Autrices, auteurs, partenaires, amoureux de la culture : la Scam vous souhaite à toutes et tous une superbe année 2018 !

Voeux2018 SACD Scam

Merci et bravo à Mélanie Rutten qui a créé cette carte de vœux grâce à laquelle 2018 commence en beauté !

C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons qu’Alain Dartevelle, membre du Comité belge de la Scam jusqu’en mai dernier, nous a quittés cette nuit. Nous tenons à lui rendre hommage, à travers notamment un texte de son ami Luc Dellisse.

 

« J’ai connu deux fois Alain Dartevelle. La première, lors de notre rencontre initiale, par le biais d’une revue littéraire mystérieuse, qui acceptait tous nos textes et ne paraissait jamais. Il était venu sonner à ma porte pour me proposer de mener une enquête. Il était alerte, attentif, concentré, joyeux. Plutôt festif, débordant de projets, dans un halo de fumée de tabac. Il avait une voix chantonnante et claire, pleine d’enfance et d’avenir. Il venait de publier Borg ou l’agonie d’un monstre, un étrange roman mettant en scène un homme-oiseau en proie aux fureurs d’une planète invivable : un double héraldique de l’auteur, avec la malice un peu sauvage qui faisait son étrangeté.

Nous nous sommes revus, plusieurs fois par an, en général à midi, près de son bureau situé à l’étage directorial de la poste belge. Il était ponctuel et détendu, malgré ses fonctions compliquées, et le travail n’occupait aucune place dans nos conversations strictement littéraires. Il aimait le vin blanc, les voyages, la prose de Céline et les univers baroques. Il aimait les courts moments d’intensité. L’amitié entre nous était sans nuages et sans affres : un peu flottante, comme la vie.

Puis il y a eu notre deuxième rencontre, la vraie, l’an dernier, quand il a su qu’il était malade, d’une maladie rare, pratiquement insoignable. Alors, tout ce qui était latent entre nous s’est cristallisé, et j’ai découvert sa face cachée : sa noblesse, son héroïsme, et la force de son esprit. Rapidement, les médecins l’ont jugé perdu, et perdu à très brève échéance. Trois fois de suite, l’été dernier, un interne est venu lui dire que la nuit suivante serait sa dernière. Il ne l’entendait pas de cette oreille. Il a déjoué toutes les prévisions. Non seulement il n’est pas mort à la date annoncée, mais il s’est remonté suffisamment pour écrire un nouveau livre, une fiction autour de Christian Dotremont, et pour la mener à bien. Puis il en a commencé un autre, ironique comme lui jusque dans son titre : Ma nouvelle maison. Il parlait de sa vie à l’hôpital, bien sûr, et de cet autre monde qu’est l’existence en sursis.

Je venais parfois lui rendre visite dans sa chambre médicalisée. Il avait l’esprit prompt, le regard clair, le corps très amaigri, très affaibli tenant par la seule volonté. Il me donnait à lire quelques pages, je les lisais vraiment, et nous en discutions vraiment, je n’entendais ni sa voix ni la mienne, cela ressemblait à une télépathie, à une osmose interplanétaire dans un roman de Philip K. Dick. Sa femme faisait une remarque délicate, remontait ses oreillers, reconnectait son portable, débouchait une mini-bouteille de vin champagnisé. Nous en buvions une ou deux gorgées. Le temps dormait replié sous le lit.

Nous nous téléphonions. La dernière fois, c’était hier – le matin de sa mort. L’infection générale l’avait gagné, ce n’était plus qu’une question d’heures. Sa femme tenait le téléphone contre son visage. Il ne parvenait plus à articuler un mot, mais produisait des sons intelligibles, une sorte de tam-tam sourd, rythmé, attentif à ce que je lui disais. J’entendais son écoute, je comprenais sa voix.

Puis la communication a été coupée. Un texto, un peu plus tard, m’a appris sa mort. Mais la mort, c’est vite dit. Le contact, au moment où j’écris, n’est pas interrompu. »

Luc Dellisse

Aide aux réfugiés de la gare du Nord dont la situation s’aggrave.

Voici un message de notre collaboratrice Katia Devroe, investie dans l’aide aux réfugiés depuis des années, que je vous propose de lire.
C’est sans doute peu de chose, mais nous pouvons tous aider ces femmes et ces hommes en mouvement vers un meilleur avenir très concrètement.
Merci déjà
Frédéric Young

 

Bonjour à vous,
Cela fait 10 mois que je récolte et achète sans cesse le minimum vital nécessaire aux réfugiés de la gare du Nord/Parc Maximilien. Ce n’est jamais assez bien sûr car ils sont au moins 600 en ce moment mais je fais le plus que je peux. Ils viennent du Darfour (Soudan du Sud), d’Erythrée, de Somalie pour la plupart. Ils essaient de (sur)vivre dans des conditions déplorables, dénuées de toute humanité. Ils dorment sur des cartons en essayant de se mettre en dessous d’un arbre pour se protéger de la pluie. Ils ont froid et les pieds blessés à cause de chaussures trop petites/trouées ou ils n’ont pas de chaussures du tout. Car en effet, la police multiplie les descentes au petit matin, parfois violentes, pour les faire fuir, allant jusqu’à confisquer tous leurs effets personnels, sacs de couchage, chaussures et téléphone y compris. Sans téléphone ils sont perdus et ne peuvent plus rentrer en contact avec leurs proches restés au pays. Ils se font également arrêter et certains se retrouvent en centre fermé en vue d’une expulsion.

Je me permets de faire appel à vous car je m’épuise, tant moralement, que physiquement, que financièrement. La grande différence avec la « crise » de 2015 est qu’aucune association reconnue n’est vraiment sur le terrain pour les aider matériellement. Ces réfugiés-ci ne souhaitent pas demander l’asile en Belgique, ils sont en transit vers l’Angleterre, mais certains restent coincés ici durant des mois et des mois car le passage devient de plus en plus difficile. Ils essuient échec après échec et reviennent toujours à la case du départ, la gare du Nord.

Alors, pourriez-vous faire un tri dans vos affaires et voir si vous auriez :
Par ordre d’importance, des baskets/chaussures hommes entre 40 et 47, baskets femmes entre 37 et 39 ; des vestes, manteaux, K-ways et tout ce qui protège de la pluie, sacs de couchage/couverture, sacs à dos (taille moyenne), pantalons, trainings, pulls, sweat-shirts, T-shirts, caleçons (boxers et neufs de préférence), chaussettes, bonnets/casquettes, gants, écharpes, tapis de sol/bâches, des téléphones, des cartes de recharge Lyca, des parapluies, de l’argent pour se doucher et laver leurs vêtements chez Doucheflux.

Merci de ne donner que des vêtements en bon état, propres et pliés !

Ce que j’achète chaque semaine : rasoirs jetables, déodorants, baume de tigre (TRES utile pour toute sorte de bobos surtout les maux de tête qui sont fréquents), crème hydratante genre Nivea, dentifrice, brosses à dents, savon, shampoing, paquets de mouchoirs en papier, sérum physiologique, Vickx, vaseline, lingettes, bandes hygiéniques, antidouleurs, jeux de cartes, dominos…

Les dons peuvent être déposés à l’accueil de la Maison des Auteurs.

Si vous préférez que je fasse les achats moi-même, je peux vous donner un n° de compte. Même le plus petit montant peut faire la différence. Je suis en train d’acheter un lot de bottines à 10 € la paire. J’en ai déjà acheté et distribué 80, il en reste encore 60 en stock.

Je précise qu’il s’agit essentiellement d’hommes. Ils sont pour la majorité petits et minces. Il y a une vingtaine de femmes, dont une avec un bébé mais on essaie de lui trouver un refuge (je croise les doigts). 3 femmes sont enceintes.

Je précise également que ces personnes gardent malgré tout le sourire, la dignité et l’espoir et qu’ils sont patients et très reconnaissants.

Si vous souhaitez soutenir financièrement une association qui est chaque jour sur le terrain et qui leur prépare des repas, voici le n° de Françoise Romnée, responsable de l’association ‘Solidarité avec les réfugiés de la gare du Nord’ : le BE98 0004 2825 4693 – communication : Aide aux Réfugiés.

Si vous pouvez faire quelque chose, 1000 mercis déjà pour eux.

Katia Devroe
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0486 505 359

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