Le programme Regards sur les docs propose un accompagnement sur projet pour 5 auteur·ices belges francophones de 1er, 2ème ou 3ème film.

Deux d’entre elles / eux bénéficieront également de 2 bourses d’aide à l’écriture attribuées à la suite d’une séance de présentation publique des projets devant un parterre de professionnel·les belges et internationaux.

Regards sur les Doc

CONDITIONS DE PARTICIPATION

Le programme s’adresse à des auteur·ices en écriture avancée sur leur projet.
*Le projet : est un projet de 1er, 2ème ou 3ème film documentaire soumis à un stade avancé d’écriture / développement
**L’auteur·ice : est une personne physique résidant en Belgique

À NOTER : les projets* peuvent être déposés même si leurs auteur.rices n’ont pas encore de structure de production associée au projet.
Cependant, si votre projet n’est pas accompagné d’une structure de production et que vous êtes sélectionné.e pour participer au programme Regards sur les docs, il ne sera éligible qu’à la bourse Regards sur les docs attribuée par la Scam Belgique, et non au soutien Regards sur les docs x RIDM (réservé à un duo auteur·ice / producteur·ice).

CRITÈRE DE SÉLECTION

Les projets de films documentaires sélectionnés proposent un point de vue documenté et cinématographique. Ils témoignent de la capacité des auteur·ices à mettre en place une écriture qui mobilise le·a (futur·e) spectateur·ice et lui ouvre des espaces de réflexion.
Le programme Regards sur les docs vient souligner la qualité du travail déjà accompli par leurs auteur·ices et leur offre un élan supplémentaire pour poursuivre le développement du projet. Il s’adresse spécifiquement aux auteur·ices belges francophones ayant déjà avancé sur l’écriture de leur projet.
En raison du nombre important de candidatures reçues le comité de sélection accordera une attention particulière aux projets n’ayant pas encore été présentés publiquement, sans que ce soit excluant.

PARTENAIRES & PRIX

2 bourses d’aide à l’écriture sont attribuées par un jury de professionnel·les à la suite de la présentation publique des projets.

La 1ère bourse est un soutien de 2500€ offert à l’auteur.rice du projet par la Scam Belgique.

Créée par et pour les auteur·rices, la Scam Belgique (Société civile des auteur·ices multimédia) les accompagne tout au long de leur parcours. Elle gère leurs droits (pour leurs œuvres littéraires et documentaires), leur assure un soutien professionnel et leur propose des actions culturelles et de promotion de leurs œuvres.

La 2ème bourse offre à l’auteur·ice primé·e et sa/son producteur·ice la sélection de leur projet au Doc Lab – RIDM (novembre 2025). Elle comprend : la sélection officielle au Doc Lab et la prise en charge des frais de transport, l’hébergement et inscription pour deux personnes.

Cette bourse résulte d’une collaboration entre les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (RIDM) et le programme Regards sur les docs, avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre de la coopération Québec-Wallonie Bruxelles. A noter : pour pouvoir en bénéficier, le duo lauréat doit être disponible pour se rendre à Montréal durant toute la période du 20 et le 27 novembre 2025.

Modalités de candidature

Phase de sélection, modalité de dépôt des dossiers et toutes les informations se trouvent rassemblées ici :

> accéder à l’appel à candidatures

Calendrier

  • 22 juillet 2025 : date limite de dépôt des candidatures (22/07 inclus)
  • 27 août 2025 : annonce des projets sélectionnés
  • 11 septembre 2025 : journée d’accompagnement collectif des projets sélectionnés
  • 25 septembre 2025 : présentation publique des projets (matin) + rencontres individuelles entre auteur.ices et professionnel.les (après-midi) / remise des Prix (soir)

Renseignements complémentaires avant soumission

Les auteurs et autrices souhaitant soumettre un projet peuvent contacter l’asbl LPC – Regards sur les docs pour s’assurer de la recevabilité de leur dossier :
Pauline David / contact@festivalenville.be / 02 538 17 57 / www.festivalenville.be

Les auteur·ices sélectionné·es par le programme Regards sur les docs s’engagent à mentionner ce programme parmi les partenaires de leur projet, ainsi qu’au générique du film pour lequel iels ont reçu ce soutien. Les lauréat·es des prix ajouteront également la mention du Prix reçu.

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L’appel à projets Regards sur les docs est une initiative de l’asbl LPC, en collaboration avec la Scam Belgique et les RIDM. Avec le soutien de la Cocof et de la Fédération Wallonie-Bruxelles / coopération Québec-Wallonie-Bruxelles.

À mi-parcours d’une année 2025 particulièrement dense pour les politiques culturelles européennes, le secteur du livre intensifie sa mobilisation face aux défis profonds posés par l’intelligence artificielle générative. Alors que l’Union européenne travaille à un Code de bonnes pratiques, les auteur·ices, éditeur·ices, traducteur·ices et libraires alertent sur les menaces que l’IA fait peser sur les droits d’auteur, la chaîne du livre et la diversité culturelle.

Le 2 juillet 2025, Bela et la Scam, en partenariat avec le PILEn, organisent à la MEDAA une rencontre européenne réunissant les professionnel·les et leurs fédérations, les responsables publics et représentant·es européen·nes, avec un double objectif : présenter, comparer et promouvoir les différents modèles d’action déjà engagés en Europe – chartes éthiques sectorielles, actions politiques, contentieux stratégiques, outils concrets – et imaginer ensemble les alliances et les stratégies nécessaires pour faire front collectivement, dans ce moment charnière pour l’agenda numérique européen.

Cet événement s’inscrit dans le cadre des Rencontres européennes de la MEDAA organisées tous les trois mois pour porter un éclairage sur l’actualité européenne touchant les auteurs et les autrices. Il fait par ailleurs partie du programme IA+ du PILEn, soutenu par la Région wallonne et Digital Wallonia.

Programme

  • 17: 00 | Ouverture des portes & accueil
  • 17:30 | Intervention de María Iglesias et Arnaud Pasquali, Direction générale de l’éducation, de la jeunesse, du sport et de la culture de la Commission européenne, , suivie d’une rencontre modérée par Alok Nandi, responsable du programme IA+ pour le PILEn, avec Frédéric Young, délégué général de la Scam en Belgique, Francesca Novajra et Andreas Jandl, respectivement présidente et coordinateur du groupe de travail sur le droit d’auteur du CEATL, Maïa Bensimon, vice-présidente d’EWC, Anne Bergmann-Tahon, directrice de FEE-FEP, Patrice Locmant, directeur général de la SGDL.
  • 19:00 | Échanges avec le public
  • 19:30 | Cocktail

Informations pratiques

  • La rencontre se déroulera à la MEDAA, rue du Prince royal 87, 1050 Ixelles.
  • La participation à cette rencontre est gratuite mais l’inscription est obligatoire. Pour y assister, merci de bien vouloir vous inscrire avant le 29 juin ici.
  • Pour toute question, merci de vous tourner vers Morgane Batoz-Herges: morgane.batoz-herges(at)medaa.be.

Avant la rencontre: quelques ressources utiles

·       La charte pour une utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le secteur des écritures et du livre de Fédération Wallonie-Bruxelles: Charte | PILEn.

·       IA: la boîte à outils pour le secteur du livre proposée par EWC (disponible en français, allemand et anglais): europeanwriterscouncil.eu/ai-tool-kit2024/.

·       L’action en justice intentée contre Meta par la SGDL, le SNAC et le SNE pour imposer le respect du droit d’auteur aux développeurs d’outils d’intelligence artificielle générative: [COMMUNIQUÉ] La SGDL, le SNAC et le SNE assignent Meta pour imposer le respect du droit d’auteur aux développeurs d’outils d’intelligence artificielle générative.

·       Les actions du CEATL sur l’IA pour défendre la traduction littéraire, le droit d’auteur et la création humaine : Intelligence artificielle – CEATL.

La Maison européenne des Auteurs et des Autrices (MEDAA) est un espace d’accueil, de travail et de rencontres, pensé pour vous ! Un endroit pour venir travailler seul·e ou à plusieurs, boire un café, se rencontrer, se former, s’informer, se mobiliser… Vous y êtes passé·es récemment ? Votre avis nous intéresse !

Enquête de satisfaction

Prenez quelques minutes pour répondre à ce questionnaire : il nous permettra d’évaluer votre expérience et vos besoins, afin d’améliorer nos services et de faire de votre maison un lieu encore plus convivial et adapté à vos activités professionnelles dans les milieux artistiques et culturels belges et/ou européens.

La MEDAA

Sortir du piège : du documentaire à l’enquête journalistique en duo

Rencontre avec Manon Mottard et Frédéric Moray

Le Piège a reçu le Prix Scam* du podcast journalistique lors de la Journée du podcast. En 6 épisodes, cette enquête nous plonge dans les coulisses et les dérives du business du développement personnel en analysant le fonctionnement du séminaire « Les Clés du Succès ». Manon Mottard et Frédéric Moray tentent de comprendre comment certain·es participant·es, en voulant transformer leur vie, tombent petit à petit dans un véritable système d’emprise. Rencontre avec les auteur·ices autour de leur collaboration et de leur processus de travail en duo. 

Juliette Mogenet – Comment avez-vous commencé à travailler ensemble ? Autour de quel projet cette collaboration s’est-elle construite ? Quel est votre processus de travail en duo, vos rôles, vos complémentarités ?

Manon Mottard : Notre première collaboration était « A la recherche des nouveaux modèles », une série documentaire audiovisuelle pour la RTBF, dont le but était de déconstruire les clichés sur les communautés LGBTQIA+. On était quatre auteur·ices dont Fred, qui s’occupait aussi de la production parce qu’il avait déjà cette expérience-là. La collaboration a vraiment bien fonctionné, une confiance mutuelle s’est installée dès le début : un bel équilibre dans l’investissement qu’on mettait chacun·e dans le projet et beaucoup de respect et d’écoute dans les discussions de fond aussi. Dès le départ, j’ai ressenti un vrai soutien de la part de Fred et j’ai eu ensuite envie de travailler avec lui pour produire mon documentaire radiophonique « Retour à Dhaka ».

Frédéric Moray : Le fait qu’on réussisse à se dire les choses en continuant à s’écouter, à être constructif·ves même quand on a des divergences de points de vue, c’est essentiel. Parce qu’il y en a aussi, des moments de désaccord, des choses qui coincent, mais on les traverse. Ce qui est important aussi et qui facilite la collaboration de notre duo, c’est qu’on n’a pas les mêmes compétences. On est vraiment complémentaires, et notre travail commun se nourrit de ça : on n’est pas au même endroit du terrain, on apporte chacun·e des choses différentes aux projets.

JM – Ces compétences complémentaires, quelles sont-elles ? Viennent-elles de vos différences de parcours ? Pouvez-vous m’en dire plus sur vos trajectoires professionnelles individuelles ?

MM : Je suis diplômée d’anthropologie puis j’ai fait un master en réalisation documentaire. J’ai d’abord travaillé pour l’émission « Tout ça ne nous rendra pas le Congo » pour laquelle j’ai réalisé cinq films. En tant que réalisatrice, j’utilise certains des outils de l’anthropologie. D’abord, l’observation participante : aller sur le terrain pour observer mais aussi pour participer, m’intégrer au terrain que j’observe. Pour « Le Piège » par exemple, j’ai participé au séminaire Les Clés du Succès pour le vivre de l’intérieur. Je mène aussi mes entretiens avec des questions non-orientées, de longs entretiens-fleuves qui partent avant tout d’un besoin de comprendre en profondeur un phénomène social qui m’intéresse. La troisième chose, c’est que je n’arrive pas avec une hypothèse qui préexiste, mais je la laisse apparaître après avoir récolté suffisamment de traces, de matière. Pour « Le Piège », le fil rouge de l’emprise est apparu très tard, finalement. J’avais avant tout un grand besoin de compréhension d’un phénomène qui m’échappait.

FM : J’ai pour ma part une formation de journaliste. J’ai travaillé en radio pendant douze ans en quotidienne : j’ai appris à aller à la rencontre des gens de manière très directe, à cerner vite leur discours, à aller chercher rapidement les extraits nécessaires à la compréhension du reportage. Depuis 7 ans, je touche un peu à tout : documentaire audiovisuel et sonore, BD, clips vidéos, capsules… En fait, j’essaie d’utiliser et d’adapter les différents formats que je maîtrise en fonction du public et du sujet.

JM – Je trouve qu’on sent vraiment dans « Le Piège » la force de cette double approche à la fois anthropologique et journalistique : on entend que le fait de travailler sur du temps long avec les outils de l’anthropologie a permis d’avoir la confiance de personnes qui témoignent, et on retrouve d’autre part la rigueur de l’enquête journalistique. Quelles sont les différences dans la démarche créative et dans le processus de travail entre un podcast documentaire et un podcast d’enquête journalistique comme « Le piège » ?

MM : Quand on écrit un documentaire, on a un point de vue situé qui est assumé. Au départ, je voulais comprendre l’essor du développement personnel dans notre société dans une démarche vraiment documentaire. Je me demandais : pourquoi les gens vont dans ces séminaires ? Comment sont-iels arrivé·es là, comment l’ont-iels vécu et puis quelle est la suite pour ces personnes ? Les gens dépensent 10000€ : est-ce que ça fonctionne ? Comment ça change leur vie ? Je me suis rendu compte que les personnes que je contactais avaient besoin d’en parler, de partager au sujet de cette expérience qu’iels avaient vécue.

C’est au fil du travail que j’ai compris que je ne pouvais pas rester dans cette posture de documentariste : on me parlait de harcèlement, de pratiques violentes psychologiquement, j’étais face à des personnes abîmées. C’est là que j’ai dit à Fred : ça devient une enquête journalistique.

FM – J’ai suivi le processus de travail de Manon pendant toute la pré-production, mais tant qu’il n’y avait pas de financement je restais à distance. Elle s’est vraiment battue pour faire exister le projet et elle a énormément travaillé seule au début : elle a fait tout ce travail d’observation et de recherche sur plusieurs années et a mené la grande majorité des entretiens.

La grande différence entre documentaire et enquête est le point de vue. Dans un documentaire, on peut suivre une seule personne et c’est son histoire, son ressenti qui illustre le sujet traité. Dans une enquête, on ne peut pas se permettre ça. On a donc quitté le registre du point de vue pour s’en tenir aux faits. Relater les témoignages qui se recoupaient et les confronter aux personnes incriminées. C’est le respect du contradictoire, une des règles de base de la déontologie journalistique.

MM : C’est là qu’on retrouve à nouveau notre complémentarité : pour préparer l’entretien et poser des questions aux responsables des Clés du Succès, je ne pouvais absolument pas adopter la même démarche que pour les interviews menées avec des personnes avec lesquelles un lien de confiance se crée dans des entretiens ouverts. Dans ce cas, l’entretien devait-être beaucoup plus directif et balisé.

FM : On a aussi été accompagné·es pour ça par le service investigations de la RTBF qui nous a déconseillé de nous exprimer en notre nom sur une question aussi sensible, parce qu’il y avait un risque d’attaque en justice… et la réalité prouve que ce risque était bien réel puisque la RTBF est attaquée notamment pour ce podcast au tribunal de l’entreprise.

JM – Concrètement, comment s’est passé le processus de travail à partir du moment où le documentaire initial de Manon est devenu une enquête à mener en duo ?

MM : Quand on est passé du documentaire à l’enquête, ma façon d’aborder l’écriture a changé. J’ai dû peser chaque mot, recouper toutes les informations de manière hyper rigoureuse : si on parle de harcèlement, c’est parce que 15 témoins mentionnent du harcèlement. Si on parle d’endettement, c’est parce que 22 des personnes rencontrées sont concernées. J’ai aussi multiplié les lectures scientifiques pour mieux comprendre ce à quoi on faisait face, le travail de l’anthropologue Pascale Jamoulle m’a notamment aidée. Un des principes de l’emprise, c’est le doute. Ce doute a été présent aussi dans notre travail à nous. Si on parle d’emprise, c’est parce que les témoignages et les expert·es interrogé·es pour les analyser concordent et sont unanimes.

FM : Outre ces griefs que Manon a pu recouper par les témoignages, elle a également relevé une série de points litigieux qu’elle m’a demandé de vérifier journalistiquement : certaines portes ont été refermées parce qu’elles nous amenaient ailleurs, pour d’autres on n’avait pas accès à suffisamment de preuves pour aller plus loin. Mais finalement il y a pas mal de portes derrière lesquelles on a non seulement mis à jour des problèmes mais également rassemblé des preuves tangibles.

MM : On a eu accès notamment à des enregistrements de certains des séminaires sur une clé USB contenant 42 heures de vidéos. Le doute n’était plus permis quant aux fonctionnements de ces séminaires.

FM : Par rapport au processus de travail et d’écriture, c’est important de dire qu’il y a eu de multiples rebondissements et surtout que c’était très intense. On avait initialement prévu 18 jours de montage, 3 par épisode. Finalement, on a mis 4 mois. 4 mois de travail intense, on faisait des journées où on ne s’arrêtait pas : on commençait à 9h du matin, terminait à 22h. On n’arrivait pas à décrocher tant qu’on n’avait pas une version satisfaisante à nos yeux, c’était impossible de faire autre chose. Certains épisodes ont 10 versions parce qu’on avait énormément de curseurs de qualité à régler, qu’on voulait placer le plus haut possible : mener une enquête rigoureuse, respecter les témoins, structurer un récit radiophonique qualitatif, penser à l’expérience de l’auditeur·ice.

MM : Parfois, on se relevait la nuit, on se levait le week-end à 5h du mat pour envoyer une version que l’autre puisse écouter à son réveil. Avoir un partenaire dans cette énergie-là, c’est précieux. On avait tous les deux une envie de bien faire qui nous poussait à la précision, à la conscience du détail. En plus de l’aspect touchy du sujet qui nous demandait une grande rigueur, on voulait aussi rendre le montage captivant.

JM – Avez-vous d’autres actualités, ou déjà de nouveaux projets en cours ? Après le succès du Piège, quelle est la suite pour vous ?

MM : Je suis au début du processus d’écriture d’un film documentaire sur un service ambulatoire qui suit des jeunes qui ont vécu un premier épisode psychotique. Je reviens plutôt au documentaire, pas d’investigation cette fois ! J’ai envie de rencontrer des humains, une équipe soignante, un psychiatre, des patient·es, pour montrer les liens entre personnel soignant et jeunes qui sont suivi·es. Travailler sur l’emprise et puis faire face à un procès, ça abîme le moral : j’ai envie d’aller vers quelque chose de plus lumineux, de montrer du lien humain, même si le sujet n’est pas non plus léger.

FM : Je travaille aussi sur la santé mentale en ce moment : je rédige un livre sur la place des familles confrontées à la maladie mentale d’un proche. En parallèle, je travaille sur un documentaire audiovisuel sur la vie des artistes en création. Il y a également une BD à venir dont j’ai écrit le scénario, qui porte sur la seconde guerre mondiale dans les cantons de l’est, région de notre territoire qui était annexée à l’Allemagne à cette période.

Propos recueillis par Juliette Mogenet

Pour aller plus loin

. Ecouter Le piège : dans les coulisses du développement personnelde Manon Mottard et Frédéric Moray sur Auvio

. Découvrir l’enquète des mêmes auteurices Le succès à tout prix publiée dans Médor en décembre 2024

. Découvrir les lauréat·es de la Journée du Podcast

Afin de pouvoir vous verser vos droits pour les œuvres de l’écrit équitablement, nous avons besoin de connaître toutes vos œuvres publiées. Nous vous invitons donc à compléter dès à présent votre déclaration pour les œuvres publiées jusqu’en 2024.

Les œuvres concernées

Seules les nouvelles publications ou les oublis des années précédentes sont à déclarer.
Vous pouvez déclarer toutes œuvres originales mises à disposition du public sous format papier, et qui peuvent être photocopiées ainsi que les œuvres numériques de l’écrit, sous format téléchargeable ou d’origine numérique.

Plus d’informations sont disponibles sur la page « Déclarer des œuvres de l’écrit » de notre site.

Quand déclarer vos œuvres ?

Nous vous invitons à faire votre déclaration dès à présent (voir les modalités ci-dessous).

Comment déclarer ?

Vous pouvez déclarer vos œuvres à l’aide d’un bulletin de déclaration, soit directement en ligne soit en version téléchargeable à nous renvoyer par email ou par courrier.

En ligne

Encodez à tout moment vos œuvres à l’aide du déclaratif en ligne accessible depuis votre Espace membre (si vous avez égaré vos identifiants, contactez notre Pôle Relations Auteurices qui vous renseignera).

Vous n’avez pas encore utilisé le déclaratif en ligne ? C’est très simple, suivez ce guide pas à pas !

Par email ou par courrier

Envoyez-nous votre bulletin de déclaration complété par mail à reprographie@scam.be ou par courrier. Le bulletin peut être téléchargé dans la rubrique « Bulletins de déclaration » du Centre de Ressources de ce site.

S’il vous est impossible d’utiliser nos outils, vous pouvez nous envoyer votre déclaration sous format Word par email, en prenant bien soin de mentionner toutes les informations indispensables reprises dans la section « Comment déclarer mon œuvre ? » de notre site.

 

Contact

Pour toute information complémentaire concernant la déclaration des œuvres de l’écrit, vous pouvez envoyer vos questions à reprographie@scam.be.

Notre Pôle Relations Auteurices est également disponible au 02 551 03 48 ou par mail à l’adresse poleauteurice@scam.be

Après le succès du projet de Camille Toussaint autour du film de Paloma Sermon-Daï « Il pleut dans la maison » et pour la deuxième année consécutive, l’asbl Bela s’associe à la Région Grand Est et au Réseau de lecture publique de la Communauté d’Agglomération d’Épinal (Réseau bmi) pour proposer à un auteur ou une autrice de livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles une nouvelle résidence d’écriture de deux mois autour de la novellisation.

C’est quoi la novellisation ?

La novellisation, c’est-à-dire l’adaptation d’une oeuvre audiovisuelle en texte littéraire, va à rebours de ce qui est pratiqué habituellement (adaptation audiovisuelle d’un texte littéraire). Cet acte de création se fonde sur la prolongation subjective d’une oeuvre audiovisuelle à l’écrit, et contribue, de manière féconde, à décloisonner les pratiques et à encourager la circulation des œuvres audiovisuelles et littéraires. Comme l’année passée, un projet de médiation sera d’ailleurs développé conjointement avec la structure d’accueil et les partenaires engagés, une façon pour l’auteur ou l’autrice de faire connaître son travail plus largement.

Une résidence à soi

Comme l’a montré l’étude Bela sur la situation socio-économique des auteurs et autrices de livre en FWB, les temps de mobilité à l’international constituent des étapes-clé dans leur parcours. Ils répondent aux besoins le plus souvent exprimés par les auteurs et autrices: ils sont dans la plupart des cas rémunérateurs et gages de reconnaissance. Bien planifiés, ils ont un effet démultiplicateur en termes de visibilité et de réseautage et offrent en outre un temps sanctuarisé et un espace à soi pour créer.

C’est tout cela qui est proposé dans le cadre de cette résidence de deux mois, qui se tiendra entre fin septembre et fin novembre 2025 à Épinal: une rémunération mensuelle de 3000€ HTVA toutes charges éventuelles comprises, la prise en charge des frais de repas, de matériel, de déplacement et d’hébergement, 70% de temps dédié à la création artistique et un espace de vie et d’écriture au calme au milieu de la nature.

Encourager le dialogue et renforcer les liens

Cette résidence constitue enfin une très belle opportunité d’encourager le dialogue et l’hybridation des pratiques entre les secteurs du livre et de l’audiovisuel, et de renforcer les liens entre professionnel·les de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Région Grand Est, concrétisant et opérationnalisant ainsi pour ces secteurs les objectifs de l’Accord de coopération signé en 2023 au festival d’Avignon. Elle est soutenue par la Maison européenne des Auteurs et des Autrices (MEDAA), la Communauté d’Agglomération d’Épinal et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

En pratique

Les dossiers de candidature sont attendus pour le 22 juin 2025 au plus tard. Vous trouverez l’appel à candidature ici ainsi qu’une FAQ là.

Pour toute question et/ou envoi du dossier de candidature, veuillez contacter Morgane Batoz-Herges, responsable du développement européen de la MEDAA et coordinatrice du projet pour Bela : morgane.batoz-herges@medaa.be

Vous pouvez désormais déclarer vos vidéos publiées sur les plateformes de Meta (Facebook & Instagram) en 2024 ! Afin de pouvoir vous verser vos droits, nous avons besoin de connaître toutes vos œuvres mises en ligne. Nous vous invitons donc à suivre la procédure ci-dessous pour vos vidéos publiées en 2024.

Les œuvres concernées

Seules les vidéos publiées sur Meta, à savoir sur Facebook et Instagram sont éligibles à la déclaration. Les images fixes ne sont pas concernées.

Le répertoire concerné comprend les :

  • documentaires
  • reportages
  • tutoriels
  • vlogs
  • chroniques
  • interviews
  • critiques
  • …

Ces vidéos peuvent aborder des thématiques variées telles que la connaissance, la culture, le sport, l’actualité, la beauté, le lifestyle ou encore les jeux vidéo.

Conditions

Les droits sont déclenchés à partir de 10.000 abonné·es par compte et de 50.000 vues cumulées par an, uniquement pour les vidéos publiées durant l’année concernée.

Veuillez noter que les contenus à caractère commercial, tels que les collaborations, les publicités ou les jeux concours, ne sont pas éligibles à la déclaration.

Quand déclarer vos œuvres ?

Nous vous invitons vivement à faire votre déclaration dès maintenant, et avant le 13 juin 2025. Passé cette date, nous ne pourrons malheureusement plus vous verser vos droits. Nous vous recommandons de prévoir quelques jours d’anticipation, car la déclaration s’effectue en deux temps.

Comment déclarer ?

Pour effectuer la déclaration, merci de contacter Julie Vermandele à l’adresse julie.vermandele@scam.be.

Pour information, la prochaine répartition Meta aura lieu fin 2025.

Contact

Pour toute information complémentaire concernant la déclaration des œuvres de Meta, vous pouvez envoyer vos questions à Julie Vermandele julie.vermandele@scam.be

Notre Pôle Relations Auteurices est également disponible au 02 551 03 48 ou par mail à l’adresse poleauteurice@scam.be

L’Assemblée générale de la Scam est un moment privilégié pour découvrir les temps forts de l’année écoulée au sein de votre société. C’est aussi, et surtout, l’occasion d’élire vos représentant·es au Comité belge, de rencontrer l’équipe et d’échanger entre auteurs et autrices dans une ambiance conviviale. Venez nombreux et nombreuses !
Cette année l’AG sera précédée d’une rencontre poétique avec Célestin De Meeûs et Geneviève Damas qui nous liront chacun·e un texte de leur choix.

L’Assemblée générale

L’AG est une occasion pour vous d’entendre une synthèse de l’activité de votre société durant l’année écoulée : les grands combats qui ont été menés, les actions mises en œuvre sur les plans politique, économique et social ou encore culturel.

L’AG, c’est aussi une soirée pour en savoir plus sur le Comité belge de la Scam et ses missions, rencontrer ses membres actuels ou prendre connaissance du rapport d’Action culturelle et y découvrir des opportunités qui s’offrent à vous.

Questions et suggestions

Si vous avez des questions à poser ou des propositions à formuler à l’occasion de l’Assemblée générale, le Comité belge vous remercie de les envoyer dès à présent et pour le 30 mai au plus tard, à l’adresse mail ag-scam@scam.be.

L’élection des membres du Comité belge

L’élection

Nous le répétons avec fierté, la Scam est une société démocratique, gérée par les auteurs et les autrices. Ce sont notamment celles et ceux du Comité belge, élu·es par l’ensemble des membres pour les représenter, qui assument cette charge : entre autres, peser sur la politique de votre société, débattre de sa gestion, décerner les prix et les bourses….

Les élections sont essentielles pour désigner vos représentant·es au Comité belge. Cette année, huit sièges sont à pourvoir : trois pour l’écrit, trois pour l’audiovisuel et deux pour le sonore.

Les votes

Les votes se dérouleront lors de la séance plénière de l’Assemblée générale, le jeudi 05 juin 2025 à 18h (prière de vous munir de votre carte d’identité).

Vous avez aussi la possibilité d’élire les membres du Comité belge dès ce jeudi 15 mai 2025 à 10h et jusqu’au jeudi 05 juin à 12h, par l’intermédiaire d’un module de vote en ligne de vote contrôlé par un huissier de justice, Me Philippe Mormal, qui validera les résultats de l’élection.

Pour plus d’informations sur cette procédure rapide, anonyme et confidentielle, lisez attentivement le mail de convocation qui vous a été envoyé le jeudi 15 mai.

Pour voter en ligne, il vous suffit de vous munir de votre numéro de membre Scam.

En pratique

L’Assemblée générale 2025 de la Scam aura lieu le jeudi 05 juin à 17h à la MEDAA.

Programme

  • 17h00 : Accueil
  • 17h30 : Moment poétique avec Célestin De Meeûs et Geneviève Damas.
  • 18h00 : Ouverture de l’Assemblée générale
  • 20h00 : annonce des résultats du vote et cocktail dinatoire

Présence

Prière de vous munir de votre carte d’identité

Une question ?

Contactez-nous

ag-scam@scam.be

C’est enfin officiel : la Scam est bien une fédération professionnelle dont les statuts, le fonctionnement démocratique, les activités, l’expertise et la représentativité répondent au prescrit du décret « Nouvelle gouvernance »1 qui règle la participation des organismes de type associatif à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques artistiques et culturelles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Frédéric Young fait le point.

Votre société d’auteurs et autrices est donc à nouveau agréée et sera intégrée aux travaux de deux chambres de concertation, celle du cinéma et de l’audiovisuel (elle y représentera les auteurs et autrices de la création documentaire) et celles des écritures et du livre (elle y représentera les auteurs et autrices de toutes les littératures, de la BD, du livre illustré).

Ce décret précise comment la Fédération Wallonie-Bruxelles applique la constitution et la loi sur le Pacte culturel2, qui permet depuis 2003 d’attribuer un rôle important de concertation aux professionnel·les du secteur (via leurs fédérations) considéré·es comme les bénéficiaires de ces politiques. Auparavant, cette fonction participative était réservée aux seuls représentant·es des partis politiques.

Tous les 5 ans, selon ce décret revu en 2019 (pendant le mandat d’Alda Gréoli), les organismes professionnels font l’objet d’une procédure d’obtention ou de renouvellement de cette reconnaissance, indispensable pour siéger dans une ou plusieurs des chambres de concertation des différents domaines artistiques et culturels, et le cas échéant au Conseil Supérieur de la Culture.

Cette qualité lui avait été récemment – et pour la première fois depuis plus de 20 ans – contestée dans un premier temps par l’Administration de la FWB, ce qui avait conduit la Scam à montrer à la Ministre et à son cabinet qu’une application correcte et non discriminatoire des critères à son égard ne pouvait conduire à une décision négative, puis à mobiliser ses membres.

Avec ceux et celles de la SACD, de l’ASA, de l‘ARRF ou d’ABRACA confrontées au même problème de refus initial administratif, vous avez été plus de 1.600 créateurs et créatrices à vous inquiéter du risque de voir votre catégorie professionnelle tout simplement écartée des débats de certaines chambres (arts vivants et écritures/livres) ou minorisée (cinéma-audiovisuel) alors même que leur société-fédération était reconnue au niveau fédéral et désignée à siéger dans la Commission du travail des arts.

Soutenus par de nombreuses organisations partenaires et par diverses personnalités professionnelles et politiques belges ou étrangères, que nous remercions toutes et tous, les membres de la Scam sont aujourd’hui soulagé·es et reconnaissant·es du travail mené par la Ministre Degryse et son équipe qui a conduit à la reconnaissance de pas moins de 70 fédérations professionnelles.

Cette décision politique forte (et complexe à élaborer) signale à nouveau l’importance accordée par l’actuelle Ministre de la Culture, Ministre-Présidente de la FWB, à une très large et permanente concertation avec les fédérations professionnelles démocratiques, à un moment de débats très vifs, et de choix majeurs dans les orientations en matières artistiques et culturelles belges francophones.

[1] https://gallilex.cfwb.be/sites/default/files/imports/46371_000.pdf

[2] Pacte culturel · cultuurpact.be

L’intelligence artificielle bouleverse aujourd’hui de nombreux domaines, dont le secteur des écritures et du livre. Si l’IA ouvre de nouvelles perspectives créatives, elle soulève également des questions importantes : respect du droit d’auteur, juste rémunération des artistes, intégrité des œuvres… En réponse à cela, le secteur du livre en Fédération Wallonie-Bruxelles vient de se doter d’une Charte pour une utilisation responsable de l’intelligence artificielle.

La Charte

I. Introduction

En tant qu’acteur professionnel de l’écosystème belge francophone des écritures et du livre, notre objectif est d’offrir aux publics, lecteurs et lectrices, les meilleures créations et publications possibles, et les plus diversifiées.
De plus en plus, certain·es d’entre nous vont recourir à titre professionnel ou privé, occasionnellement ou plus régulièrement, à des outils et services dits d’intelligence artificielle (IA) pour y parvenir.

Par IA, nous entendons tous les systèmes (outils et services) basés sur des machines qui peuvent influencer leur environnement en produisant un résultat (prédictions, recommandations, contenus ou décisions) pour un ensemble donné d’objectifs. L’IA inclut un large éventail de systèmes, allant d’applications fondées sur les connaissances (comme les systèmes experts) ou sur les données (comme les systèmes d’apprentissage automatique) à la robotique. Les outils et services d’IA pourront être commerciaux ou non, gratuits ou non.

Nous nous réfèrerons aussi, le cas échéant, à la définition utilisée dans le règlement IA : «système basé sur une machine qui est conçu pour fonctionner avec différents niveaux d’autonomie et qui peut faire preuve d’adaptabilité après son déploiement, et qui, pour des objectifs explicites ou implicites, déduit, à partir des données qu’il reçoit, comment générer des résultats tels que des prédictions, du contenu, des recommandations ou des décisions qui peuvent influencer des environnements physiques ou virtuels.

La présente Charte entend donner aux membres du secteur des écritures et du livre les lignes de conduite en vue de l’utilisation et du déploiement de l’IA dans leurs activités professionnelles.
Le secteur des écritures et du livre s’engage à promouvoir une utilisation responsable et éthique de l’IA, utilisation faisant la part des choses entre les avantages technologiques de l’IA et ses impacts en matière environnementale, sociale, sociétale, économique, démocratique et éthique.

Au-delà de son engagement de respecter la législation européenne et nationale en matière d’IA et de suivre les recommandations mondiales de l’éthique et de la gouvernance de l’IA, le secteur des écritures et du livre veut grâce à la présente Charte guider ses membres dans la bonne utilisation de l’IA dans le cadre de leurs professions et de la sorte faciliter leur adaptation au nouvel environnement de l’IA.

La Charte présentée ici définit donc les engagements que nous prendrons lorsque nous développerons, achèterons et déploierons des outils et services d’IA pour nos activités dans le secteur des écritures et du livre.
Nous nous engageons à promouvoir un usage responsable et éthique, attentifs que nous sommes aux bénéfices, risques et impacts pour les humains comme pour la planète de l’usage de ces technologies.

Il existe déjà :

  • des lois et réglementations applicables au moissonnage et à la fabrication de bases de données, à la préparation, l’entrainement, l’usage de ces outils et des services reposant sur l’IA, en aucun cas les principes de la présente Charte ne dérogent à ce cadre juridique ;
  • de nombreuses recommandations éthiques sur l’IA dans le monde.

Ensemble et solidairement, nous estimons toutefois nécessaire d’affirmer nos propres engagements afin que la présente Charte puisse servir de guide et faciliter l’adaptation de notre secteur à cette nouvelle étape de la transition numérique.

II. Nos engagements lors de l’utilisation des outils et services d’IA

A. Principes de base

La Charte articule les principes suivants, qu’elle reconnaît comme essentiels à un usage éthique des outils et services d’IA et dont elle préconise la mise en œuvre :

en référence aux
– cadres protecteurs pour les droits humains et culturels
– cadres protecteurs pour l’environnement et l’humanité et son patrimoine artistique et culturel
mentionnés au point III.

‣ Principe de responsabilité individuelle et de responsabilité collective
Chaque individu et chaque collectif, respectivement, est responsable de l’usage qu’il ou elle fait des outils et services d’IA, de leurs implications et du respect des bonnes pratiques établies par la présente Charte.

Ceci implique au minimum de questionner la pertinence de l’usage de ces outils et services dans une activité donnée et de veiller à la prévention des risques.

Dans l’exercice des responsabilités collectives, les groupements d’acteurs et actrices veillent à ce que chacun·e puisse librement exercer ses propres responsabilités individuelles.

‣ Principe de transparence
Sans préjudice de l’application des dispositions de transparence du Règlement européen du 13 juin 2024 sur l’IA (Règlement sur l’intelligence artificielle – AI Act), singulièrement en ce qui concerne les différents intervenants industriels dans le cycle de production et commercialisation de l’IA, les individus et les collectifs organisent la transparence de leurs sources et autres éléments utilisés, ainsi que l’explicabilité du processus technique de l’IA et l’information relative à l’utilisation de l’IA, laquelle implique que la production de l’outil ou du service d’IA soit identifiable en tant que telle.

‣ Principe d’authenticité
Le travail authentiquement humain et les œuvres qui en sont le fruit ne peuvent être remplacés par des productions synthétiques, c’est-à-dire des productions intégralement générées par des machines d’IA.

En application du principe de transparence précédent, les individus et les collectifs distinguent, dans la création d’œuvres et de contenus, la contribution de l’outil utilisé et celle de l’humain, et recourent si possible aux labels disponibles pour identifier et protéger la création authentiquement humaine.

Dans nos métiers, serait considéré comme une « pratique trompeuse et déloyale », et à écarter de la filière, une production entièrement ou partiellement synthétique présentée comme une création intégralement humaine.

‣ Principe général du respect des lois
Les individus et les collectifs respectent les lois, et notamment les dispositions en matière de propriété intellectuelle, de protection des données personnelles et des informations confidentielles.

Le respect des droits moraux (paternité/maternité, divulgation, intégrité et retrait) des auteurs et autrices et des artistes fait l’objet de précautions particulières face à l’industrialisation et à l’usage des outils d’IA.

‣ Principe relatif à l’équilibre entre la recherche de productivité et le partage équitable des gains et revenus 
Les individus et les collectifs intègrent les services et outils d’IA et la recherche nécessaire de gains de productivité dans le respect des principes énoncés par la présente Charte.

Le partage équitable des revenus est garanti par les accords individuels et ou collectifs pertinents, conformes à la législation.

‣ Principe d’apprentissage collectif et de partage de connaissances 
Les individus et les collectifs encouragent la recherche et l’expérimentation en matière d’usages des outils et services d’IA, dans le respect des principes précédents, et organisent le partage des connaissances.

Les individus et les collectifs contribuent, en matière d’IA, à la formation continue dans la filière.

D’autres principes peuvent venir compléter la liste ci-dessus selon les besoins spécifiques ou l’évolution des pratiques et situations.

B. Cadres de référence

Les principes articulés ci-dessus sont à interpréter en lien avec plusieurs cadres auxquels nous choisissons de faire référence en raison de la pertinence de leurs objectifs et moyens :

‣ Liens avec les objectifs du développement durable de l’ONU

Nous souhaitons prendre pour boussole de nos décisions les différents objectifs du développement durable de l’ONU, sans en privilégier un, mais en cherchant à les réaliser conjointement, passant ainsi de la responsabilité individuelle à la responsabilité collective, et réciproquement.

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Tableau des 17 objectifs de développement durable de l’ONU.
Source : https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/

 ‣ Liens avec l’AI Act, la directive 2019/790, la Convention pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles, la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels, la Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle de novembre 2021 de l’Unesco
Dans l’examen, l’usage et les évaluations des outils et services d’IA, nous veillerons à nous baser et à mettre en œuvre les principes de la Charte dans le but de réaliser les objectifs de ces instruments-cadres.

Dans l’examen des questions, nous recommandons également de faire le lien avec les lignes directrices éthiques du groupe d’experts de haut niveau sur l’IA de la Commission européenne et ses exigences clés pour une IA digne de confiance.

III. Mesures de mise en œuvre

Afin de soutenir l’adhésion à et la mise en œuvre de la présente Charte, nous prendrons les mesures suivantes :

‣ Mise en place d’un Comité d’accompagnement IA éthique interprofessionnel
Les fédérations professionnelles signataires décident de la création, au sein du PILEn, d’un comité d’accompagnement IA éthique interprofessionnel pour le secteur des écritures et du livre afin d’assurer l’évaluation, l’évolution, le suivi et l’enrichissement de la présente Charte et aider à sa mise en œuvre.

Ensemble, elles tiendront informées les pouvoirs publics des travaux menés, et pourront solliciter leur reconnaissance et soutiens.

Organe commun d’appui et de réflexion, le comité s’interdit d’intervenir dans le règlement des disputes ou litiges.

‣ Rôle des fédérations

Les fédérations professionnelles favorisent la connaissance, l’adhésion à et la mise en œuvre de la Charte, notamment au sein des instances de concertation où elles siègent.

IV. Actions urgentes demandées aux pouvoirs publics

Nous demandons aux pouvoirs publics belges :

  1. D’agir d’urgence afin de s’assurer que les mesures d’application de l’AI Act en cours d’élaboration, notamment le code de conduite et la fiche de transparence, puissent atteindre l’objectif voulu par le législateur européen de garantir le respect effectif de tous les droits des titulaires de droits par les différents opérateurs d’IA et leurs partenaires. 
  2. De prendre sans tarder, en concertation avec les fédérations professionnelles signataires, les mesures permettant une introduction sur le maché des outils et services d’IA dans le respect des lois et des principes éthiques et instruments-cadres énoncés par la Charte.

Cette première charte d’usage éthique des outils d’IA est le résultat, d’un groupe de travail interprofessionnel animé par la Scam dans le cadre des travaux prospectifs de la Chambre de Concertation des Écritures et du Livre (CCEL/SGLL/FWB).

Adhérer à la Charte

Vous souhaitez adhérer à la Charte pour une utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le secteur des écritures et du livre ?

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Pour aller plus loin

. Revoir l’intervention de Frédéric Young dans l’émission Mont des Arts – Intelligence artificielle: le grand pillage