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Focus sur Violaine de Villers, Prix Scam Parcours 2019

« Violaine nous parle du monde et de l’art. Elle compose ses récits à partir d’une recherche sur le réel, qu’elle trempe dans sa palette sensible de cinéaste [...] son cinéma est une rencontre entre sens et sensation, il se fait autant avec l’œil qu’avec le cerveau » : quelques mots pour commencer à décrire l'œuvre de Violaine de Villers, primée par la Scam en 2019 pour son parcours en radio et en cinéma. Découvrez à cette occasion la biographie de l'autrice, et l'hommage écrit pour elle par Isabelle Rey

 


L'autrice

Depuis 1981 Violaine de Villers écrit et réalise des films documentaires à portée politique et des films sur l’art. Et depuis 2001 elle réalise des œuvres radiophoniques, des fictions et des documentaires.

L’œuvre de Violaine de Villers nous fait voyager très librement d’un univers à l’autre : de l’atelier du sculpteur ou du peintre, aux souvenirs tragiques de la
déportation nazie, de la fadeur sublime de Marguerite Duras à la chaleur du groupe Zap Mama, mais aussi au génocide rwandais, à l’immigration maghrébine, aux juifs et musulmans au Maroc… Ses films s’interrogent souvent sur la question de l’exil, du déracinement et du phénomène de double culture. Avec son dernier film Chine’87, les autres, elle renoue avec son intérêt pour la découverte des cultures de l’ailleurs et leurs fondements.

Depuis 2000, elle a réalisé plus d’une dizaine de films avec des artistes, elle filme l’art en train de se faire, regarde et donne à voir un monde qui prend forme et vie. Son film La Langue rouge sur l’œuvre de Walter Swennen a obtenu le Prix du Film sur l’Art au Brussels Art Film Festival en 2017.

La tête à lenvers photo 01

La Tête à l'envers


L'éloge

« Cette année, notre Prix du Parcours est décerné conjointement par les répertoires audiovisuels et radiophoniques, à une autrice dont l’œuvre les traverse tous deux.

Violaine de Villers réalise des films documentaires depuis 1981. Une œuvre dense, qui débute sous le sceau de l’engagement politique. Dénoncer l’horreur, les racismes, les violences faites aux femmes…

Elle se tourne ensuite vers l’art et le processus de création.
Paradoxal? Pas tant que ça…

L’art nous parle du monde. Violaine nous parle du monde et de l’art. Elle compose ses récits à partir d’une recherche sur le réel, qu’elle trempe dans sa palette sensible de cinéaste. Elle le dit, son cinéma est une rencontre entre sens et sensation, il se fait autant avec l’œil qu’avec le cerveau.
Elle aime comparer documentaire et peinture, les mêle et les emmêle, filme les œuvres qui se font, peint avec sa caméra les humains qu’elle aime rencontrer, qui donnent sens à son travail.

Sa création est visuelle, elle est sonore aussi, avec une toute aussi riche œuvre radiophonique.
Documentaires, fictions, là encore, elle mêle art et politique. 
Processus de création quand elle trace le portrait de Marguerite Duras, engagement quand elle donne la parole à des parents détenus et leurs enfants, adapte des textes qui dénoncent le racisme ou la violence subie par les enfants soldats.

Infatigable et exigeante, Violaine est en recherche permanente. Gageons que son œuvre va encore s’agrandir et, qui sait, explorer d’autres horizons, d’autres domaines. Nous nous en réjouissons déjà. »

Isabelle Rey

La Langue rouge2

La Langue rouge


Pour aller plus loin

. Visiter le site du film La Langue rouge

. Voir l'ensemble des lauréats et lauréats des Prix Scam 2019.


© Portrait : Gaël Turine

Violaine de Villers Gaël Turine