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Focus sur Karim Aït-Gacem, Prix Scam Radio 2019

« Dans un geste d’une rare assurance, Karim Aït-Gacem tend son micro et met en place un dispositif ingénieux pour permettre [aux détenus] de déployer leur désir » : quelques mots pour commencer à décrire Radio Parloir, de Karim Aït-Gacem, qui a reçu le Prix Scam Radio 2019. Découvrez à cette occasion son travail, son parcours et l'éloge écrit pour lui par la Commisison sonore de la Scam.

 

L'auteur

Né en 1975 (il a des cheveux blancs depuis qu’il a douze ans) en banlieue parisienne, il habite Liège depuis six ans très productifs (un mariage, deux enfants, une maison).
Il écrit, il audio, il visuel, il documente, il fictionne et puis il profite aussi.
Sa vie liégeoise, c’est un mille-feuille d’activités : guide de musée, assistant marionnettiste, animateur de discussions philosophiques qui nourrissent son goût de la rencontre et de l’écriture.


L'œuvre

Radio Parloir, c’est une expérience d’atelier de création radiophonique dans la prison de Lantin avec des détenus condamnés.
Chaque semaine, les participants ont travaillé à l’élaboration de fictions, à la création de personnages et d’intrigues. À la base du projet, les participants avaient insisté pour que ces fictions nous emmènent loin de la prison.
Il faut croire que les murs étaient trop hauts.


L'éloge

« "Prison de Lantin, j’arpente les couloirs de la prison avec mon micro à la main."

Par ces mots et, avec une simplicité désarmante, Karim Aït-Gacem nous invite au cœur de la prison.

La radio en prison, ça fait longtemps que ça existe. Familles et prisonniers qui échangent par les ondes. Ici, pendant 50 minutes, nous assistons à la création d’une histoire par un groupe de détenus : un atelier de fiction radiophonique.

La fiction pour s’évader ? C’était l’intention et le fantasme de l’auteur, Karim Aït-Gacem… Mais, pas celui des prisonniers. Que faire?

Dans un geste d’une rare assurance, Karim Aït-Gacem tend son micro et met en place un dispositif ingénieux pour leur permettre de déployer leur désir. Une fiction qu’ils ont choisi d’ancrer dans le lieu qu’ils habitent puisque, ce que les prisonniers veulent, c’est raconter une histoire de maton·ne·s. Mais, c’est quoi la réalité d’un·e maton·ne?

L’imaginaire dans Radio parloir, c’est l’espace du renversement; le lieu où on peut approcher l’autre par des questions, des propositions, des réflexions. Un espace habité. Sous la forme d’un jeu de miroir, Radio Parloir livre un dialogue riche, passionnant, profond entre fiction et réalité, et nous rappelle le sens premier du geste radiophonique: inviter auditeurs et auditrices à se projeter dans des réalités que nous ne vivons pas. »


Paola Stévenne, Rémi Pons et Guillaume Istace pour la Commission sonore de la Scam


Pour aller plus loin

. Découvrez l'ensemble des lauréats et lauréates des Prix Scam 2019.

 

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