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Focus sur David Berliner, Prix Scam Essai 2019

Il « propose un questionnement (auto)critique indispensable à tout·e auteur·trice qui souhaite travailler des morceaux de réel. » Quelques mots pour commencer à décrire l'œuvre de David Berliner, Prix Scam Essai 2019 pour Perdre sa culture : découvrez ici son parcours, mais aussi l'éloge écrit pour lui par Laurence Rosier et Renaud Maes à cette occasion.

 
L'auteur

David Berliner est anthropologue. Il est professeur à l’Université libre de Bruxelles, après avoir été un déraciné académique entre Harvard, Oxford, Manchester, Conakry, Luang Prabang et Budapest.

(Certaines de) ses obsessions intellectuelles : la mémoire, la nostalgie, la transmission et la perte culturelles, mais aussi les mondes ludiques et virtuels (cosplay, avatars, jeux de rôles, sosies).

(Certaines de) ses influences : Claude Lévi-Strauss, William James, George Perec, Donna Haraway. Il se décrit comme un nomade immobile, un mélancolique bourré d’espoir, un relativiste en quête d’universalisme, un empiriste féru de théorie.
Il est l’auteur de plusieurs livres ainsi que de nombreux articles scientifiques et de vulgarisation.


L'œuvre

« On perd notre culture », « On a abandonné nos coutumes », « Les traditions se perdent », « Tout fout le camp »… La perte se décline aujourd’hui sous toutes ses formes.
La perte de sa culture, son identité ou ses racines, et son corollaire (le besoin de transmission) sont des figures largement mobilisées de par le monde.

Cet ouvrage explore les nostalgies patrimoniales contemporaines en révélant les formes diverses que peut prendre le diagnostic de la perte culturelle. L’anthropologie nous enseigne qu’il existe des façons différentes de penser la disparition, la mémoire et le patrimoine, et invite à réfléchir sur la durabilité des groupes humains face aux ruptures de l’histoire.

Un livre paru chez Zones sensibles.


L'hommage

« Ce que nous célébrons avec ce prix à David Berliner, c’est une démarche d’orfèvre. Perdre sa culture prend racine dans des terrains travaillés sur plusieurs années – une approche ethnographique des Bulongic de Guinée-Conakry menée entre 1998 et 2002, une étude du rapport au patrimoine à Luang Prabang au Laos –, avec une précision quasi maniaque.

L’anthropologue en a conçu une série de questions qui résonnent comme autant d’angoisses existentielles pour sa discipline, mais aussi pour le discours social dominant qui voudrait que finalement, « tout fout le camp » et que « c’était mieux avant ».

A contrario de ce discours qui circule abondamment dans les médias et les ouvrages d’essayistes, où alternent mélancolie, nostalgie et déploration face à ce qui est ressenti comme une perte des coutumes et des identités, Perdre sa culture invite à repenser profondément notre rapport au patrimoine, à la mémoire et à la disparition. Mieux, il interroge avec subtilité la complexité, les ambiguïtés de ce rapport: en discutant des stratégies de résistance, de subversion de groupes dominés, David Berliner ouvre la possibilité d’une lecture dialectique de la construction de la mémoire commune. Nous obligeant à bousculer les rapports classiques entre nature et culture tant du point de vue social que du point de vue existentiel, il nous amène à conscientiser notre manière de « consommer de l’altérité pour renforcer notre propre identité ».
Ainsi, il propose un questionnement (auto)critique indispensable à tout·e auteur·trice qui souhaite travailler des morceaux de réel. »

Laurence Rosier et Renaud Maes


Pour aller plus loin

. Découvrez l'ensemble des lauréat·e·s des Prix Scam 2019

. Visitez les sites de l'auteur : http://lamc.ulb.ac.be/ et https://db.hypotheses.org/

. Visitez le site de l'éditeur www.zones-sensibles.org

 

© photo : DR

David Berliner