2024 aura été décidément l’année qui aura amené bien des changements majeurs auxquels nous sommes désormais confrontés, avec un sentiment d’accélération rare : une année creuset ou une année matricielle.

Pourquoi avez-vous voté 2024 ?

Nous ne sommes pas indiscrets, nous ne cherchons pas à savoir pour qui vous avez voté !
Par contre, nous pensons savoir, qu’en tant qu’auteur ou autrice, vous avez été soucieux·ses des positions que les différents partis politiques pouvaient défendre en matière de politiques artistiques et culturelles, de médias, de politique sociale et fiscale (WITA) avant de faire devoir démocratique.

C’est pourquoi, nous sommes fier·es et d’avoir organisé LE grand débat « culturel » de la campagne, à la MEDAA, quelques jours avant le 9 juin, avec des représentant·es de tous les partis, dont les interventions fort bien préparées ont marqué ces sujets.
Vous en trouverez la synthèse ici.

Leurs convergences comme leurs divergences ont pu être mises en lumière, notamment sur l’importance de préserver les acquis sociaux et fiscaux de WITA, la nécessaire revalorisation du travail artistique face à des précarités inacceptables et spécialement dans le domaine des Ecritures et du Livre, l’importance pour la création belge francophone des missions de service public de la RTBF, et l’urgente régulation de l’IA

Tout cela a été mis à disposition de nos membres (et publiquement) avant le vote, leur permettant de disposer d’une information complète, claire, objective quant à ces matières peu évoquées par ailleurs.

Comment avions-nous préparé ces élections majeures ?

Très en amont de cet évènement et des élections, le Comité belge avait adopté une plateforme de revendications dès l’été 2023, travaillé à un mémorandum commun avec les organisations syndicales (ici), contribué activement aux travaux du Conseil Supérieur de la Culture (ici).

Ces divers éléments d’analyse, accompagnés de propositions précises, ont été ensuite soumis aux différents partis afin d’irriguer leurs réflexions et préciser leurs engagements de campagne pour la future législature. Formidable travail démocratique nécessaire et motivant pour lequel nous avons toujours été accueilli·es avec intérêt et empathie !

Trop souvent les activités et les réalités de terrain des auteurs et autrices sont méconnues. Il est nécessaire et pertinent de les exposer et de les associer à des propositions concrètes qui aident les responsables publics à formuler leurs politiques et leurs décisions.

Ce travail n’est jamais inutile. Il produit des effets concrets.

Pour quels résultats concrets ?

Les effets de ce vaste travail peuvent se lire dans les « déclarations de politique ». Il s’agit des feuilles de route (parfois très détaillées) des différents majorités négociées et de leurs gouvernements respectifs, les points d’attention, les objectifs.

Quatre sont établies désormais et disponibles ci-dessous, sans compter celles des nombreuses provinces, villes et communes dont les nouvelles majorités se sont constituées après le vote d’octobre.

La plus directement en lien avec les domaines artistiques et culturels et avec les médias :

Mais aussi, au niveau régional (manque Bruxelles) et fédéral :

Plusieurs points d’attention et propositions que nous avions formulées, souvent avec nos partenaires, se retrouvent bien dans ces déclarations :

  • La revalorisation significative des bourses aux auteurs et autrices de livre
  • La nécessité de réguler sérieusement et d’accompagner intensivement par de la formation l’arrivée de l’IA générative avec un « Plan numérique global »
  • L’importance accrue que la RTBF devra porter à la mise en valeur de vos créations et de vos talents et à la mise en place d’un cadre individuel et collectif de travail équitable, dument négocié, pour les travailleurs et travailleuses freelances
  • La défense des cadres légaux européens et belges contre les attaques des GAFAM en matière de droits d’auteur et protection de la de diversité culturelle
  • La préservation des acquis sociaux et fiscaux de WITA
  • Une meilleure diffusion des créations en arts de la scène et en livre, en priorité via les centres culturels et les bibliothèques

Nous veillerons cependant à ce que tous les engagements politiques se mettent en place.

Comment allons-nous poursuivre nos actions dans les semaines et mois à venir ?
Faut-il lancer des projets nouveaux ?

L’ensemble des restrictions prises par le gouvernement Arizona inquiétant fortement la communauté des auteurs et autrices, nous souhaitons continuer à nous mobiliser. Et à vous mobiliser aussi, pour que se réalisent nos priorités car elles touchent toutes à des urgences pour nos membres. 

Concrètement, pas moins de 40 activités sont déjà programmées pour les 18 prochains mois. Négociations, ateliers, formations, présences à vos côtés dans les festivals et lieux artistiques… suivez notre calendrier sur notre agenda en ligne.

Voici, en ce début 2025 nos principales réalisations et nos champs d’action pour les mois à venir :

Pour nos auteurs et autrices de l’audiovisuel :

  • Nous avons conclu l’an passé de nouveaux accords de rémunération satisfaisants avec la RTBF et la VRT, ainsi qu’avec DIGI le nouveau distributeur. 
  • Nous menons, en Belgique, des négociations à présent avec la RTBF et RTL.
  • Nous avons récolté et réparti les droits contractuellement prévus auprès de tous les autres radiodiffuseurs et opérateurs audiovisuels, en ce compris les grandes plateformes et réseaux. Aujourd’hui, la Scam collecte et vous retourne vos rémunérations selon l’exploitation de vos œuvres auprès d’une centaine d’opérateurs (français et belges) différents et via des accords de représentation dans 27 pays. Notre récolte 2024 est la plus haute jamais réalisée. 
  • Nous défendons activement, aux coté des producteurs et des EFAD, devant la Cour constitutionnelle la nouvelle grille de contribution des opérateurs audiovisuels développant leurs activités sur le marché belge francophone attaquée par Netflix et Disney
  • Nous nous préparons à défendre auprès de la Cour de justice de l’UE vos droits à rémunération incessibles pour streaming et pour plateformes de partage, droits acquis à l’été 2022 lors de la transposition en Belgique de la directive 2019/790, et attaqués ensuite par Google, Meta, ou encore les Majors de la musique comme Universal.
  • Alors que son contrat de gestion sera revu et sa dotation plafonnée, nous estimons plus nécessaire que jamais de reprendre, en coopération étroite avec les organisations syndicales, la négociation collective pour les travailleurs et travailleuses freelances à la RTBF, dont les conditions de travail et de rémunération se dégradent à nouveau.
  • Nous vous représentons et agissons au sein de la Chambre de concertation du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel et de ses groupes de travail. Nous avons travaillé à des propositions concrètes pour la création documentaire.
  • Nous relancerons encore une fois les revendications des auteurs et autrices du secteur de la création sonore pour que soient dégagés de nouveaux moyens de soutien, plus stables que par le passé. Ce secteur pourtant mondialement porté par la vague du « podcast » reste bien trop négligé par la FWB, qui demeure sans vision de filière malgré le fort potentiel de développement manifeste.
     

Pour nos auteurs et autrices des écritures et du livre (romans, BD, livres illustrés, essais, ouvrages scientifiques ou journalistiques…) :

  • Dans le prolongement de la publication, sous la responsabilité de l’asbl Bela, financée à cette fin par le SGLL, d’une étude sur la situation socio-professionnelle des auteurs et autrices de livres, nous avons mené une action très forte avec votre soutien pour revaloriser les bourses aux auteurs et autrices du secteur du livre, dont les montants n’avaient pas été revus depuis… 2005.
    Fraîchement nommée à l’automne 2024, la Ministre de la Culture Mme Élisabeth Degryse, appuyée par le Parlement, a mené à bien cette revalorisation indispensable et juste.
  • Dans ce contexte de restrictions budgétaires perpétuelles et face à l’écart grandissant entre le travail investi dans la création d’ouvrages par les auteurs et autrices et les revenus de droits d’auteur versés par les éditeur·ices, nos répartitions de droits pour reprographie, copie privée ou prêt public continuent de prendre une importance croissante. La Scam est la première société de gestion des auteurs et autrices de livre et de BD, plus consciente que jamais de sa responsabilité envers ce groupe de membres, qui seront les premiers et premières à être impacté·es par les effets négatifs des IA génératives.
  • Un grand nombre de bourses de soutien à l’écriture continuent d’être octroyées pour tous les membres ayant publié un ou plusieurs ouvrages au cours de la période 2021-2022-2023. Et notre Charte de rémunération des auteurs et autrices littéraires pour leurs prestations exercées dans la continuité de leur activité artistique en Belgique est également un soutien effectif aux membres.
  • De nouvelles formations et accompagnements de la Belacadémie (asbl Bela) ont eu lieu avec un réel succès.  Bela asbl a poursuivi son travail de mise à jour de sa base de données des auteurs et autrices et d’informations hebdomadaires sur les aides et soutiens que peuvent solliciter les auteurs et autrices.
     

Pour tous nos auteurs et autrices :

  • La Scam, reconnue fédération professionnelle par le SPF Affaires sociales, siège désormais à la Commission du travail des arts, et éclaire celle-ci sur les réalités du travail d’auteur et autrice.
  • Le Comité Belge a mis en œuvre son programme d’action culturelle en cherchant les meilleurs moyens d’aider nos membres avec les ressources dont il dispose. Ainsi il a distribué de nombreuses bourses dans tous les répertoires. Dans le cadre de son action culturelle, la Scam a soutenu des ateliers, des séances de pitchs, des rencontres, organisés avec des partenaires (LPC – Regards sur les docs, Millenium, le BAFF, le SIC, La Foire du Livre de Bruxelles…) dans le but encore une fois d’aider les auteurs et les autrices et de leur donner de la visibilité.
  • La MEDAA a été ouverte plus de 200 jours, offrant avec hospitalité son coworking et ses salles de réunion aux membres et à leurs associations belges ou européennes. Cette expérience sert de modèle à l’établissement d’autres maisons d’auteurs et autrices, comme la future « Turbine Ecritures » à Marseille dont le projet progresse.
     

Et l’IA générative, la fin d’un monde ?

Les services et outils commerciaux grand public d’IA générative se sont imposés à une vitesse fulgurante, sur le marché mondial.
Leur modèle économique, dominant, est connu : captation illégale des « datas » (lisez œuvres protégées), levée de fonds spéculatifs, apports des giga-entreprises, commercialisation à un rythme effréné et à des prix totalement artificiels pour bloquer la concurrence. Contrefaçons, déloyautés et abus de position sont caractérisés. 
Osons le dire : Ces développements techniques créent toutefois la curiosité et semblent répondre par leurs capacités nouvelles à des besoins réels, au moins en matière de productivité.
Ces outils posent aussi des risques majeurs et nouveaux, à une échelle inédite, dans la mesure où leurs produits synthétiques se substituent aux œuvres humaines, et noient les autres comme dans une inondation à laquelle nous assistons avec un sentiment d’impuissance.

L’Union européenne a le courage politique de tenter une première régulation avec l’IA ACT. Elle fait et fera, comme toute autre volonté de créer un cadre protecteur de l’humain et la démocratie, l’objet d’une guerre totale contre les producteurs d’IA alliés à Trump. 
L’action des responsables publics ne suffira pas : votre engagement personnel et collectif sera nécessaire. 
Comment ? Lisez la charte pour un éthique de « l’IA » et adoptez-là dans vos activités au quotidien, dans vos entreprises, associations, en famille… (mise en ligne tout prochainement)

Une très belle réalisation où la Scam en Belgique a joué un rôle de pionnière, avec ses partenaires du PILEn (Partenariat Interprofessionnel du Livre et de l’edition Numérique).

Frédéric Young, délégué général de la Scam

La 14e édition des Magritte du cinéma, la cérémonie des récompenses du cinéma belge francophone, se tiendra ce samedi 22 février à Flagey. La Scam se réjouit de découvrir les nominations dans les catégories documentaire et court métrage documentaire, où beaucoup de nos membres sont représentés ! Félicitations à toustes… et bonne chance !

Les nominations

Meilleur documentaire 2025

  • En attendant Zorro de Sarah Moon Howe (Memento Production)
    Synopsis : Dans le huis-clos des maisons, des parents d’enfants handicapés espèrent une place dans les services d’accompagnement. En attendant, ils tentent seuls de faire face aux difficultés et aux troubles du comportement. Dans ce marasme existentiel, le film suit le travail de Lucas, éducateur spécialisé, conseillé parfois par l’hôpital, qui se rend au domicile des familles et tente de les aider. Bourré d’énergie et d’optimisme, Lucas permet aux familles à bout de souffle de construire une vie plus apaisée sans attendre une solution structurelle qui tarde à venir.
  • Les miennes de Samira El Mouzghibati (Michigan Films)
    Synopsis : Cadette d’une sororie de cinq, Samira convoque sa famille, caméra au poing, pour une rare réunion censée « nous aider, sans devoir passer par un psy ou un imam ». Sa mère reste muette. Ce n’est qu’arrivée dans son village natal qu’elle dévoile ses secrets, ses regrets, sa force – et que se dessine, entre amour et rejet, le lien et l’héritage bouleversant qui les unit. 
  • Mea culpa de Patrick Tass (Atelier Graphoui)
    Synopsis : Le mensonge et la culpabilité sont au cœur de la relation de Patrick avec sa mère Randa. Par le biais de messages audio et appels vidéo collectés à travers les années, il dresse un portrait de la vie de sa mère au Liban et de la sienne en Belgique. Tour à tour émouvant, provocateur et hilarant, Mea Culpa interroge les liens entre identités nationales et sexuelles d’un jeune émigré palestinien.
  • Sauve qui peut de Alexe Poukine (Wrong Men)
    Synopsis : Dans un centre de formation, de « vrai.es » soignant.es et de « faux » patient.es simulent des consultations médicales. Le but de ces jeux de rôle est de développer les qualités humaines des thérapeutes. Mais l’idéal relationnel prôné en formation est-il applicable dans notre système hospitalier ? Et à quelles conditions peut-on rester bienveillant.es au sein d’une institution maltraitante ?

Meilleur court métrage documentaire 2025

  • Les vivant·es de Inès Rabadán (Need Productions) 
    Synopsis : Un dimanche, mon père est mort.J’ai eu envie d’entendre des amis raconter. Des amis dont je sais qu’ils ont dû renoncer à voir, et toucher, et entendre, comme on voit, et touche, et entend ceux qu’on aime. Qu’est-ce qu’il reste ? Qu’est ce qui arrive ? Qu’est-ce qu’ils et elles nous font faire ?

Bonne chance à nos auteurs et autrices !

>> Découvrir toutes les nominations sur le site des Magritte.

La semaine du cinéma belge

La RTBF proposera la semaine du cinéma belge du 22 février au 2 mars. Une opération qui permet au public de découvrir les films belges en lice sur les chaînes de la RTBF.

Infos

  • La Cérémonie de remise de Prix aura lieu le 22 février à Flagey, et sera diffusée en direct sur Auvio, la plateforme digitale de la RTBF.

La Scam encourage vos rêves !
Reflet de l’engagement infaillible de la Scam pour la création, les Bourses « Brouillon d’un rêve » accompagnent et soutiennent les auteurs et autrices qui portent des rêves de films. Dotées de 2500 € à 6000 €, ces bourses sont attribuées directement par vos pairs, à des membres ou non de la Scam, qui explorent les écritures du réel, sans condition d’âge, de résidence ou de nationalité. Une « chaîne de solidarité professionnelle » pour continuer à rêver !

* Présentation des bourses
* Calendrier et modalités de candidature par domaine de création
* Processus de sélection
* Brouillon d’un rêve en chiffres
* Contact

Les bourses Brouillon d’un Rêve

La Scam (France) attribue des bourses aux auteurs et autrices à travers le dispositif Brouillon d’un rêve. Dotées de 2.500 € à 6.000 €, ces bourses d’aide à l’écriture sont attribuées sans condition d’âge, ou d’expérience. Tous les champs de la création documentaire sont encouragés : la photographie et le dessin de création, la création numérique, l’écriture littéraire, celle de documentaires de création, d’œuvres institutionnelles, d’œuvres d’art numérique, d’œuvres multimédia interactives et l’écriture d’auteurs journalistes.

Les candidatures s’établissent en ligne uniquement sur les formulaires dédiés, selon le calendrier d’inscriptions que vous trouverez ci-dessous. Les auteurs et autrices sont informées des résultats dans un délai de cinq mois (cf. l’appel à projet du dispositif Brouillon d’un Rêve).

Vous pouvez consulter tous les appels à projets dans la rubrique Agenda de ce site et sur le site Scam.fr.

Avant d’amorcer l’écriture d’un dossier, nous vous conseillons de prendre connaissance de sa constitution obligatoire en suivant le lien proposé, mais aussi de lire la synthèse de la rencontre durant laquelle de nombreux conseils ont été donnés aux auteurs et autrices candidat·es.

Calendrier des remises de dossiers

Brouillon d’un rêve documentaire

Un nouveau parcours en deux temps vous est désormais proposé. Vous pouvez solliciter deux bourses : la bourse initiale de repérages, puis la bourse d’écriture pour la poursuite de votre projet.

Les sessions sont ouvertes, sans limitation du nombre d’inscrits, sur une journée, de 10h à minuit, le deuxième mercredi des mois de février, avril, juin, août. Attention, veuillez à avoir terminé votre processus de candidature avant minuit, car aucun rattrapage ne sera fait. Les dates et les modalités des candidatures en octobre et décembre seront bientôt précisées. Des permanences (en visio) sont organisées avant chaque session pour vous permettre de poser vos questions.

. Le mercredi 12 février 2025 (permanence le 31 janvier)
. Le mercredi 9 avril 2025 (permanence le 11 mars)
. Le mercredi 14 mai 2025
. Le mercredi 9 juillet 2025
. Le mercredi 10 septembre 2025
. Le mercredi 12 novembre 2025

Permanences Brouillon d’un rêve

Pour mieux vous accompagner dans la préparation de votre dossier avant de postuler, nous vous proposons des échanges collectifs via Zoom (sans captation, ni rediffusion) avec Lise Roure et Chloé Ansquer. Il est plus que recommandé d’assister à l’une des permanences proposées.

>> En savoir plus et postuler
Autour de Brouillon d’un rêve Documentaire

Bourses de Tutorat : Le jury est libre d’attribuer chaque année six bourses de tutorat, dotée chacune de 1200 € bruts, avec un accompagnement à l’écriture de trois séances par un ou une documentariste expérimentée.

Bonus Scam-Vélasquez pour un film sur l’art : une fois par an, l’association Scam Vélasquez distingue par un bonus un à trois films sur l’art (arts visuels, danse, musique, peinture etc.) parmi l’ensemble des projets soutenus. Doté de 1500 € bruts, ce bonus ne nécessite aucune candidature.

Aide de la Sacem à la musique originale : les projets distingués par une bourse Brouillon d’un rêve Documentaire peuvent bénéficier d’une aide de la Sacem pour musique originale.

>> En savoir plus

Des questions sur la bourse Brouillon d’un rêve documentaire ?

En plus des permanences organisées avant chaque session, une liste très complète des réponses à vos questions les plus fréquentes figure en bas de page : à consulter sans modération !
>> Consulter les FAQ

Brouillon d’un rêve Impact, pour les web-vidéastes

Une session par an du 10 au 15 janvier avant minuit, dans la limite de 150 projets inscrits.

>> En savoir plus

Brouillon d’un rêve Journalisme

Une session par an, du 10 au 15 février avant minuit, dans la limite de 150 projets inscrits.

>> En savoir plus

Brouillon d’un rêve Photographie & Dessin

Une session par an, du 10 au 15 juin avant minuit, dans la limite de 150 projets inscrits.

Permanence le vendredi 25 avril 2025 de 10h30 à 12h30.

>> En savoir plus

Brouillon d’un rêve Écritures & Formes émergentes

Une session par an du 10 au 15 septembre avant minuit, dans la limite de 150 projets inscrits.

>> En savoir plus

Brouillon d’un rêve Littéraire

Une session par an, du 10 au 15 octobre avant minuit, dans la limite de 150 projets inscrits.

>> En savoir plus 

Brouillon d’un rêve Radio et podcast

Une session par an, du 10 au 15 novembre avant minuit, dans la limite de 200 projets inscrits.

>> En savoir plus

Processus de sélection

Votre projet doit relever du répertoire des œuvres de la Scam. Pour que votre candidature soit éligible vous devez soit être membre de la Scam, soit porteur d’un projet de premier film. L’adhésion à la Scam doit être validée à la date du dépôt à Brouillon d’un rêve. Aucune adhésion en cours ne sera acceptée. L’examen des projets dure cinq mois. Il est effectué par un jury composé exclusivement d’auteurs et d’autrices, nommé chaque année par le conseil d’administration. Pour concourir, vous devez déposer une seule candidature par an (toutes bourses confondues) et ne pas présenter plus de deux fois un même projet. Une carence de trois ans est nécessaire si vous avez déjà bénéficié d’une aide Brouillon d’un rêve. Les résultats sont communiqués par courriel.

Étape 1 : Inscriptions
Vous déposez votre candidature via un formulaire en ligne selon un calendrier disponible sur le site de la Scam France. Vous recevrez un accusé de réception à l’issue de votre inscription.

Étape 2 : Confirmation de l’éligibilité du projet
Elle a lieu au plus tard trois mois après votre inscription.

Étape 3 : Présélection
Effectuée par un lectorat d’auteurs et d’autrices, elle intervient au plus tard un mois après la confirmation d’éligibilité.

Étape 4 : Palmarès
Le jury délibère et le palmarès est annoncé au plus tard un mois après la présélection.

Étape 5 : Versement de la dotation
Le versement est effectué quatre à cinq semaines après la signature d’une convention avec la Scam.

Brouillon d’un rêve en chiffres

Depuis sa création en 1992, plus de 1 500 projets de films documentaires ont été encouragés. En 2022, la Scam a attribué 148 bourses parmi les 1 031 candidatures reçues.

33 % du budget culturel de la Scam est consacré aux aides Brouillon d’un rêve, soit plus de 882 000 € par an. Conformément à la loi, ce budget est financé par 25 % des sommes perçues au titre de la copie privée sur les ventes de supports vierges.

En France, la rémunération pour copie privée joue un rôle majeur dans la politique de soutien à la création. L’association La culture avec la copie privée promeut ce dispositif.

Contact

Responsable de l’aide à la création : Lise Roure +33 1 56 69 58 40.

Assistante de l’aide à la création : Chloé Ansquer 

Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

En plus des permanences organisées avant chaque session, une liste très complète des réponses à vos questions les plus fréquentes figure en bas de page : à consulter sans modération !

>> Consulter les FAQ

Toutes nos félicitations à Romain Renard, Alix Garin et Noémie Barsolle dont les œuvres ont été primées au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême !

Alix Garin

Alix Garin reçoit le Fauve prix du Public France Télévisions pour sa BD Impénétrable.

Impénétrable est un témoignage singulier par sa sincérité.
Alix Garin nous raconte sans concession son voyage intime et libérateur à travers les méandres des troubles de la sexualité. Comment le combat pour reprendre possession de son corps, de son désir et sauver son couple se transforme en une quête émouvante de guérison, d’émancipation et d’amour.

alixgarin

L’autrice

Alix Garin, née en 1997 à Namur en Belgique, fait son entrée sur la scène du 9e art en tant que lauréate du prix Jeunes Talents du festival Quai des Bulles, en 2017. Elle étudie alors à l’école supérieure des Arts Saint-Luc à Liège, option bande dessinée. Un an plus tard, la jeune illustratrice intègre l’agence de communication Cartoonbase et travaille parallèlement sur le roman graphique qui la révèlera : Ne m’oublie pas, paru aux éditions du Lombard en 2021. L’accueil est unanime : lui sont décernés les Prix Rossel de la bande dessinée,
Prix France Culture des étudiants, Prix de la BD Fnac Belgique, Prix Babelio catégorie bande-dessinée, Prix de la première œuvre de la Fédération WallonieBruxelles. Alix manie les mots et les traits avec une poésie toute particulière et impressionne par son jeune âge. Elle est régulièrement sollicitée en tant qu’illustratrice pour la presse jeunesse ou en tant qu’autrice dans différentes revues. En 2022, une exposition lui est consacrée à Bruxelles. Impénétrable, fortement attendu par le public, étonnera par sa justesse et sa puissance.

Romain Renard

Romain Renard reçoit le Fauve Polar SNCF pour sa BD Revoir Comanche.

Red Dust, une légende inscrite dans la poussière et le sang du Wyoming, vit à l’écart du monde en attendant sa fin. Mais sa rencontre avec la jeune Vivienne va bouleverser son quotidien… Alors qu’il croyait son passé à jamais révolu, le retour de quelques fantômes assoiffés de revanche le pousse à reprendre la route.

romainrenard

L’auteur

Né en 1975, Romain Renard est auteur de bande dessinée, scénographe, graphiste et musicien: ce qu’on appelle aujourd’hui un «slasheur», témoignant de sa polyvalence et de ses multiples talents. En ce sens, il a également travaillé à l’élaboration de jeux vidéo et collaboré à la création de spectacles avec notamment Franco Dragone (Cirque Du Soleil). Artiste biberonné aux cassettes Betamax, Romain Renard est un enfant du cinéma dont le visuel des affiches a très tôt créé une vocation chez lui mais l’a aussi sensibilisé à la musique. Primé meilleur album au festival du Polar de Cognac en 2005 avec American Seasons (Casterman, scénario d’Yves Vasseur), l’illustrateur belge a su imposer son style unique. The End, Jim Morrison, en 2007, l’adaptation du roman de Daniel Woodrell, Un hiver de glace, en 2011 et les illustrations pour le City-Guide Montréal/Québec aux éditions LonelyPlanet/Casterman confirmeront sa maîtrise des supports. C’est aux éditions du Lombard qu’il créé la trilogie Melvile, une œuvre forte et personnelle qui témoigne d’une maturité artistique certaine.

Noémie Barsolle

Noémie Barsolle et ses co-auteurices Karla Paloma, Elsa Klee, Rikke Villadsen, Martina Sarritzu, Vera Bekema, Juliette Collet, Simone f. Baumann, Esther Samuels-Davis, Jo Rüßmann reçoivent le Fauve de la Bande Dessinée alternative pour leur Hairspray Magazine. 

hairspray

Hairspray Magazine est édité par un label berlinois qui publie des autrices de divers pays (Finlande, USA, France, Allemagne) C’est leur premier numéro.

La Scam félicite aussi…

Félicitations également à la maison d’édition de bande dessinée bruxelloise L’employé du moi dont les Contes de la Mansarde ont été doublement primés par le Fauve des Lycéens et le Prix Goscinny – jeune scénariste.

C’est avec une grande fierté que nous avons appris que Victoire Bonin Grais, doumentariste membre de la Scam Belgique et sa co-autrice Lou Du Pontavice ont été primées au prestigieux FIPADOC qui vient de se clôturer à Biarritz. Nous leur adressons nos plus chaleureuses félicitations !

Le Veilleur : Prix SACEM de la musique originale

Le jury composé de Bruno Coulais, Thierry Jousse et Carla Pallone a attribué le Prix Sacem de la musique originale à Le Veilleur de Lou du Pontavice et Victoire Bonin Grais. Ce prix récompense le compositeur ou la compositrice d’un film de la compétition nationale. Il est doté de 3.000 € par la Sacem.

Synopsis

Guangdong est vigile et sa femme concierge dans un hôtel de luxe en Chine. Ils ont tout donné pour l’éducation de leur fils unique, élève à la prestigieuse académie de musique de Pékin. Alors que le jeune joueur de cor part à l’étranger, ses parents se retrouvent dans un quotidien de joies simples relié aux nouvelles de leur fils en provenance d’Estonie.

leveilleur 

Les autrices

Victoire Bonin Grais

Après des études en histoire et théories des arts à Paris, Victoire intègre l’INSAS à Bruxelles en Image. Depuis, elle réalise des courts métrages documentaires et devient cheffe opératrice : Les Miennes de Samira El Mouzghibati (Vision du Réel), Rainbow Children de Maryam Bayani (DokLeipzig), Berlin Bytch Love de Heiko Aufdermauer (Dok Fest München). Tourné entre la Chine et l’Estonie, Le Veilleur, est son premier long-métrage documentaire en tant que réalisatrice.

Lou Du Pontavice

Après des études en littérature, philosophie et cinéma, Lou intègre l’INSAS en réalisation (2014). Pendant cinq ans, elle réalise aussi bien des courts-métrages documentaires que de fiction. Depuis 2019, elle travaille en tant que scénariste (Les Intranquilles de Joachim Lafosse) et en tant que réalisatrice. Son précédent court-métrage a gagné le prix Cinergie du Meilleur Espoir belge au festival Millenium et a été sélectionné dans plusieurs festivals européens.

En savoir plus

La Scam félicite aussi…

Notre compatriote Johan Grimonprez qui remporte le Grand Prix du documentaire musical pour Soundtrack to a coup d’état.

Le Fipadoc

Durant 7 jours, le festival met à l’honneur, dans différents lieux de Biarritz, le documentaire sous toutes ses formes à travers des séances de projections, des masterclasses, des débats et des conférences. Plusieurs auteurs et autrices membres de la Scam en Belgique étaient également dans les sélections des différentes compétitions, nous les saluons aussi :

  • P205, l’empreinte toxique du phosphate de Pierre Vanneste et Laurence Grun
  • Rides du lion et pattes d’oie de Juliette Léonard 
  • Orlando de Joachim Thôme
  • Mobutu, grandeur et décadence, de Wendy Bashi, Joost Vandensande et Guillaume Graux
  • Après la pluie de Jérémy Parotte et Quentin Noirfalisse

Après une semaine de projections, l’édition 2025 du Festival En Ville ! consacré aux documentaires qui racontent les territoires, leurs imaginaires et leurs habitant·es, s’est achevée ce dimanche 02 février avec la révélation du palmarès. La Scam a eu le grand honneur d’y doter un Prix, remis à Maxime Jean-Baptiste pour son magnifique film Kouté Vwa. Nous lui adressons nos chaleureuses félicitations ! 

Le prix

Le Prix Scam, doté de 1.500€ récompense un auteur ou une autrice belge de la compétition internationale. Le jury a décidé d’attribuer ce prix à Maxime Jean-Baptiste pour son film Kouté Vwa : « A travers le regard sensible d’un jeune adolescent, ce film nous a plongé dans une communauté qui tente de redonner du sens à la douleur de la perte et à briser le cycle de la violence ».

Le film

Maxime Jean-Baptiste rend un hommage vibrant à son cousin Lucas Diomar, jeune DJ guyanais assassiné lors d’une soirée d’anniversaire il y a plus de dix ans. Le film capture le processus de deuil et de reconstruction de trois proches : son neveu Melrick, sa mère et son vieil ami Yannick, parti de Guyane et qui rentre pour la première fois à l’occasion d’une commémoration. Entre tristesse, colère et résilience, chacun·e d’entre eux expose sa fragilité et ses doutes quant à l’absence pesante de Lucas, tout en se forçant à entamer le chemin du pardon. À travers ces trois portraits d’une grande sensibilité, le réalisateur réfléchit à la persistance de la violence sur ce territoire marqué par l’esclavage transatlantique et la colonisation, à laquelle il oppose la forêt guyanaise : lieu paisible et magique, qui donne lieu à de magnifiques séquences oniriques et sensorielles. Chaque plan de Kouté vwa (Écoute les voix en créole) résonne comme un écho de la voix de Lucas, victime d’une Histoire collective douloureuse et violente.

Belgique | 2024 | 76 minutes | créole, français
Écriture et réalisation : Maxime Jean-Baptiste
Production : Twenty Nine Studio & Production, Spectres Productions
Coproduction : Atelier Graphoui, Shelter prod

Le film, présenté en première mondiale dans la section Cineasti del presente, a reçu le Special Jury Prize CINÉ+, ainsi qu’une Mention Spéciale du jury First Feature au Festival de Locarno !

L’auteur

Maxime Jean-Baptiste est un cinéaste basé entre la Belgique, la France et la Guyane. En détectant la survivance de traumas du passé dans le présent, ses films et performances se focalisent sur la reconstitution et l’archive afin de concevoir une mémoire vivante et incarnée.

Son premier film Nou voix (2018) a été récompensé par le Prix du Jury au Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris. Son deuxième film, Écoutez le battement de nos images (2021), co-réalisé avec sa sœur Audrey Jean-Baptiste a été sélectionné à Sundance, CPH:DOX (Special Mention), Hotdocs, IDFA, Go Short (Best Short Documentary) parmi de nombreux autres festivals, et nominé pour le César du meilleur court métrage documentaire en 2023. Son dernier film, Moune Ô (2022), a eu sa première à la Berlinale (Forum Expanded), en février 2022, et est distribué par Square Eyes.

La Scam félicite également…

Juliette Léonard pour son film Rides du Lion et Pattes d’Oie qui reçoit le prix du Public de la Compétition Jeune Cinéma belge.  

Pour aller plus loin

Le festival En Ville ! bat son plein ! En attendant de savoir à qui le Prix Scam (qui récompense un auteur ou une autrice belge de la compétition internationale) sera remis dimanche soir, nous vous recommandons chaleureusement de découvrir les magnifiques films en sélection, et attirons particulièrement votre attention sur ceux réalisés par nos membres… nous leur souhaitons bonne chance !

  • Kouté vwa, de Maxime Jean-Baptiste
  • Fuga, de Bénédicte Liénard et Mary Jimenez
  • We had fun yesterday, de Manon Guillard
  • À votre service, de Ludmila Bergeon
  • Ride du lion et pattes d’oie, de Juliette Léonard
  • Le Mythe de l’abandon, de Bianca Iona Costin

La Scam accueille par ailleurs un forum de rencontre entre les ateliers de production (AAAPA) et les jeunes documentaristes.

Retrouvez toutes les informations à connaître sur le site d’En Ville. Bon festival à toutes et tous !

L’autrice Mel Moya nous invite à découvrir son univers et son rapport intime aux mots à travers deux textes : l’un poétique, l’autre plus personnel. Ces écrits explorent ce que la création littéraire représente pour elle, à travers son parcours et ses réflexions.

Ces textes s’inscrivent dans le prolongement de la table ronde de ce lundi 13 janvier, organisée lors de la remise des Prix littéraires Grenades x Scam, autour des thèmes de la parité et de la diversité, et des questions : « Qui écrit, et quoi ? Qui lit quoi, et pourquoi ? ».

En poésie 

« Cardiogramme haute fréquence,
Le mouvement de la main,
Sur l’immaculée cellulose,
Battement d’encre,
Redonner souffle au poème,

Chaque rature dessine une nouvelle mort,
Respecter l’imaginaire,
Des lettres qui représentent une voix,
Dans un ordre distinct,

Attention,
Ne pas s’attirer les foudres,
La désinvolture,
Le hors champ,
Du vivre ardemment,
Du brûler,
Du sabotage,
De l’insurrection,

Comprendre au mieux,
Ce qui caresse,
L’idée du rythme du poignet,

Parfois,
Peu de chose,

Debout,
Au bord,
Se tenir en vie,
Ça ne tient souvent à rien,

Partition grattée sous la terre,
Joyau de rudesse,
Lointaine gangrène,
Absence de convalescence,

Le mot,
L’escalier
L’issue
Bas-ventre,

Mélange de murmure,
Intime,
Chair,
Humidité,
Mérule pleureuse,
Déterrer le squelette,
Colonne,
Déformation,
Tridimensionnelle,
Vie en slalom,
Décodeur,
Insuffler le vivant,
Respirer,
Rassembler les récits,
Se rendre justice,

Strié, tissé, granulation,
Jolies cicatrices,

Mater dans le chaos,
Chasser la stupeur,
À coup de colt,
Bras portant,

Ascension,

Écrire, qui peut,
Comme renaissance,
Sur le pavé,
Écrire, qui peut,
Comme résidence,

Seuls les yeux croient,
Les nôtres,

Cœurs,
Détonation,
Premières lignes,
En lettre,
Déterrer nos macchabées,

Peu importe la marée
Peu importe le courant,
Partition de la pensée,
Du mouvement,
Liant invisible,

Nous sommes,
Maison,
Forteresse,
Histoire,
Matrimoine,
Nous,
Pont-levis de l’esprit,
Du geste,
Ensemble,
Écrira, qui pourra,
Et,
Sous quel ciel? »

Mel Moya et son rapport à l’écrit

Le foyer familial dans lequel j’ai grandi, avec mes deux frères cadets, n’a jamais connu de bibliothèque dans le salon. Le livre était un objet-aliène, sous-représenté, pour ne pas dire absent à exception faite, parfois, d’une collection de A à Z pour cuisiner à la française. Je me souviens du dédain de mon père quand je choisissais un livre à trois francs six sous, plutôt qu’un jouet inutile, qui me satisferait sur le moment, pour finir cassé et à la poubelle.

Nos parents ne lisaient pas. Ça ne faisait pas partie de leur paysage familial de parents analphabètes. Lignée de paysan·nes, de bonnes aux manches retroussées et de mineurs, le mot « éducation », dans ces familles, n’a pas la même définition que dans un manuel officiel. Pour mon père, on devait éduquer ses enfants, comme on les élève. Celleux qui se donnaient de grands airs pouvaient lire tout ce qu’iels voulaient, ça ne leur apporterait pas une maison rangée, le respect, la loyauté et la grâce. Cela déplace le curseur des familles d’immigré·es sur ce qui est urgent, comme répondre à des critères d’intégration, le mode survie activé. Dans ce foyer populaire et prolétaire, les temps libres sont consacrés aux diverses visites familiales, aux longs apéros, aux repas…

Je pense être la parfaite caricature de l’enfant qui cherche à s’émanciper, à rompre le schéma, à foncer tête baissée. Se faire justice, rendre justice, se rendre justice. Dans un grand paradoxe : collectionner une série de livres sans jamais les lire. Tantôt volés, tantôt achetés d’occasion, vous savez, les livres dont les bibliothèques se débarrassent, tant les propos sont révolus, pour ne pas dire inappropriés, racistes et coloniaux… Ils étaient là, les livres, posés sur la petite tête de lit, étagère de fortune pour qui peut rêvasser. Je devais me donner l’air intelligent des gens qui lisent, comme dans les films.

Je me souviens de l’encyclopédie des maladies infantiles, de grandes photographies de corps d’enfants malades, à tous stades, des définitions, des symptômes, des traitements, le mot pénicilline sur presque toutes les pages. Je me disais que comme j’y étais allergique, il ne fallait pas que je tombe malade… Drôle de lecture, lorsqu’on a que 7 ans.

J’ignorais, et je pense l’avoir fait durant un bon moment, que la lecture avait une portée politique. Je ne comprenais pas le sens du politique, ce que cela signifiait, comment l’écriture et la lecture résistaient à l’ignorance et aux préjugés. L’épiphanie, lorsque que je compris que les mots étaient de puissantes armes, et qu’il fallait réussir à cogner l’histoire sur le papier. Reconnaitre sa voix comme légitime, capable de penser. 

Petite fille, ma mère, me racontait des histoires qu’elle inventait. C’est important de le dire comme ça : elle ne lisait pas. Je crois que pour conserver l’image loyale de ce qu’est une bonne mère dans son esprit, elle devait tenir le souffle de sa narration créative, où elle serait plus proche du réel que de la lecture, car le français n’est pas sa langue de lait.

J’ai mis énormément de temps à le comprendre. Je devais être adolescente. Ma mère m’a appris l’humilité et la patience. Je me le dis encore aujourd’hui quand je l’observe, secrètement, en pleine lecture. 

J’ai repris la lecture là où elle n’avait jamais commencé, le jour où je me suis autorisée le livre de Maryse Condé (Le fabuleux et triste destin d’Ivan et d’Ivana). C’était finalement possible de lire. Je veux dire, lire pour soi. L’écriture a toujours fait partie de ma vie. Depuis que mes doigts font des mouvements sur le carreau, enfant, je peux déjà dire que j’écrivais…

Les plus lointains souvenirs sont ceux devant l’ordinateur, incapable d’autres choses qu’une partie de solitaire et une page à dactylographier. Le temps des disquettes. J’écrivais, de la poésie, je pense, des histoires c’est certain. Une fois le texte terminé, je lisais à qui voulait entendre, les tantes, les oncles de passage pour l’apéro dominical.

Touxtes disaient la même chose, que j’étais douée, pleine de talent pour raconter. Ce genre de moment où je percevais un peu de fierté dans les yeux de mon père. Par contre, plus tard, il me fallait un « vrai » métier, avec les mains, parce que les poètes·ses, vous savez…

Je suis arrivée en littérature, avec la chance d’avoir carte blanche. Un véritable cadeau de mon éditrice, Mélanie Godin. Le livre, symbolique de l’ordre du sacré, comme processus interne, in corpore, qui jaillit pour faire œuvre. Écrire, dans la trentaine comme on pourrait rendre grâce, une façon très personnelle de réparer, d’avancer sur le chemin de l’intime, du céleste.

Je n’ai jamais eu d’attente. Je crois que ce qui me tient en vie, au plus profond, c’est le souffle sur la page, une fois que c’était écrit, c’était dit. Ça existe.

Catharsis, prémisse de poésie ouvrière et sociale, je me suis toujours accrochée à ce que mes yeux préservaient une fois fermés. Milliers de petits points scintillants, sillons, dessinants sur les paupières une histoire. Laisser venir, ne rien attendre, écrire, partager, se reconnaitre et reconnaitre l’autre.

L’autrice

Mel Moya est une artiste slameuse belge. Elle écume, en musique ou a cappella, les scènes internationales. Elle a été lauréate des prix littéraires Paroles Urbaines et Borderlines – Euregion Poetry Slam en 2021. Les mots, la poésie et les livres l’attirent depuis sa plus tendre enfance. Même si les ouvrages et les revues n’existaient pas dans le foyer familial, elle passait le plus clair de son temps à la bibliothèque communale ou dans sa chambre à imiter ses artistes préféré·es.

Le Slam est apparu comme par accident, une nuit d’octobre 2018, alors qu’un micro ouvert était proposé par la Zone, pilier du Slam liégeois. Elle y a pour la première fois déclamé un texte, voix tremblotante et feuille froissée. La rage de dire. L’urgence de dire. Galvanisée par cette première expérience, elle tombe en amour pour le slam : elle enchaîne les scènes ouvertes en Belgique, en France, en Suisse, durant lesquelles elle révèle ses textes, peaufinés dans la pudeur de ses carnets.

Son premier recueil de poésie, Mater doloresa (2024), est publié dans la collection Les deux Sœurs de l’éditeur l’Arbre de Diane. Elle adapte à présent pour la scène ce premier ouvrage.

De : Vendredi 31 Janvier 2025 à 11:00
Jusque : Vendredi 31 Janvier 2025 à 13:00

Table ronde au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême : Les « autres rémunérations » des auteurs et autrices, mirages ou opportunités méconnues ?

Nous sommes ravi·es de vous annoncer notre présence à la 52ème édition du Festival de BD d’Angoulême. Au programme : une table ronde professionnelle dédiée à un sujet majeur pour les auteurs et autrices de BD : les « autres rémunérations », à savoir les revenus complémentaires à ceux provenant directement des droits d’auteur issus des ventes de livres. Cet événement aura lieu le vendredi 31 janvier, de 11 h à 13 h à l’Espace Nouvelle création.

Un enjeu majeur : l’autonomie économique des auteurs et autrices

Cette table ronde propose d’échanger sur comment aller vers une plus grande autonomie économique des auteurs et autrices de BD ? Quels sont les moyens pour augmenter leurs revenus grâce à des sources complémentaires que les revenus en droits d’auteur générés par la vente de livre en provenance de l’éditeur ? Quelles sont les sources existantes ou envisageables ? Comment (mieux) s’assurer, par contrat, par la gestion collective, par la loi, que les auteurs et autrices en tirent des revenus significatifs ?

Au programme

La table ronde sera animée par Frédéric Young, délégué général de la Scam pour la Belgique, qui ouvrira la discussion pour ensuite donner la parole aux intervenant·es :

  • Le dessinateur et scénariste de bande dessinée David Vandermeulen évoquera les revenus issus de la traduction, une piste souvent sous-estimée mais pouvant constituer une part importante des rémunérations.
  • L’illustratrice et autrice de BD Camille Toussaint, boursière de la résidence de novellisation Grand Est/Bela interviendra aux côtés de Camille Blin, agente littéraire (Une Agence à Soi), pour aborder les opportunités offertes par les revenus issus des adaptations et novellisations.
  • Séverine Weiss, coprésidente du Conseil Permanent des Écrivains (CPE) traitera de la compensation économique liée au marché d’occasion des livres.
  • Jade Desvignes, Doctorante à l’Université de Lyon se penchera sur les activités dites « secondaires » des auteurs et autrices : participations à des salons, colloques, expertises, médiations, tout en examinant leurs cadres social et fiscal spécifiques.
  • Enfin, Frédéric Young présentera les différents systèmes de gestion collective des droits de l’écrit (Prêt Public, reprographie, copie privée).

Cette table-ronde sera l’occasion de mieux comprendre les différentes facettes des rémunérations complémentaires et d’échanger avec des professionnel·les engagé·es sur le sujet. 

Pour aller plus loin

. Découvrir les autres événements de la Scam à Angoulême

. Vers le site du Festival International de Bande dessinnée

 

 

Dimanche 02 Février 2025 à 18:00

La SACD, partenaire de Bela, invite ses membres de l’écrit, auteurs et autrices, à répondre à l’appel à candidatures lancé par la Belacadémie. Jusqu’au 2 février, saisissez cette belle opportunité de bénéficier d’un accompagnement de qualité conçu pour accueillir 16 auteurs et autrices, qu’ils soient littéraires ou graphiques, émergents ou confirmés.


La formation

Public cible

Vous êtes un·e auteur·ice et/ou illustrateur·ice émergent·e ou expérimenté·es, débutant ou étant en cours d’un processus de création littéraire.

Un encadrement plus précisément destiné à ceux et celles souhaitant développer des projets littéraires de fiction : roman, poésie, théâtre, bande dessinée/roman graphique/illustration, jeunesse, scolaire et parascolaire, loisirs/vie pratique, droit, sciences et techniques, sciences humaines et sociales, ou encore art visuel/beau livre.

Objectifs

Vous souhaitez développer vos compétences pour déployer un projet artistique professionnel et construire un plan de carrière sur le long terme.

À l’issue de cette formation, vous serez capable de :

  • Appréhender la filière du livre, son fonctionnement et son économie ;
  • Comprendre le cadre institutionnel ;
  • Maîtriser votre statut et vos droits ;
  • Vous positionner dans un écosystème professionnel ;
  • Structurer votre projet et le valoriser auprès de professionnel·les.

Calendrier du parcours de formation

Le parcours de formation, en 10 dates discontinues, se tiendra à un rythme de 1 à 2 journées par semaine, d’une durée de 7 heures par jour, sur une période de 7 semaines.
Le parcours débutera le 11 mars 2025 et se terminera le 29 avril 2025.

Les dates de formation :

  • Mars 2025 : 11/03 – 13/03 – 20/03 – 25/03 – 27/03
  • Avril 2025 : 01/04 – 08/04 – 15/04 – 22/04 – 24/04

Lieu de la formation

À la MEDAA (Maison européenne des Autrices et des Auteurs) – Rue du Prince Royal 87, 1050 Bruxelles.

Programme

  • Environnement professionnel : une exploration de la filière littéraire et de son écosystème dans le but de se positionner et de construire une démarche réseau bien structurée.
  • Cadre juridique : Maîtriser son statut et ses droits.
  • Cadre économique : Donner de la valeur à son travail et développer une confiance en soi dans la construction de son projet professionnel.
  • Projet artistique : Comprendre les grandes étapes indispensables à la recherche de maisons d’édition, apprendre à mieux se faire connaître auprès du public et des professionnel·les.

>> Télécharger le programme de formation détaillé <<

Les formateur·ices

Pour ce parcours, vous bénéficierez de l’expertise d’une équipe pédagogique composée de professionnel·les reconnu·es, parmi lesquels :
Frédéric Young, Sophie Marchal, LaureAnne Braun de Ter Meeren, Jean-Philippe Thivet, Benjamin Sion, Claudie Rion, Eva Kavian, Claire Olirencia Deville, Maximilien Herry, et Tanguy Habrand.

Les informations pratiques

Critères d’éligibilité

  • Être francophone domicilié·e en FWB.
  • Être disponible aux 10 dates et créneaux horaires (09h00-17h00) :
    11/03 ; 13/03 ; 20/03 ; 25/03 ; 27/03 ; 01/04 ; 08/04 ; 15/04 ; 22/04 et 24/04.

ET

  • Être un·e auteur·ice (littéraire ou graphique) en cours de développement d’un projet d’écriture de livre, n’ayant encore jamais publié une œuvre à compte d’éditeur ;

OU

  • Être un·e auteur·ice (littéraire ou graphique) ayant déjà publié 1 ou 2 œuvres à compte d’éditeur.

Tarif de la formation

Une fois sélectionné·e, des frais d’inscription de 96,80€ TTC seront demandés. Le règlement devra être effectué pour valider l’inscription 10 jours avant le début de la formation. Si le paiement est un obstacle, n’hésitez pas à nous contacter.

Documents à fournir

  • Une note de présentation de votre projet décrivant le moteur initial, l’intention, et la phase d’évolution.
  • Une page expliquant votre motivation et vos attentes par rapport à ce parcours.
  • Une biographie professionnelle.

Les dossiers dépassant 3 pages ne seront pas pris en considération.

Envoi des candidatures

Les candidatures doivent être envoyées en format PDF (max 5 Mo) avant le dimanche 2 février 2025 à 18h.

>> Formulaire de dépôt de candidature <<

Déroulement

  • 07/01/2025 : Lancement de l’appel à participation.
  • 02/02/2025 : Clôture de l’appel à participation.
  • 03 > 06/02/2025 : Sélection des candidat·es.
  • 07/02/2025 : Annonce des 16 candidat·es sélectionné·es.
  • 11/02/2025 : Confirmation des inscriptions.
  • 11/03/2025 : Début de la formation.
  • 24/04/2025 : Fin de la formation.

Modalités de sélection des participant·es

Les résultats des sélections seront communiqués le 7 février 2025.

La sélection sera effectuée par des professionnel·les de la filière littéraire, en fonction de la motivation du·de la participant·e à évoluer dans ce métier, de ses attentes, de l’état d’avancement de son projet, et de sa volonté de le faire aboutir à une publication.

Le nombre de places est limité à 16 participant·es.

Contact

Pour plus d’informations : 02.29.00.805 ou par mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.