« Antoine Wauters creuse avec opiniâtreté et intégrité un sillon où dans une magie alchimique, il mêle poésie, brutalité, volutes d’idées et concrétudes terriennes », quelques mots pour se plonger dans l’univers d’Antoine Wauters qui reçoit le Prix de LaScam du roman pour Haute-Folie. Découvrez à cette occasion l’éloge écrit en son honneur par le Comité ainsi qu’un entretien passionnant avec lui.

L’éloge du Comité

Antoine Wauters est l’un des auteurs les plus singuliers du paysage des lettres francophones.

Depuis une quinzaine d’années que ses textes nous parviennent, il creuse avec opiniâtreté et intégrité un sillon où dans une magie alchimique, il mêle poésie, brutalité, volutes d’idées et concrétudes terriennes.

Lire un livre d’Antoine Wauters est une expérience tant intellectuelle que physique, viscéralement immersive, où l’on endure et jouit avec les personnages des turpitudes de leurs destins, des pierres sur leurs chemins, des orages de leurs âmes et des éclats de beauté minuscules que révèle le regard d’Antoine Wauters sur leur environnement.

Haute-Folie, c’est tout ça : un homme qui marche, vivant de peu, un être qui arpente la vie en quête d’une juste place, un texte humble dans ses dimensions mais d’une valeureuse ambition dans ce qu’il donne à ressentir, mouvement perpétuel entre l’expérience sensible du monde et une forme de mysticisme païen enroulées dans une langue n’appartenant qu’à l’auteur.

Déjà récipiendaire du prix Jean Giono récompensant le talent de raconteur d’histoires d’Antoine Wauters, ce roman âpre et joli, aux accent rustiques et raffinés, confirme que les propositions les moins racoleuses détiennent le pouvoir de toucher chaque lecteur comme si elles avaient été créées pour lui.

Myriam Leroy

 


 

Antoine Wauters :

« On doit faire front commun »

 Prix LaScam du roman 2025 pour Haute-Folie, paru chez Gallimard dans la collection Blanche, Antoine Wauters donne forme aux secrets de famille et à ceux qui en portent le poids. Rencontre avec un auteur attentif aux défis du monde littéraire, traversé par la nécessité de se réinventer

Dans cette période où le monde de l’édition est bousculé par de grandes questions, Antoine Wauters se dit très honoré de recevoir un prix de LaScam : « La mise en place d’un prix, c’est une manière de dire que, dans le monde chahuté qui est le nôtre, la littérature compte. Moi, c’est comme ça que je l’interprète toujours. » L’auteur multiprimé de Mahmoud ou la montée des eaux affirme qu’un combat est à mener, ensemble : « Qu’on soit du côté des gens qui écrivent ou des passeurs de livres, on doit faire front commun et essayer de faire en sorte de sauver ce bien commun – les livres – qui touche à la culture, aux symboles, à la pensée. »

Avec Haute-Folie, paru à l’automne dernier, il signe un roman hautement poétique qui parle du poids du silence et de la transmission. Un récit mélancolique en partie inspiré par la figure de son grand-père, qui s’attache à la vie intérieure plutôt qu’aux événements : « Je ne l’ai pas souvent dit comme ça mais, pour moi, ce livre raconte l’histoire d’un orphelin : un enfant qui, au moment où il perd ses parents, meurt à son tour, et qui ensuite, par toutes sortes de moyens – la marche, la contemplation –, va essayer de se redonner la vie. Quand tu es orphelin très jeune, ça modifie complètement ton rapport au monde et à la vie à tout jamais. » Commencé en 2009, ce roman a mis 15 ans à nous parvenir, comme s’il avait fallu toutes ces années d’expérience et de maturité pour parvenir au bout de son écriture : « Je sais qu’il est en moi depuis très longtemps. C’est peut-être le livre le plus proche de ce que je suis et, sincèrement, je n’en changerais pas un mot. »

C’est aussi un récit qui porte son attention sur d’autres formes de vivant, en nommant très précisément les végétaux et les paysages traversés : « C’est pour ça que je vis à la campagne. Je m’exerce à rendre le monde plus vaste en allant regarder précisément comment poussent les arbres, les haies et les animaux qui y vivent. Ça me passionne, tout comme me passionne le fait d’écrire des histoires de marginaux. C’est comme s’il y avait une histoire officielle et que nous, à notre manière, on essayait d’éclairer ce qui n’a pas encore été raconté ou mal raconté. Mon personnage lui-même le dit. Nous, humains, ne sommes pas tout. »

Réinvention programmée

Pour l’auteur, ce roman marque la fin d’un cycle porté par une écriture musicale et poétique, et la nécessité de se réinventer : « Ce que j’ai fait jusqu’ici correspondait aussi à un état du monde de l’édition et du monde en général. J’ai écrit un certain nombre de livres de cette façon-là, qui tournent autour de ces sujets-là, dans cette langue-là, et maintenant, compte tenu de tout ce qu’il se passe et de mon évolution personnelle, j’ai envie de faire autre chose. Ça ne me déplairait pas de pouvoir écrire un bouquin plus explicitement contemporain. Le prochain roman pour lequel j’ai signé avec Gallimard sera d’ailleurs assez différent, une comédie burlesque un peu nordique – en tout cas je me suis bien amusé en l’écrivant. » D’ici là sortiront en octobre, dans la collection L’Arbalète, des Notes pour passer l’hiver : « Ce sont les pensées qu’un type dépressif – moi en l’occurrence – se martèle à longueur de journée pour tenir le coup. »

Cette période de transition se manifeste aussi par l’entrée de Wauters chez Gallimard, après dix ans de collaboration avec Verdier, que les deux co-gérantes quittaient. L’occasion de réfléchir à la suite. Pour le romancier, ce choix s’explique par plusieurs facteurs – humain, littéraire, économique : « Derrière chaque manuscrit, il n’y a pas que des blessures, des emportements et une envie de dire les choses. Il y a aussi des conditions matérielles qui font qu’un livre peut s’écrire de telle façon ou de telle autre. Dans notre vie d’auteur et d’autrice, ces choses-là comptent aussi. On en parle peu, mais c’est en train d’arriver avec cette histoire Bolloré-Grasset. On a laissé des situations de monopole s’installer. Parler ouvertement de ces questions nous permet de gagner en liberté. » Au-delà de ces aspects matériels, l’auteur liégeois se dit heureux de travailler avec Charlotte von Essen, son éditrice : « Elle m’a fait des retours extraordinaires, on a acquis un niveau de connivence et de confiance très grand. »

Cultiver l’enthousiasme

En tant qu’éditeur de la collection « iF » (L’arbre à paroles), Antoine Wauters prépare un recueil de lettres sur l’enthousiasme à paraître à l’automne. En ces temps particulièrement sombres pour le monde culturel et éditorial, il ne cache pas que son élan pour l’écriture s’en trouve parfois mis à mal : « Vu ce qu’on est en train de vivre, mon enthousiasme d’auteur s’en trouve affecté. J’ai moins envie de m’asseoir à ma table et de me battre pour faire ce que je fais. J’ai le sentiment que passer du temps à imaginer des histoires et à les raconter, c’est quelque chose qui est tellement fragilisé, marginalisé de mille manières, que je me demande parfois pourquoi on continue à s’échiner là-dessus. Peut-être est-ce en cassant mes habitudes, notamment stylistiques, que quelque chose comme une joie nouvelle peut arriver ? Je l’espère. »

Propos recueillis par Aliénor Debrocq

 

Pour aller plus loin

Chaque mois, LaScam vous invite à découvrir une nouvelle illustration signée par l’un·e de ses membres pour vous accompagner en beauté tout au long de l’année : douze créations, douze histoires et douze personnalités à rencontrer. En ce mois de juin nous remercions chaleureusement Christophe Poot pour cette illustration empreinte de tendresse caractéristique de son univers graphique et inspirée de ses recherches autour du New York des années 1900.

Trois questions à Christophe Poot

Que représente votre illustration ?

Je travaille sur un long roman graphique, « Le peigne d’écaille », qui se passe à New-York en 1901. J’accumule quantité de dessins inspirés de documents d’époque, qui me servent à densifier l’ambiance du livre et m’immerger dans cette époque passée. Cette scène d’enfant porté est assez représentative, c’est une de mes thématiques habituelles.

Pourquoi avoir choisi d’illustrer le mois de juin ?

C’est le mois de ma naissance, j’ai 55 ans cette année. J’organise le 5 et 6 juin un évènement, « Librairie Furtive », autour de petites structures d’édition. C’est aussi la date que j’ai choisie pour officialiser ma structure d’édition Nu — Tête. Depuis 2009, j’y travaille confidentiellement, j’ai décidé de m’y investir de façon plus conséquente et professionnelle.

Que peut-on vous souhaiter de mieux pour cette nouvelle année ?

Avoir une reconnaissance un peu plus étendue. Ma réputation artistique reste très peu exposée, en marge, « pour initiés ». Je propose un travail esthétique exigeant, mais plus ouvert qu’il n’y paraît. J’aimerais augmenter sensiblement mon audience. C’est une année très dense niveau travail, et cela porte ses fruits, avec plusieurs publications prévues dans les mois qui viennent.

Christophe Poot

Dessinateur / auteur né en 1971 à Bruxelles, où je vis et travaille.
Après des études à Saint-Luc, je suis actif comme membre fondateur du groupe et de la maison d’édition La Cinquième Couche. En 2007, je me consacre au dessin sous toutes ses formes, et à l’écriture.
Je fonde ensuite la structure d’édition confidentielle Nu —Tête en 2013. J’y publie Magnolia Stellata, conçu comme un livret d’opéra, et Lacunes, recueil de dessins et de textes.
Je suis l’auteur à ce jour de huit livres, dont Fovéa, publié en janvier 2026. J’expose de manière régulière à la librairie Candide.

Pour encore plus de beauté…

Rendez-vous sur le compte Instagram de l’auteur ou sur son site internet.

Le calendrier 2026 des auteurs et des autrices

Chaque année notre calendrier met en lumière 12 auteurs et autrices membres de la Scam. Auteurs et autrices, vous avez dû recevoir une version papier de notre calendrier. Si ce n’est pas le cas, écrivez-nous à l’adresse communication@scam.be et nous vous en enverrons un exemplaire avec plaisir !

En collaboration avec Passa Porta, LaScam propose une bourse de résidence de travail à ses auteurs et autrices d’œuvres littéraires au sens large : romans,  nouvelles, poésie, illustrations jeunesse, BD, romans graphiques, essais…  L’appel à candidatures est prolongé jusqu’au 15 juin 2026, il reste encore quelques places : n’attendez plus !

La résidence

Pour les auteurs et autrices de l’écrit qui souhaitent s’isoler pour travailler une œuvre littéraire en cours, LaScam met à disposition un studio privatif à Passa Porta.

Les frais de location sont à la charge de LaScam, qui verse également aux résident·es une bourse de 300 € par semaine.

Le studio est mis à disposition pour des périodes d’une semaine voire deux (du lundi midi au vendredi soir, nuits comprises) en automne.

Il est équipé d’un bureau, d’un lit, du Wifi, imprimante (sur demande), d’une salle de bain et d’un balcon. Une cuisine partagée est également accessible.

Vous hésitez encore ? Lisez le témoignage de Zoé Borbé, résidente en novembre 2023.

Attention : Les auteurs et autrices recevant cette bourse ne pourront pas réintroduire une demande pour la même bourse l’année suivante.

Conditions d’éligibilité

Vous avez accès à cette bourse si :

  • Vous êtes membre de LaScam en Belgique, qui vous a déjà versé des droits d’auteur ;
  • Vous avez écrit et/ou dessiné au moins une œuvre des répertoires couverts par cette bourse, qui a été éditée dans un cadre professionnel et déclarée à LaScam ;
  • Vous avez un projet d’une œuvre de l’écrit en cours d’écriture.

Ces conditions sont cumulatives ; elles doivent toutes être remplies au moment de la demande. Pour toute question, veuillez consulter le règlement des bourses (lien ci-dessous).

Composition et envoi du dossier

Composition

Le dossier doit comprendre (dans cet ordre) :

  • Un synopsis – 10 lignes à 1 page
  • Une note d’intention (genre et thématique, enjeux et questionnements, pistes formelles, approches et points de vue) – 2 à 3 pages
  • L’état d’avancement et justification de la demande à cette étape – 10 lignes à 1 page
  • Votre biographie et bibliographie sélective, avec des liens vers les œuvres précédentes – 10 lignes à 1 page
  • Un extrait représentatif (texte, illustration ou planche) – 2 pages

Il doit être constitué d’un seul fichier pdf de 7 pages maximum.

Envoi

Les dossiers doivent être envoyés en un seul document pdf portant le nom de l’auteur ou autrice, via le formulaire en ligne sur votre Espace Membre, accessible avec vos codes auteur, d’ici au 15 juin 2026.

NB : les dossiers incomplets ou ne remplissant pas les critères d’éligibilité ne pourront pas être considérés comme recevables ni transmis au Comité qui attribue les bourses. Nous vous invitons à consulter le Règlement des bourses.

Calendrier

. Les dossiers doivent être envoyés au plus tard le 15 juin 2026.
. Une réponse sera apportée à chaque candidat.e dans un délai de 6 semaines à partir de la clôture des candidatures. Si votre demande est acceptée, notre équipe déterminera avec vous votre créneau de résidence, en fonction de vos possibilités et des disponibilités.
. Les résidences d’une semaine ont lieu entre début septembre et mi-décembre 2026.

Contact et info

Pour toute question, écrivez-nous à l’adresse actionculturelle@scam.be.

« Inutile d’enfermer Caroline Lamarche dans une case, ce serait faire offense à son talent intrépide et singulier, terriblement instinctif et surtout, jamais là où on l’attend. » quelques mots pour se plonger dans l’univers de Caroline Lamarche qui reçoit le Prix Commun LaScam x SACD 2025 pour l’ensemble de son œuvre. Découvrez à cette occasion l’éloge écrit en son honneur par le Comité ainsi qu’un entretien passionnant avec elle.

 

Nombre d’auteurs et autrices étant membres de nos deux sociétés et traversant nos différents répertoires, la SACD et LaScam se joignent comme chaque année pour décerner un prix commun. Les frontières entre fiction et documentaire, entre littérature et théâtre sont poreuses. Les formes d’art se nourrissent les unes des autres et l’autrice que nous honorons cette année nous le prouve bien. Ce prix commun est aussi une manière de saluer la collaboration de la SACD et de LaScam eau sein de la MEDAA, notre maison à toutes et tous.

L’éloge du Comité

Si le nom de Caroline Lamarche vient d’être particulièrement mis en lumière avec sa présence dans la liste des finalistes du Prix Goncourt, un grand nombre de lecteur·ices belges n’ont pas attendu qu’y figure son dernier livre pour la découvrir. Comment exprimer le parcours remarquable d’une autrice qui déploie son style partout où la littérature se fraie une voie ? Romans, nouvelles, poèmes, littérature jeunesse, pièces radiophoniques, textes pour la scène, chroniques de presse, il semble que rien ne puisse échapper à sa plume, qui n’aime rien tant qu’observer les vivant·es et le vivant. Mais inutile d’enfermer Caroline Lamarche dans une case, ce serait faire offense à son talent intrépide et singulier, terriblement instinctif et surtout, jamais là où on l’attend.

Les Comités belges de la SACD et de LaScam sont très fiers de célébrer l’autrice dont le parcours illustre à merveille la définition de ce Prix commun, tant sa carrière est faite d’entrelacements des genres et des formes artistiques. En lui  décernant ce prix ce sont tous nos répertoires qui sont mis en lumière ; une lumière qui a particulièrement brillé cette année.

En 2025, Caroline Lamarche a ainsi été artiste associée au Théâtre National, elle a collaboré aux spectacles Les Enfants de la vallée de Mathias Simons et Hamlet adapté par Christophe Sermet qui a reçu le Prix Maeterlinck de la critique 2025 et a coorganisé avec Joelle Sambi « Les Mots à Défendre », deux week-ends de création littéraire, hybride, poétique et engagé.

C’est avec beaucoup de respect et d’amitié que les membres des Comités belges lui rendent hommage et saluent son talent et son engagement.

Marie Lemeland, Emmanuel Texeraud et Anne Vanweddingen

 


 

Caroline Lamarche, une voix plurielle.

Depuis Le Jour du chien (Minuit1996, prix Rossel), Caroline Lamarche façonne une œuvre plurielle, émancipatrice et remarquée (e.a. prix Goncourt de la Nouvelle en 2019 pour Nous sommes à la lisière, Gallimard). La matière personnelle y trouve écho dans la vigueur et la fragilité du vivant, les rêves y deviennent des clés, les fantômes y ont leur place, comme dans Le Bel Obscur (Seuil, 2025, finaliste du Goncourt).

Fine lectrice et cinéphile, attentive à la scène théâtrale contemporaine, Caroline Lamarche a été autrice associée du Théâtre National pendant quatre ans comme co-programmatrice avec Joëlle Sambi du festival MàD (Les Mots à Défendre) et chroniqueuse de spectacles. Elle a également collaboré à l’adaptation d’Hamlet dans sa mise en scène par Christophe Sermet (2024) et certains de ses propres textes ont été portés par des comédien.ne.s.

Sa façon d’avoir autant d’attrait pour la page que pour la scène la voit cette année récompensée par le prix croisé SACD x LaScam Belgique.

Rencontre avec Anne-Lise Remacle

Comment le théâtre vient-il nourrir ton écriture romanesque et tes autres formes d’écriture ?

Caroline Lamarche : A Paris, où travaillait mon père, nous avions un abonnement à la Comédie française et j’ai aussi vu des pièces aux Bouffes du Nord. J’ai lu avec passion Jon Fosse et Sarah Kane lorsque j’étais en résidence en Avignon en 2005 avec un projet de pièce qui a débouché sur Sanguine, une fiction radiophonique pour France-Culture suivie d’une mise en scène en Belgique par le Groupe Sanguin.

Le théâtre, peut-être particulièrement en Belgique, est inventif et politique. Non seulement le Kunsten Festival des Arts mais aussi tous les spectacles que j’ai vus durant des années et particulièrement pendant les quatre ans où j’ai été artiste associée au Théâtre National. J’adore le public au théâtre. Il y a une communion, un « nous ».

Ce sentiment de compagnonnage, est-ce aussi ce qui t’a portée quand tu as collaboré avec Christophe Sermet ou bien comme co-programmatrice des Mots à défendre ?

Caroline Lamarche : J’ai toujours travaillé avec d’autres artistes. J’apprécie de longue date le travail de Christophe Sermet. C’est lui qui m’a proposé de co-adapter Hamlet. Il voulait rendre le texte plus accessible tout en conservant la richesse de la la langue de Shakespeare. Il m’envoyait acte par acte ce qu’il avait élagué et une traduction rapide. Moi je repartais du texte anglais tout en restant fidèle à l’esprit de l’adaptation. Je suis un caméléon, je prends avec joie la couleur d’autrui. À force de voir des spectacles je pense avoir développé par ailleurs un certain sens dramaturgique. J’ai ainsi pu faire des propositions pour Les enfants de la vallée, monté par les Ateliers de la colline. Pour les Mots à défendre j’ai senti Pierre Thys, Silvia Botella et l’équipe du Théâtre National à nos côtés, Joëlle et moi, tout du long. Ça m’a permis de donner à entendre des textes que j’aime comme L’engravement d’Eva Kavian (La Contre-Allée) avec Anne-Sophie Sterck ou de proposer des soirées hybrides et engagées avec le collectif Douche Flux ou avec l’écrivain David Van Reybrouck et les victimes des inondations de 2021.

Souhaiterais-tu voir certains de tes textes portés à la scène ?

Caroline Lamarche : Bien sûr ! La beauté et la force d’une écriture se révèlent par la voix et le corps. Des programmes comme les Mots à Défendre au Théâtre National, Corps de texte à Liège ou ce que proposent la Compagnie Albertine de Geneviève Damas ou les Midis de la Poésie devraient rester pérennes et se développer. Une de mes plus belles expériences autour du Bel Obscur est d’avoir été invitée dans le cadre du festival Lis-moi tout initié par Emmanuel De Coninck (Atelier théâtral Jean Vilar). Il avait proposé à Stéphanie Van Vyve de faire travailler ses étudiants sur des extraits de mon livre choisis et montés pour une lecture de 45 minutes. Voir et entendre des jeunes à ce point inspirés par mon écriture, c’était magnifique. J’ai vécu d’autres belles expériences, comme l’interprétation à Avignon, par Dominique Blanc, de La mémoire de l’air, au Théâtre National de Cher Instant je te vois par Isabelle Abreu, et je me réjouis d’entendre cet été Anne Alvaro lire Le Bel Obscur.

Quel lien particulier entretiens-tu avec les comédien·nes ?

Caroline Lamarche : À mes yeux, ce sont les meilleurs lecteurice à force de scruter le texte au plus près, de l’incarner, littéralement. Leur intérêt me donne parfois envie d’écrire ou de réécrire. Ainsi j’ai d’abord écrit Frou-Frou (ndlr : une nouvelle du recueil Nous sommes à la lisière) avec un personnage féminin dans une première version lue au festival Voix de Femmes, puis Isabelle Wéry et Geneviève Damas m’ont fait le cadeau d’une lecture, toujours au féminin. Mais c’est après avoir vu jouer Gaëtan Lejeune au Public que j’ai finalisé ce texte. Sa singularité et sa présence m’ont incitée à faire du protagoniste un homme. Ensuite lui-même s’est emparé de Frou-Frou pour le porter à la scène. Quant à La mémoire de l’air, qui évoque un viol et la question de l’emprise, c’est Magali Pinglaut qui m’avait encouragée à écrire sur ce sujet. Laurence Vielle, de son côté, m’a convaincue de lire en public le très personnel Poème tenu secret écrit il y a trente ans et qui s’est révélé la matrice de mon dernier roman.

Dans Le Bel Obscur, ta narratrice se voit contrainte de nager à contre-courant. Est-ce que ça t’est également arrivé, au cours de ta trajectoire littéraire ?

Caroline Lamarche : J’écris par nécessité, sans savoir où je vais. On m’a souvent reproché d’être éclectique et on m’a conseillé de ne pas écrire de nouvelles parce que ça ne se vendrait pas. Si j’avais été japonaise, anglo-saxonne, hispanophone, allemande, j’aurais eu davantage de retentissement avec ce que je n’ai, à vrai dire, jamais cessé de pratiquer, à savoir la forme brève. Quant aux sujets que je traite, La nuit l’après-midi, Carnets d’une soumise de province, Mira ont pu choquer ou surprendre. La mémoire de l’air a été écrit avant MeToo et redécouvert après et traduit en plusieurs langues. Le Bel Obscur a soulevé un angle mort : on n’avait jamais évoqué en littérature l’autre côté du placard, à savoir les effets collatéraux de l’homophobie sur les conjoints, les familles.

En écho aux fluctuations de son couple la narratrice de ton roman cherche à donner du sens aux traces éparses d’Edmond, un ancêtre énigmatique. Comment expliques-tu le regain d’attention actuel pour les archives ? Est-ce l’idée de redonner voix à ceux à qui elle avait été confisquée ?

Caroline Lamarche : Sans doute car c’est une des missions de l’art, mais le goût actuel pour l’archive me semble aussi venir de l’intérêt pour les leçons du passé. On vit une époque où le présent est fragile et où l’avenir bute contre la possibilité d’extinctions massives et de catastrophes climatiques. Les morts nous permettent d’ouvrir des dimensions de nous-mêmes insoupçonnées et, en retour, nos textes leur rendent vie. Je me sens à la fois une âme d’archiviste et de medium capable d’entrer en communication avec les disparus. L’intensité d’un tel travail peut déboucher, je crois, sur des intuitions valables pour notre temps.

 

Pour aller plus loin

. Découvrir l’ensemble du Palmarès 2025

. Découvrir le site de l’autrice

Le programme Regards sur les Docs propose un accompagnement sur projet de cinéma du réel pour 5 auteur·ices belges francophones de 1er, 2ème ou 3ème film.
Deux d’entre elleux bénéficieront également de bourses d’aide à l’écriture attribuées à la suite d’une présentation publique des projets devant un parterre de professionnel·les belges et internationaux.

Regards sur les Docs

CONDITIONS DE PARTICIPATION

Le programme s’adresse à des auteur·ices en écriture avancée sur leur projet.
*Le projet : est un projet de 1er, 2ème ou 3ème film documentaire soumis à un stade avancé d’écriture / développement
**L’auteur·ice : est une personne physique résidant en Belgique
À NOTER : les projets* peuvent être déposés même si leurs auteur·ices n’ont pas encore de structure de production associée au projet.

CRITÈRE DE SÉLECTION

Les projets de films documentaires sélectionnés proposent un point de vue documenté et cinématographique. Ils témoignent de la capacité des auteur·ices à mettre en place une écriture qui mobilise le·a (futur·e) spectateur·ice et lui ouvre des espaces de réflexion.
Le programme Regards sur les docs vient souligner la qualité du travail déjà accompli par leurs auteur·ices et leur offre un élan supplémentaire pour poursuivre le développement du projet. Il s’adresse spécifiquement aux auteur·ices belges francophones ayant déjà avancé sur l’écriture de leur projet.
En raison du nombre important de candidatures reçues le comité de sélection accordera une attention particulière aux projets n’ayant pas encore été présentés publiquement, sans que ce soit excluant.

APPORT DU PROGRAMME AUX PROJETS

  • Un comité de sélection mis en place par la structure organisatrice sélectionne 5 projets parmi les dossiers reçus.
  • Les auteur·ices sélectionné·es bénéficient d’un accompagnement personnalisé avec un expert (Amir Borenstein) : une journée de formation en groupe + un rendez-vous individuel en amont à la présentation publique des projets.
  • Les auteur·ices sélectionné·es présentent leur projet devant une assemblée composée de professionnel·les de l’audiovisuel belges et internationaux (producteur·ices / diffuseur·ses …).
  • Les auteur·ices sélectionné·es bénéficient de rencontres individuelles avec les professionnel.les invité·es lors de la journée de présentation (années antérieures : les représentant·es de Cannes Doc, ARTE France, Tënk, Eurodoc etc.) coaching personnalisé avec un expert (Amir Borenstein)
  • Deux projets reçoivent, en plus, une bourse d’aide à l’écriture attribuées par un jury indépendant

CALENDRIER

  • 22 juillet 2026 : date limite de dépôt des candidatures (22/07 inclus)
  • 1er septembre 2026 : annonce des projets sélectionnés
  • lundi 14 septembre 2026 : journée d’accompagnement collectif des projets sélectionnés
  • jeudi 1er octobre 2026 : présentation publique des projets (matin) + rencontres individuelles entre auteur·ices et professionnel·les et remise des prix (après-midi)

PARTENAIRES & PRIX

La participation à Regards sur les docs comprend un accompagnement personnalisé pour 5 personnes, ainsi que 2 bourses : l’une de 2.500€ dotée par LaScam Belgique, et l’autre de 1.000€, doté directement par l’association fondatrice du programme, LPC.
Créée par et pour les auteur·ices, LaScam Belgique (Société civile des auteur·ices multimédia) les accompagne tout au long de leur parcours. Elle gère leurs droits (pour leurs oeuvres littéraires et documentaires), leur assure un soutien professionnel et leur propose des actions culturelles et de promotion de leurs oeuvres.
L’association LPC est une structure de programmation et un pôle ressource pour le cinéma du réel. Elle oeuvre au développement des publics du cinéma du réel, principalement belge francophone, et à la mise en réseau des professionnel·les du secteur via différentes activités mises en place tout au long de l’année : festival En ville !, formations, Regards sur les docs, rencontres professionnelles et master classes, projections de films contemporains et de patrimoine.

MODALITÉS DE DÉPÔT DES DOSSIERS

Phase de sélection, modalité de dépôt des dossiers et toutes les informations se trouvent rassemblées ici :

> accéder à l’appel à candidatures

RENSEIGNEMENTS COMPLÉMENTAIRES

Les auteur·ices souhaitant soumettre un projet peuvent contacter l’asbl LPC – Regards sur les docs pour s’assurer de la recevabilité de leur dossier :
Pauline David / contact@festivalenville.be / 02 538 17 57
www.festivalenville.be
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Les auteur·ices sélectionné.es par le programme Regards sur les docs s’engagent à mentionner ce programme parmi les partenaires de leur projet, ainsi qu’au générique du film pour lequel iels ont reçu ce soutien. Les lauréat·es des prix ajouteront également la mention du Prix reçu.
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L’appel à projets Regards sur les docs est une initiative de l’asbl LPC, en collaboration avec la Scam Belgique. Avec le soutien de la Cocof et de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Roulements de tambour… le Comité belge de LaScam a attribué ses Prix 2025 ! Des œuvres formidables, des parcours admirables sont récompensés, ainsi qu’une Âme sœur qui nous accompagne, et c’est avec autant de bonheur que de fierté que nous vous dévoilons ce magnifique palmarès. Un tonnerre d’applaudissements pour les lauréats et lauréates de ces Prix, à découvrir sans plus attendre !

Le Palmarès

La particularité de ces prix est qu’ils sont attribués par des auteurs et des autrices (celles et ceux qui forment le Comité belge de LaScam, élu·es par l’ensemble des membres pour les représenter), et voici leurs coups de cœur de l’année :

  • Prix de LaScam du roman : Antoine Wauters pour Haute-Folie
  • Prix de LaScam de la BD : Justine Sow pour Wax Paradoxe
  • Prix de LaScam du Parcours audiovisuel : Eve Duchemin
  • Prix de LaScam du documentaire audiovisuel : Raphaël Kaddour pour Buda
  • Prix de LaScam du documentaire sonore : Virginie Gardin pour Les Onches
  • Prix de LaScam des Écritures émergentes : Inès Rabadán, pour Celleux qui respirent dans la nuit (co-créé avec Leslie Astier)
  • Âme sœur de LaScam : Thierry Bellefroid
  • Prix commun de LaScam et de la SACD : Caroline Lamarche

Voir la publication consacrée aux lauréates et lauréats de Prix de LaScam 2025.

L’édito de Pascaline David, Présidente du Comité belge de la Scam

Si LaScam a son siège en France, son territoire francophone rayonne en réalité de plus en plus à partir de deux de ses capitales : Bruxelles et Paris. Et ainsi les talents de LaScam se jouent-ils des frontières francophones.

Pensons à Caroline Lamarche présente dans le carré final du Prix Goncourt après avoir remporté celui de la nouvelle, ou à Antoine Wauters qui selon le magazine Lire est à l’origine d’une des œuvres les plus remarquables en littérature contemporaine. Pensons aussi à Justine Sow, poussée par le Musée de l’Homme à Paris afin de se lancer dans le projet Wax Paradoxe, merveilleuse bande dessinée sur l’héritage familial dont elle a esquissé la plupart des planches dans le cadre de l’atelier BD de l’École supérieure des Arts Saint Luc de Bruxelles. De même, Ève Duchemin, cinéaste portraitiste française venue étudier à l’INSAS dont le remarquable parcours de documentariste a décollé depuis la Belgique. Et qu’en sera-t-il de la carrière de Raphaël Kaddour, fraîchement diplômé de l’IAD qui nous a offert le très sobre mais émouvant Buda ?

On ne peut être qu’ébloui·e par ces œuvres issues d’un territoire francophone de plus en plus proche sinon unifié. Un enchantement défendu par Thierry Bellefroid à la RTBF. Certaines créations ont la grâce. Tout de suite reconnaissables. Ce trait sûr. Un point de vue ferme. Un ton où rien ne flotte. Cette façon de dire le monde qui nous entoure et le déplace. Et c’est là notre joie, la vibration d’une présence mise en ondes, par exemple, par Inès Rabadán ou Virginie Gardin.

Ces voix nous les avons croisées au hasard de nos lectures, soirées de projections, heures d’écoute, échanges entre membres du Comité belge (auteurs, autrices, faites-nous envoyer vos services de presse !), ou elles nous ont été soufflées à l’oreille. Des œuvres intimes, politiques ou philosophiques. Des œuvres racontées à partir du réel. Un bureau. Un recypark. Une terre nue de labour. Le quartier d’une ville. Une ferme haute imaginaire. Un jardin. De ces endroits reconnaissables, aux quotidiens habités. Ceux-là ont été saisis d’un coup de crayon, à la pointe de la plume, depuis la bonnette d’un micro ou l’œil de la caméra.

Les voici donc ces lauréats et lauréates qui nous ont emmené·es à leur suite vers un ailleurs, un jour fragile ou fabuleux qui nous interroge, parfois nous révèle à nous-même. Regardez, ce monde, c’est le nôtre. Le vôtre. Le leur.

Félicitations !

Pascaline David, Présidente du Comité belge de LaScam.

Et les auteurs et autrices membres du Comité :

  • Muriel Alliot, sonore – Vice-Présidente
  • Fabienne Blanchut, littérature
  • Pauline Beugnies, audiovisuel
  • Sylvia Botella, formes émergentes
  • Coline Grando, audiovisuel
  • Ihsane Haouach, littérature
  • Jasna Krajinovic, audiovisuel – Vice-Présidente
  • Marie Lemeland, littérature
  • Chedia Le Roij, sonore
  • Myriam Leroy, littérature
  • Alexe Poukine, audiovisuel
  • Mathieu Volpe, audiovisuel

C’est le grand retour du Prix littéraire Grenades, qui pour cette quatrième édition, toujours avec partenariat avec LaScam, sera cette année centré sur le polar et le thriller ! Lire, regarder, entendre, admirer les œuvres pensées et créées par des femmes permet de nourrir nos imaginaires d’autres points de vue pour construire une société plus égalitaire, et c’est ce que vise le Prix littéraire Grenades, que LaScam est fière de doter.

La marraine de cette édition

Maryam Kolly est sociologue, enseignante-chercheuse à l’École de Recherche Graphique (ERG) et l’UCL Bruxelles. Elle est la directrice de publication de l’ouvrage collectif HERstory, qui a remporté le précédent prix littéraire Grenades, et nous fait l’honneur de marrainer cette quatrième édition. Elle remettra son propre prix coup de cœur à l’une des autrices.

Cahier des charges 2026

1. Description des prix

  • Prix du Jury – 750 €
  • Prix coup de cœur de la marraine – 500 €

2. Autrices admissibles

Pour être admissibles, les autrices doivent avoir publié leur ouvrage en Fédération Wallone-Buxelles et répondre à l’un des deux critères suivants :

– être nées en Wallonie ou à Bruxelles, qu’elles y habitent encore ou non

– ou être nées ailleurs mais doivent habiter en Wallonie ou à Bruxelles.

Un ouvrage co-écrit avec un homme est également éligible.

3. Œuvres admissibles

Pour le Prix du Jury :

Les ouvrages écrits en français, parus et à paraître entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026 chez un·e éditeur·ice agréé·e, chez un·e éditeur·ice non agréé·e ou encore, à compte d’autrice, qui entrent dans les genres littéraires 2026.

Pour le Prix de la marraine :

Les ouvrages écrits en français, parus et à paraître entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026 chez un·e éditeur·ice agréé·e, chez un·e éditeur·ice non agré·e ou encore, à compte d’autrice, qui entrent dans les genres littéraires 2026.

4. Pré-sélection

Les Grenades procèderont à une pré-sélection de 10 ouvrages.

La recherche des ouvrages admissibles s’effectue à partir des sources suivantes :

– catalogues de nouveautés des éditeur·ices

– catalogues des librairies et des groupements de libraires

– répertoires de la FWB

– articles de presse

– les éditeur·ices et autrices sont encouragé·es à nous informer de la (pré) parution d’ouvrages admissibles par mail à l’adresse lesgrenades@rtbf.be – objet : Ouvrage admissible, avant le 30 juin 2026 inclus.

5. Composition du jury et responsabilités

  • Prix GrenadesxLaScam : une chroniqueuse littéraire des Grenades, deux membres de LaScam, une travailleuse active dans le secteur de la culture.
  • Prix de la Marraine : Maryam Kolly

Responsabilité des juré·es :

  • Pré-sélection : le·a juré·e pourra préparer une proposition d’ouvrages pouvant être retenu pour la pré-selection. Cette liste sera remise aux Grenades une semaine avant la définition de la liste établissant les 10 ouvrages sélectionnés (avant le 24 juin).
  • Sélection : le·a juré·e doit lire les ouvrages qui lui sont transmis. La période de lecture des juré·es va de juillet à octobre 2026. Pour chaque livre reçu et lu, le·a juré·e doit compléter une grille de lecture suivant les critères d’évaluation.

6. Critères d’évaluation

  • Les récits seront jugés sur la place qu’ils laissent aux femmes, à la question du genre et de l’orientation sexuelle, sur l’originalité, et refléteront donc la diversité.
  • Le récit pourra donc proposer de nouveaux rôles modèles féminins que ceux généralement attendus étant donné nos biais sociétaux (ex : personnages aux professions genrées, arc narratif évoluant sur des réflexions des personnages attendues de par leur genre…), dans, par exemple, des domaines où les femmes sont minoritaires.
  • Le récit sera jugé sur la qualité de l’écriture, l’émotion suscitée et l’accessibilité du propos.
  • Le récit sera jugé sur le développement original et documenté de la thématique abordée.

7. Calendrier

30 juin : deadline référencement ouvrages et réception des titres

Eté : pré-sélection définitive des 10 ouvrages

Automne : réunions du jury

Hiver : cérémonie de remise des prix

Pour la 6ᵉ fois en Belgique francophone, les Midis poésie organisent l’unique marché et festival de poésie de Bruxelles, Poetik Bazar, qui fera vibrer les Halles de Schaerbeek en septembre 2026. En guise d’avant-goût, LaScam vous invite à un Apéro Poésie en partenariat avec les Midis Poésie, pour mettre en lumière la vitalité de la scène poétique actuelle. Une séance à ne pas manquer !

Au programme : des lectures et performances avec les auteurices Zephyr, Amélie Derlon Cordina, Skandar et Meryem Alqamar.

Zephyr

Avec des extraits de Pour mieux lécher les flammes, paru à Ravages éditions, en février 2026.

Amélie Derlon Cordina

Pour lire un extrait de Petit Roman, paru aux éditions Pauline Arsène en janvier 2026.

Skandar

Pour lire des extraits de King Kong en marcel blanc, paru aux éditions 10 pages au carré en décembre 2025.

Meryem Alqamar

Avec des extraits de La Vie Soignée, paru aux éditions du commun en mai 2026.

Le Poetik Bazar

Aux Halles de Schaerbeek les 18, 19 et 20 septembre 2026, plus de 130 éditeur·ices, créateur·ices et illustrateur·ices, venu·es de Belgique et d’ailleurs, se rassemblent pour célébrer la poésie sous toutes ses formes : livres, revues, micro-éditions, illustrations et objets poétiques inattendus.

En pratique

L’Apéro Poésie aura lieu le jeudi 4 juin à 19h à la MEDAA (rue du Prince royal 87), et se clôturera vers 21h.

La séance est gratuite et ouverte à toutes et tous, mais la réservation est requise.

Chaque mois, LaScam vous invite à découvrir une nouvelle illustration signée par l’un·e de ses membres pour vous accompagner en beauté tout au long de l’année : douze créations, douze histoires et douze personnalités à rencontrer. En ce mois de mai nous remercions chaleureusement Pauline Gillet pour sa magnifique peinture aux couleurs éclatantes et lumineuses.

Trois questions à Pauline Gillet

Que représente votre illustration ?

C’est une peinture à l’huile que j’ai réalisée il y a déjà quelque temps. On y distingue un corps, un espace, des vases, mais ce sont surtout les couleurs qui me plaisent. Les jaunes sont lumineux, avec quelque chose de frais, mais aussi d’éclatant. J’aime aussi qu’on ne comprenne pas tout de suite ce que c’est. Et elle me rappelle que la peinture me manque !

Pourquoi avoir choisi d’illustrer le mois de mai ?

J’ai choisi ce mois parce que ces jaunes lumineux me font penser aux journées de mai qui s’allongent, quand le soleil revient enfin un peu et recommence à chauffer. C’est aussi le mois de mon anniversaire, et Bruxelles y est magnifique, alors je l’aime vraiment bien ce mois !

Que peut-on vous souhaiter de mieux pour cette nouvelle année ?

Je souhaite que les artistes puissent continuer à créer dans des conditions respectueuses et que notre travail soit pleinement reconnu. Ce sont des conditions dont j’ai besoin pour que mon désir de créer puisse exister.

Pauline Gillet

Pauline Gillet est une artiste visuelle formée à l’ESA Saint-Luc à Bruxelles, où elle se spécialise d’abord en illustration puis en bande dessinée. Son travail s’articule autour de la gravure, de l’image imprimée et des formes narratives, qu’elle réalise à la fois dans des projets personnels que dans des collaborations éditoriales (CQFD, La Revue Z, Axelle,…). Elle expose régulièrement son travail, notamment ses gravures, avec les séries Foules et Free I.
Son univers est à la fois étrange et délicat et, sans les dévoiler entièrement, elle nous laisse deviner des instants figés, des histoires qu’elle nous invite à compléter.

Pour encore plus de beauté…

Rendez-vous sur le compte Instagram de l’autrice.

Le calendrier 2026 des auteurs et des autrices

Chaque année notre calendrier met en lumière 12 auteurs et autrices membres de la Scam. Auteurs et autrices, vous avez dû recevoir une version papier de notre calendrier. Si ce n’est pas le cas, écrivez-nous à l’adresse communication@scam.be et nous vous en enverrons un exemplaire avec plaisir !

Les soirées Chair poétique sont autant de moments uniques où la poésie prend vie sous des formes inédites. Animées par la poétesse Elya Verdal, ces rencontres célèbrent la poésie comme un art accessible à tous et toutes, un moyen de communication intime, de cœur à cœur, de corps à corps, de cœur à corps. Elya Verdal voit la poésie comme un langage souple et libre, un fluide organique qui traverse la parole, la chair et l’esprit. Au programme cette fois : une édition spéciale entre les arts brodés et la poésie, précédée d’un atelier autour de la thématique Recoudre la nuit — héritages féminins, transmission et mémoire des corps, dans le cadre du festival Matrimiel. Des places sont réservées aux membres de LaScam.

L’Atelier d’écriture

En prélude à la Chair Poétique, une atelier d’écriture sera animé par l’autrice Laura Schlichter.

À partir de la matière textile, des gestes et des mots recueillis durant les journées du festival, les participant·es vont écrire, explorer, travailler leur texte, autour de la transmission, du rapport aux aînées, de matrimoine.

Laura Schlichter les accompagnera tout au long de l’atelier pour qu’ils et elles puissent restituer leur texte en public le soir même : lecture, slam, performance — selon leur voix et leur forme.

Dans l’espace de l’atelier sera exposée une pièce d’exception qui pourra servir de point de départ : une jupe patchwork assemblée par l’artiste textile Sandrine Torredemer à l’attention d’Audrey Demarre, curatrice de l’anthologie Broderies : Anthologie curieuse (La Martinière, 2024), à partir de dons de tissus brodés.

Cet atelier aura lieu au SAFFCA (17 Abbaye de la Cambre Ixelles) de 13h30 à 16h30.

Six places sont réservées à des membres de LaScam : pour y participer, écrivez à l’adresse matrimiel@hotmail.com. 

La Chair Poétique

La journée se terminera en beauté par une Chair Poétique édition spéciale entre les arts brodés et la poésie.
Audrey Demarre y présentera son  Anthologie curieuse- Broderies, un ouvrage de toute beauté, et Elya verdal animera un échange avec Sandrine Torredemer (citée dans l’anthologie) et Laura Schlichter sur les liens tissés entre la transmission intergénérationnelle et les formes poétiques.

Les personnes ayant participé à l’atelier le jour même proposeront une restitution des textes écrit à cette occasion.

Olivier Terwagne accompagnera la soirée en musique.

Le Festival Matrimiel

Le Festival Matrimiel célèbre les savoirs traditionnels portés par des femmes aînées. Créé et porté par Elya Verdal, soutenu par SAFFCA et la Fondation Blan à Ixelles, il est né d’une histoire familiale et d’un constat qui résonne largement : nos mères prennent de l’âge, nos grand-mères s’en vont, et avec elles peuvent s’éteindre des gestes ancestraux que les nouvelles générations ont rarement eu l’occasion d’apprendre. Ce festival réinvestit un espace des possibles où la transmission redevient vivante.

Au programme : des ateliers pratiques dirigés par des grand-mères (pain, broderie, crochet, plantes médicinales, cuisine végétarienne), des ateliers de réconciliation humaniste ou cercles de parole pour évoquer les ruptures de communication familiales et explorer des possibilités de réconciliation, trois spectacles interrogeant les lignées féminines et les filiations complexes, ainsi que deux conférences sur la transmission culturelle. Le festival propose également un atelier de mentorat inversé où des jeunes accompagnent les aînées dans l’univers digital, ainsi qu’un atelier pour petites filles autour de la conscience du corps. Le tout dans une scénographie pensée comme un modèle vivant d’organisation sociale où les aînées sont au centre et où les savoirs historiquement invisibilisés et oralisés structurent l’espace commun.

Pour aller plus loin