelles autour de l’invisibilisation des femmes, sacrifiées à leur rôle d’épouse et de mère. Et dieu sait s’il y en eut, en effet, des femmes maintenues dans l’ombre, artistes, écrivaines, chercheuses scientifiques ! Des méconnues, des oubliées.
Mais rien ne me permet d’aller plus loin à ce sujet. Je ne sais, de cette part intime de la vie de Marie-José Viseur, que ce qu’elle en a laissé entendre. Avec le voile d’un secret qui lui appartient. Ce qui est sûr, c’est qu’elle évoque, plus d’une fois, la solitude terrible qu’elle a ressentie, une fois que ses enfants ont quitté la maison familiale. Et que l’écriture s’est imposée, précisément, pour l’aider à surmonter cette détresse.
J’en reviens à ce mot : soulèvement. Oui, il me semble qu’il s’agit bien de cela, dans l’écriture du poème – et dans sa réception – d’une poussée, d’une force, d’un élan, plus fort que soi. Qui peut venir de loin, et nous emporter, loin.
Certes (et même si Marie-José Viseur cite quelque part, comme une référence pour elle, les vers de Musset selon lesquels les plus désespérés sont les chants les plus beaux), un poème peut nous ébranler – ou nous séduire – pour une autre raison que sa gravité, ou son caractère forcément tragique.
Mais pour ma part, enclin sans doute à une certaine gravité, je reste attaché à cette déclaration de Pierre Seghers, dans l’introduction à son célèbre Livre d’or de la poésie française (un incontournable pour ma génération), et je ressens encore le frisson qui me parcourait en recevant ses paroles : Si la poésie ne vous aide pas à vivre, faites autre chose. Il m’a bien eu, Pierre Seghers, en provoquant ce frisson dans mon adolescence !
Et j’ose, pour terminer, un autre rapprochement encore (et le rappel d’un autre frisson, plus tardif dans mon existence). Avec ces mots de François Jacqmin, tellement étonnants dans sa bouche, tellement opposés, de son propre aveu, à ce qu’il n’avait cessé de dire à propos de la poésie en général, et de la sienne en particulier. Il les a prononcés à la fin des conférences qu’il a données à l’UCL, en 1991, dans le cadre de la Chaire de poétique :
Il y aura toujours ce moment, terrible, dans l’existence où, se trouvant le dos au mur et n’ayant plus de recours à rien, il y aura encore, pour certains, un poème, un fragment de vers, pensé par un homme traqué par le destin. Et ce vers sera consolateur. En d’autres termes, la poésie sera consolation ou rien !
Consolation.
Le mot peut étonner, déranger (Henry Bauchau m’avait écrit, dans une lettre, son admiration pour François Jacqmin, son désaccord avec ce mot).
Ce n’est pas grave.
D’autant que Jacqmin a la modestie, et la sagesse, de préciser pour certains, de ne pas prétendre que ce qu’il affirme est valable pour le monde entier.
J’aime à penser que ce mot, consolation, pourrait être reçu par Marie-José Viseur.
Soulever son moi.
Ayant suivi, de nous à elle, le fil d’une transmission à rebours.
Marc Dugardin, 20 octobre 2024
à propos de Marie-José Viseur

Marie-José Viseur née à Jumet, en Hainaut, le 10 février 1915 est une poétesse belge, encouragée dans son parcours littéraire par la romancière belge Marie Gevers. Sa carrière s’articule en deux temps : avant la Seconde Guerre mondiale, elle publie deux recueils de poésie, collabore avec diverses revues, et met ensuite l’écriture de côté pour se consacrer à l’éducation de ses trois enfants. Ce n’est qu’après 1969 qu’elle reprend la plume et publie quelques recueils majeurs, parmis lesquels Monde aux mille terrasses (1971). Avec son mari, le poète et essayiste Gustave Viseur, elle fréquente les milieux littéraires et entretient de nombreuses correspondances avec les auteur·ices de l’époque. En 1973, les éditions Millas-Martin, à Paris, publient son unique roman : La mort de Séverine. Décédée en 1999, elle était membre de l’Association des Écrivains Belges et de l’Association Royale des Écrivains wallons.
Son fonds d’archives est conservé aux AML. Il contient une riche collection de documents, incluant manuscrits, correspondances et coupures de presse. Ces matériaux offrent un précieux aperçu sur son travail.
Merci à Christophe Meurée et Tanguy Habrand des AML pour leur précisieuse collaboration !
Dans le cadre de l’opération Lisez-vous le belge, la Scam a eu envie d’explorer les liens que les auteurs et autrices entretiennent avec la littérature belge francophone. Nous avons donc invité nos 9 boursier·ères actuellement en résidence d’écriture à Passa Porta à partager leurs coups de cœur à travers un mini questionnaire.
Merci à Maribé Selvais de se prêter au jeu de notre interview.
Quel est son livre belge préféré ? Quel auteur·ice belge a influencé son écriture ? Où en Belgique aime-t-elle dénicher des livres ? Quel est son lieu favori pour écrire en Belgique ?
Réponses ci-dessous !

Éclectique
Je pense qu’étant originaire du pays noir, mes personnages sont parfois influencés par le côté sombre de ce lieu marqué par son histoire industrielle, ses terrils, ses luttes sociales, ses paysages désolés… J’aime explorer le côté obscur de l’âme humaine confrontée à des dilemmes moraux la poussant jusque dans ses derniers retranchements.
Il y en a plusieurs (Geneviève Damas, Amélie Nothomb, Barbara Abel, Éva Kavian…) néanmoins je pense que les premiers ont été des poètes comme Maurice Carême, Émile Verhaeren, Liliane Wouters… Ils m’ont donné l’envie d’écrire dès l’école primaire et ont teinté mes mots de leur influence poétique, particulièrement dans mes livres pour la jeunesse.
Frappe-toi le cœur d’Amélie Nothomb. J’aime ce mélange de réflexion philosophique et d’humour noir, il offre une vision à la fois poignante et provocante de la nature humaine. Ses personnages sont souvent excentriques, ses dialogues vifs, ce qui crée une atmosphère à la fois intense et captivante.
Sans hésiter les abbayes et spécialement celle de Maredret où je me rends chaque année pour écrire. Elle m’a d’ailleurs inspiré mon roman De Pierre et de sang. L’ambiance de ce lieu m’apporte joie, calme et équilibre. Une pause salutaire dans la vie effrénée que nous menons aujourd’hui. Quand je n’ai pas la possibilité de me rendre là-bas, j’écris dans mon bureau, la nuit, c’est en effet dans cette ambiance particulière que je suis la plus productive.
Dans les librairies de ma région (Molière, Club, Paper As) mais aussi dans des endroits comme Pêle-Mêle, les boîtes à livres, Temploux ou chez des amis (échange).
Du 1er au 30 novembre 2024, la diversité du livre belge francophone est célébrée à travers la grande opération de promotion Lisez-vous le belge ?
L’objectif ? Faire (re)découvrir au grand public, toutes générations confondues, un panel varié de genres littéraires : du roman à la poésie, de l’essai à la bande dessinée, des albums jeunesse au théâtre.
Lisez-vous le belge ? c’est :
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Dans le cadre de l’opération Lisez-vous le belge, la Scam a eu envie d’explorer les liens que les auteurs et autrices entretiennent avec la littérature belge francophone. Nous avons donc invité nos 9 boursier·ères actuellement en résidence d’écriture à Passa Porta à partager leurs coups de cœur à travers un mini questionnaire.
Merci à Michel Torrekens de se prêter au jeu de notre interview.
Quel est son héros littéraire belge favori ? Son lieu belge préféré pour écrire ? Avec quel auteur ou autrice souhaiterait-il collaborer ? Quel livre transmettrait-il aux générations futures ?
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La flamboyance. Il y a dans la littérature belge que j’aime une flamboyance narrative et lexicale, qui tient du télescopage et du brassage des cultures.
Paul Sanchotte, le personnage du roman Les Bons offices, de Pierre Mertens. Son nom est déjà tout un programme. Ce roman m’a aussi fait découvrir la littérature belge que je suis avec passion depuis. Publié en 1974, ce roman polyptique est d’une terrible actualité puisqu’il y est question de ce pays dévasté : la Palestine. Mais y sont aussi abordés la mort des Rosenberg, le génocide biafrais, le martyre de Lumumba, la catastrophe de Marcinelle… autant d’étapes dans un monde à bout de souffle. Paul Sanchote, monsieur bons-offices, est un globe-trotter qui se bat pour recoller les morceaux. Simultanément, sa vie privée vole en éclats, dans un étonnant télescopage des fragmentations du monde et de sa vie. L’écriture est d’ailleurs le reflet de ces fragmentations. Ce personnage me touche dans ce mélange de volonté et de relative impuissance.
Les trains. Navetteur, je trouve que les trains restent la plus grande salle de lecture, sont des lieux inspirants et nous emportent dans un mouvement stimulant pour l’écriture à travers le défilement des paysages.
Oh, la question inattendue ! La réponse est compliquée. Je collabore déjà avec certains écrivains. Je serais tenté de mentionner des auteurs et autrices que je n’ai pas l’occasion de côtoyer et je ne peux me décider pour un·e seul·e d’entre eux et elles. Alors, allons-y, au vogelpik (j’aime ce mot) : Geneviève Damas, Amélie Nothomb, Jean-Philippe Toussaint, Thomas Gunzig, etc.
La Légende et les Aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs, de Charles De Coster.
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Merci à Julie Lombe de se prêter au jeu de notre interview.
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Auto-dérision. Il y a un humour dans les textes, parfois un absurde dans les situations, un second degré dans la personnalité des protagonistes et il y a aussi une mise en abîme, un recul sur le monde de l’édition et le métier de l’auteur.ice qui transparaît souvent dans l’écriture.
Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb. C’est le premier roman que j’ai acheté sans que ce soit une lecture obligatoire pour l’école, il a donc une place particulière dans mon histoire de lectrice. Jusque là, mes lectures allaient des BD aux magazines ; les romans étaient une corvée et la poésie, une punition ! Au-delà du style Nothomb, les notions d’humiliation dans le monde du travail et d’intelligence interculturelle m’avaient beaucoup marqué.
La friterie / fritkot / baraque à frites ! Un univers belge en soi ! A la fois un lieu, un folklore et un appel de la bouche en bord de mer, en sortant d’un stade ou en rentrant de soirée à 2h du matin ! Un lieu populaire qui se hisse au rang de patrimoine mondial immatériel et où se croisent toutes les classes sociales en mangeant avec les doigts. Un lieu qui se réinvente jusqu’à la mayo à la truffe, et qui inspire jusqu’à la poésie de Cécile Coulon.
J’aime les librairies spécialisées et militantes comme Météores (pour les essais anticapitalistes), Maelstrom (pour la poésie), L’Affranchie (pour les ouvrages féministes), Pépite Blues (pour les littératures africaines), La Grande Ourse (pour la littérature jeunesse)…
L’oeuvre de Georges Simenon, pour avoir réussi à créer un personnage iconique au niveau mondial …et assurer le confort de mes ayants-droits sur 10 générations ! Auto-dérision. La boucle est bouclée.
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© Olivier Bada
Indisciplinaire.
Un certain Plume, probablement.
Je préfère chaque lieu où je réalise le projet d’écrire.
Delphine Lecomte.
Par amour de ce livret qu’on appelle « plaquette », et qui souvent est à l’origine de grandes émotions : Petites merveilles, poings levés de Jacques Izoard, paru initialement aux éditions de l’Atelier de l’Agneau, en 1980, et repris dans ses oeuvres complètes.
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Alors que la filière des Lettres et du livre attend avec espoir l’annonce du lancement d’une nouvelle politique portée par la Ministre-Présidente et Ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Élisabeth Degryse, les fédérations professionnelles et autres acteur·ices concerné·es avancent déjà sur les dossiers majeurs tels que l’Intelligence Artificielle et le modèle économique du secteur. Ces dossiers impactent directement le devenir des auteurs, autrices, éditeurs, libraires, bibliothécaires et les organismes publics communautaires (SGLL, WBI…), fédéraux (Archives du Royaume), régionaux (hub.brussels ou KiKK- Digital Wallonia) ou sectoriels (Reprobel et Auvibel).
Ainsi, dans le cadre des réflexions structurées entreprises par la Chambre de concertation, sous la conduite de Benoît Dubois (ADEB), un groupe de travail s’est réuni à plusieurs reprises pour mieux identifier les évolutions des modèles d’économiques des différents acteurs et actrices et déterminer les moyens de les aider au mieux dans leurs stratégies.
Un autre groupe de travail, animé par Frédéric Young (La Scam), aborde le dossier complexe de l’apparition et des impacts des outils et services d’Intelligence Artificielle avec pour objectif, là aussi, d’aider concrètement les acteurs et actrices des Lettres et du livre confrontées à un nouveau changement technologique majeur.
Le groupe travaillera ce jeudi 7 novembre à l’élaboration d’une charte éthique pour le secteur de l’édition littéraire au sens large.
Cette charte pourrait être la premièreà être élaborée et à être proposée aux acteurs et actrices professionnel·les dans l’espace francophone et à préciser les valeurs qu’ensemble ils et elles souhaitent promouvoir tout en participant aux évolutions de nos sociétés et de notre secteur pour continuer de créer, éditer et proposer aux publics des œuvres diversifiées de qualité.
Prendre en compte les réalités et les risques socio-économiques que vivront les professionnel·les, adapter les outils et aides publiques, préciser le cadre légal et réglementaire sont des moyens concrets de ne pas subir passivement le changement.
Le projet de charte soumis à la réflexion ce jeudi commence de cette manière :
« Nous partons du principe que les outils et services dits d’IA peuvent apporter une valeur ajoutée à nos activités, mais qu’ils comportent également des risques.
En tant qu’acteurs et actrices responsables du secteur, il est de notre devoir d’atténuer ces risques et de veiller à toujours respecter les droits humains et notamment l’article 27 de la DUH, l’intégrité du processus démocratique et l’État de droit.
Ces valeurs cardinales sont fondamentales pour garantir notre démocratie sans laquelle la création artistique et culturelle serait nécessairement menacée. »
Le respect des lois, règlements et des droits des publics ainsi que leur sécurité seront également abordés par la charte, en référence notamment aux grands cadres que sont les objectifs du développement durable de l’ONU, la convention pour la protection de la diversité culturelle, la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels, la directive droits d’auteur de 2019 ou encore l’IA Act.
N’hésitez pas à vous joindre à cette réflexion qui sera certainement élargie aux autres secteurs de la création artistique et de la diffusion culturelle, car tous sont à l’évidence impactés.
. Lire notre article sur la mobilisation des auteurices du Comité pour une nouvelle politique des Lettres et du livre
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Décalée. Que ce soit au niveau de l’humour, des thématiques, des mots savoureux, de l’écriture, la littérature belge a un petit grain de folie qui me plaît beaucoup.
Je vais avoir du mal à choisir un album de Gaston Lagaffe en particulier tant j’aime le personnage et ses facéties ! Je ne me lasse jamais de relire l’œuvre de Franquin.
J’ai découvert l’univers des charbonnages grâce à mon travail à Blegny-Mine et, plus j’en apprends, plus je suis fascinée. Il y a énormément de thématiques à aborder : le travail, l’immigration, la place des femmes, les légendes, le folklore… Cette résidence d’écriture à Passa Porta va être l’occasion pour moi d’explorer le sujet minier sous la forme d’un thriller.
Je suis une inconditionnelle des bibliothèques ! Quel bonheur de parcourir les allées et de découvrir des trésors. Mon petit plaisir secret, c’est quand je trouve des traces des précédents lecteurs entre les pages : ça stimule mon imagination. L’autre jour, j’ai déniché une carte d’anniversaire qui avait été utilisée comme signet. J’espère qu’elle a retrouvé son propriétaire après avoir voyagé jusqu’à moi.
Vague de froid de Jean Cremers. L’histoire et le dessin sont sensibles, poétiques et inspirants.
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